Free Web Hosting Provider - Web Hosting - E-commerce - High Speed Internet - Free Web Page
Search the Web

 
ALLIANCE NATIONALE DES SOCIAUX-DEMOCRATES
ASOD

 



LA GEOSTRATEGIE GEMMOIDE DE LA PUISSANCE MONDIALE DOMINANTE
POUR COMPRENDRE LE POURQUOI:
*DE LA GUERRE D'AGRESSION CONTRE LA RDC
*DE LA DIABOLISATION ET TORTURE DES CONGOLAIS NON INFEODES AUX SEIGNEURS DE GUERRE
*DE LA SIGNATURE FORCEE DES ACCORDS CULPABILISANT LA RDC ET LES CONGOLAIS
*DE L'ABSENCE DE TOUTE RESOLUTION DU DIC POUR UN TPI SUR LA RDC(3,5 millions des morts)



Cette analyse (1993-2002) est faite sur le fondement méthodologique de l'IMPENSE DU DISCOURS, pratique courante de la sagesse de l'esprit atlanto-trilogique

1/-Le contexte mondial

11/-La Doctrine de Clinton

111/-/L'hégémonie de l'économie américaine

Lorsque Clinton est arrivé à la présidence en 1993, les États-Unis, unique superpuissance mondiale depuis l’écroulement de l’Union soviétique en 1991, avaient proclamé un Nouvel Ordre Mondial.Ils avaient gagné la guerre du Golfe, mais étaient incapables de payer la facture de cette dernière, leur dette extérieure étant la plus élevée de la planète.Les deux années de récession avaient mis fin au rêve américain d’une croissance continue du niveau de vie de ses citoyens
Élu en 1993 sous le slogan « C’est de l’économie, imbécile ! », Clinton a réorienté la politique extérieure des États-Unis en rompant avec les paramètres de la guerre froide. Son objectif était de créer un nouveau régime international qui assurerait l’hégémonie de l’économie américaine, fondée sur sa domination politique au sein du système international, avec pour objectif à long terme de l’asseoir sur des fondements économiques plus solides. Sa diplomatie économique, la pratique de la mondialisation, a permis une croissance sans précédent des exportations nord-américaines au milieu d’une expansion du commerce mondial elle aussi sans précédent (de 4 à 6,6 billions de dollars par an). L’Uruguay Round du GATT, la création de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), le Traité de libre commerce avec le Mexique et le Canada, l’APEC (Asia-Pacific Economic Cooperation), les règlements commerciaux avec la Chine et l’Afrique, le plan de sauvetage du Mexique en 1995 et les interventions du Fonds monétaire international (FMI) et de la banque mondiale (BM), orientées par Summers à partir de son poste de Secrétaire au Trésor, dans la crise asiatique de 1997 et russe de 1998, sont autant d’éléments d’une stratégie à long terme qui, en huit ans, a modifié profondément la situation de l’économie internationale en faveur des États-Unis et a hiérarchisé la concurrence inter-Nord, ouvrant au capital les coins les plus éloignés de la planète pour son exploitation

112/-Le « nouveau multilatéralisme »

Le « nouveau multilatéralisme » de Clinton s’est donné pour objectif le renforcement et la redéfinition dans l’après-guerre froide de l’hégémonie américaine dans l’OTAN et en Asie (à travers un réseau de pactes bilatéraux avec le Japon, l’Australie, la Corée et Taiwan et de pactes collectifs tels l’ASEAN) en limitant politiquement les effets de la concurrence inter-Nord accrue par la mondialisation et en donnant plus de flexibilité et d’efficacité à la vieille politique de ravalement de la Russie et de la Chine (par les négociations en vue de leur intégration dans l’OMC et dans l’économie mondiale).
Les crises de Bosnie et du Kosovo en Europe et celles du Détroit de Formose et de Corée du Nord en Asie ont été les moments déterminants de cette politique. Dans ces zones prioritaires pour les intérêts nord-américains Clinton laisse un équilibre des forces qui lui est favorable, bien en place, capable d’encourager une autonomie militaire limitée de l’Union européenne, ne mettant pas en danger la cohésion de l’OTAN mais obligeant les Européens à assumer la co-responsabilité de la gestion des crises périphériques. Dans la troisième zone prioritaire, le Moyen-Orient, face à un ample arc des crises qui va du Cachemire au Soudan, l’échec de Clinton s'est révélé patent jusqu’au dernier jour de son mandat. Il s’est avéré incapable d’obtenir un accord de paix israélo-palestinien, de créer une alternative au blocus de l’Irak ou de faire progresser le dialogue avec l’Iran. Dans une moindre mesure du fait de son importance secondaire pour les États-Unis, sa politique africaine, depuis la crise ruandaise jusqu’à la guerre d'agression contre le Congo, s’est avérée incapable de limiter l’instabilité structurelle de la région, pendant que les anciennes puissances coloniales procèdaient à la mise en coupe réglée de ses diamants, de ses minerais et de son pétrole

12/-La Doctrine de Bush

121/-Les cinq objectifs

En fait, ce que, humiliés par les attentats du 11 septembre 2001, les Etats-Unis poursuivent à travers cette guerre contre le terrorisme, cinq objectifs bien plus vastes :

1. Contrôler le pétrole et le gaz d¹Asie centrale.
2. Imposer leurs bases militaires au coeur de l¹Asie, entre la Chine et la Russie.
3. Préserver la domination US sur l¹Arabie Saoudite.
4. Contrôler le processus Kimberley,surtout l'espace gemmoîde du Bassin du Congo
5. Militariser l¹économie comme ³solution² à la crise qui couve. Briser la résistance du Tiers-Monde et la lutte antimondialisation.
A poursuivre tant d¹objectifs à la fois, une superpuissance peut sembler forte. En réalité, elle y montre aussi sa faiblesse. De plus en plus contestés, par le Tiers-Monde à l¹OMC, par les jeunes antimondialisation sur Internet et dans la rue, les Etats-Unis et leurs alliés réagissent par la guerre.

Leurs divers objectifs entrent en contradiction entre eux. Tandis que leur arrogance, leur mauvaise foi, leur agressivité ne font qu¹augmenter la révolte partout.

122/-L'Empire en crise

Le Tiers-Monde refuse de se mettre à genoux.Cuba défend son socialisme. L¹Irak résiste toujours, malgré dix ans d¹embargo et de bombardements. Le nouveau Congo tente de préserver son indépendance. Les Coréens, des deux côtés, aspirent à la réunification et à la paix. Et des mouvements révolutionnaires progressent à nouveau, inspirés par un projet de société alternatif : Colombie, Népal, Inde, Philippines, Mexique.
Le Nord de l¹Amérique latine inquiète particulièrement Washington qui craint de voir s¹y former un triangle progressiste : Colombie, Venezuela, Equateur. Ce triangle sortirait Cuba de son isolement et bouleverserait le rapport de forces dans tout le continent. Offrant un appui et de nouvelles perspectives aux luttes populaires du Brésil et d¹Argentine ,100 des 142 pays membres de l¹OMC ont affirmé que les accords déjà réalisés (commerce, propriété intellectuelle, services, etc) sont déséquilibrés et favorables aux pays riches.
Ce n'est qu'un poison que de :«Permettre aux investisseurs et en particulier aux sociétés transnationales de se comporter partout comme bon leur semble, mettre les entreprises nationales en concurrence avec les firmes transationales, imposer aux pays du Sud des contraintes en matière d¹environnement alors que les gros pollueurs sont au Nord.Le colonialisme historique a trouvé de nouveaux instruments pour se perpétuer.»

13/-La Nouvelle Phase du Néo-colonialisme en Afrique

131/-La Kengo-Mafia

L'invasion et la destabilisation de la République Démocratique du Congo démontrent le nouveau role que le gouvernement américain a assigné aux régimes extrêmistes Tutsi du Rwanda et de l'Ouganda, celui de servir de police transcontinentale en Afrique. Avec la fin du communisme, l'imperialisme occidental entre dans une nouvelle phase de néo-colonialisme en Afrique, celle de l'exploitation massive des ressources africaines en vue de répondre aux besoins créés par l'ouverture de nouveaux marchés. La mise en place d'une police transcontinentale répond donc aux exigences de garantir l'accès aux ressources minières.

Déjà,en plein génocide rwandais de ce sinistré juin 1994, la Kengo-Mafia s'est emparé de l’Appareil d’Etat Congolais. Le maître de ce lugubre clan de Méphistophélès se lança et conforta avec une rare efficacité les prémices qui servent encore aujoud'hui de postulat,de prétexte, de fondement juridique à la guerre d’agression contre la R.D.C. depuis septembre 1996. Ainsi dès l’annonce de la délicate maladie de Mobutu les caïds de cette mafia traversèrent le fleuve à Brazzaville avec des colis de diamant d’une valeur d’un milliards $, déposés dans les coffre-forts de jouaillerie d’Anvers.

132/- Pourquoi les Américains ont-ils choisi les Tutsi?

Le choix des extrêmistes Tutsi par les Américains n'est pas un jeu de hasard. Cette option a été minitieusement étudiée. Les éléments ci-après font des Tutsi le choix idéal:
1. La solidarité tutsi. Après avoir analysé comparativement les comportements des hommes politiques dans la région des Grands Lacs, les Américains ont été séduits par la solidarité et la consistance politiques Tutsi.
2. Les régimes Tutsi sont des dictatures ethniques minoritaires opposées par la majorité Hutu. De ce fait, ils vivent dans une insécurité constante. Leur survie, à l'instar d'Israël, demande qu'ils s'allient à une force extérieure pour se protéger. Cette insécurite les prédispose donc à solliciter la protection d'un plus grand patron. Les Etats-Unis ont compris ce besoin et ont décidé de l'exploiter.
3. Le Rwanda et l'Ouganda sont des pays pauvres. Par conséquent, ils servent les intérêts américains moyennant une rémunération. Celle-ci peut se faire sous forme de dons, de l'aide au dévelopement, de l'assistance humanitaire, de prêts et d'autres faveurs au niveau des institutions internationales.
4. Le sentiment de culpabilité face au génocide de 1994. Les régimes extrêmistes tutsi reprochent aux Occidentaux leur apathie face à cet événement.
Alors que responsables eux-mêmes du contre-génocide de plus de 400.000 refugiés Hutu.
5.Similarités socio-historiques. Les Etats-Unis ont été aussi attirés par les régimes extrêmistes Tutsi à cause de similarités que ceux-ci ont avec le racisme américain.
6. La culture guerrière et sanguinaire tutsi. Cet élément constitue le principe de base même de la réussite de cette force transcontinentale. Cette culture génocidaire et de la violence permet aux Tutsi de tuer avec bestialité et sans remords. Et on se souvient comment ils étaient prêts à exterminer froidement les sept millions d'habitants de Kinshasa quand ils ont arrêté l'approvisionnement d'eau, électricité et produits alimentaires pour cette ville.

14/-Les Multinationales du génocide

141/-MPRI, une US Army-bis

Le 4 août 1995, les forces croates lancent l'offensive sur la Krajina. En trois jours, la reconquête est terminée, la république que les Serbes y ont installée balayée. Le succès de l'opération « Tempête » est dû au lâchage des Serbes de Krajina par Belgrade. Mais aussi aux capacités nouvelles de l'armée croate, associée à une société privée américaine.

C'est l'année précédente que MPRI (Military Professionnal Ressources Inc.) avait été sollicitée par le gouvernement croate pour doper son armée et lui permettre notamment de postuler au Partenariat pour la paix de l'Otan. Officiellement, les conseillers américains n'ont fait que de l'instruction. Pourtant, nombre d'experts identifieront la « patte » de l'US Army dans la planification des opérations croates.

Us Army car la totalité des membres de MPRI sont des anciens prestigieux de l'armée américaine. La société compte en son sein des constellations entières d'étoilés, certains généraux ayant même commandé au plus haut niveau. Proche de Washington géographiquement, MPRI l'est aussi organiquement et politiquement. Elle est en fait le bras armé du Pentagone pour toutes sortes d'opérations que les forces armées ne peuvent accomplir directement.

On retrouve encore les spécialistes de MPRI en Bosnie, où ils sont chargés d'équiper et entraîner la jeune armée de la fédération. « Tout ceci se faisait en parfaite coordination avec Washington, raconte un diplomate français, on croisait à l'ambassade américaine les cadres de MPRI venus prendre leurs directives. » On les croise aussi en Angola. « MPRI y a gagné un contrat en 1995, grâce aux pressions de l'administration Clinton pour que Luanda renonce à recourir aux services d'Executive Outcomes, entreprise militaire privée sud-africaine », précise Olivier Hubac. La société a aussi été mandatée par le Département d'Etat pour aider à la mise sur pied d'une force africaine de maintien de la paix dans le cadre de l'Acri (African Crisis Response Initiative).

Pour le gouvernement fédéral américain, MPRI présente un avantage inestimable.Celui de pouvoir mener des opérations en se passant de l'aval du Congrès. Source: Le Figaro (02/04/2002)

142/-La multinationale des mercenaires

Defense Systems Limited (DSL) est présentée comme une entreprise un peu spéciale, une "compagnie militaire privée". Il serait beaucoup plus honnête de dire qu'il s'agit en fait d'une horde de mercenaires! Elle a été fondée par un ancien officier supérieur des SAS (Special Air Services, les commandos d'élite de l'armée britannique), Alistair Morrison, qui y avait enrôlé bon nombre de ses anciens compagnons d'armes.

En 1997, DSL a été rachetée par la société Armor Holdings, inc. Cette multinationale américaine ne s'occupe que d'un seul domaine: la sécurité. Toute la gamme y passe, des "produits" anti-émeute, gaz lacrymogènes, matraques ou véhicules blindés, en passant par des outils de défense: gilets pare-balles, systèmes d'alarme ou limousines blindées, jusqu'à l'enrôlement d'escadrons de mercenaires pour des opérations de renseignement ou de protection (notamment au service des compagnies pétrolières dans des endroits "à risques": Angola, Colombie...)... bref, que vous ayez un souci concernant votre sécurité, ou que vous ayez envie de vous offrir une milice privée, Armor Holdings, inc. possède la solution. Il suffit de payer et... d'avoir le profil libéral. Cette société "de services" vous offre même un contact près de chez vous. En France, par exemple, Armor Holdings possède la société Labbé, spécialiste de la construction des fourgons blindés pour le transport de fonds, comme ceux qu'utilise la compagnie "Brink's"...

Malgré son absorption par Armor Holdings, DSL a gardé son "quartier général" à Londres. La capitale britannique est une adresse bien pratique quand on souhaite embaucher des effectifs provenant majoritairement des SAS... "qualité oblige". Il en va de soi que DSL est la "compagnie militaire privée" préférée du gouvernement de Sa Gracieuse Majesté. Dans le rapport officiel du Ministre des Affaires Etrangères Jack Straw traitant de la réglementation des "compagnies militaires privées" , on retrouve bien évidemment DSL. Elle est citée comme étant une société de confiance. Selon les dires du Foreign Office, DSL fait partie des compagnies qui "ont une expérience dans des opérations humanitaires ou le travail de l'ONU" et, si ca ne suffisait pas pour se forger une opinion, le rapport spécifie clairement que... "DSL a pourvu des services de sécurité pour une large palette d'organisations internationales".

En mai 2000, l'hebdomadaire The Observer, dévoila qu'un contrat de plus d'un million de livres avait été signé entre le gouvernement britannique et DSL. C'est ainsi que la société préférée du Royaume emporta le marché concernant le déminage au Kosovo. La députée travailliste Ann Clwyd a émis de sérieux doutes: "Pourquoi devons-nous donner l'argent du contribuable à une compagnie avec un curriculum comme DSL?" Sa question resta sans réponse.

C'est que le dossier de DSL est lourd. Une synthèse de 1998 du rapporteur spécial de l'ONU Enrique Ballesteros parle de "supposées activités mercenaires en République démocratique du Congo". Toujours en 1998, la compagnie fut expulsée d'Angola accusée d'"activités illégales". Mais c'est pour ses agissements en Colombie que les accusations sont les plus retentissantes . A travers sa filiale de Bogota, Defence Systems Colombia, DSL veille sur la sécurité des puits et des oléoducs pour le compte de la British Petroleum. Elle ne se limite pas seulement à assurer la protection des biens et personnes, mais accomplit une véritable action de milice privée et de renseignement. Un exemple? C'est DSL qui a fourni de "précieuses" informations concernant des dirigeants communistes et des militants écologistes. A cette occasion son "client" n'était autre que la "14e Brigade" colombienne. Une unité de l'armée tristement célèbre en raison des innombrables atrocités commises par ses membres.

Source: Amnistia (27/03/2002)

143/-Les mercenaires au Pentagone

Ce Montage de l'institutionnalisation du nouveau mercenariat est dévastateur. En mars 1997, la question des rapports entre les multinationales de la sécurité et le pouvoir fait l'objet d'une communication au centre d'études stratégiques de l'US Army War College, par le polémologue Steven Metz. Metz lança ces questions " Les États-Unis devraient-ils envisager de signer des traités, peut-être même des pactes de non-agression avec de puissantes sociétés ? Et Si des sociétés apparaissent constituer un défi réel au pouvoir de l'État, le gouvernement des États-Unis doit-il poursuivre une stratégie ayant pour objet spécifique la prévention de l'accumulation de pouvoir non économique par ces sociétés? Et quelle devrait être la politique américaine envers des sociétés transnationales de sécurité (alias mercenaires) aussi couronnées de succès qu ' Executive Outcomes qui est composée d'anciens soldats sud-africains ? En clair, Si le pouvoir continue à s'accumuler entre les mains des sociétés transnationales, les États-Unis vont devoir repenser les dogmes de base de leur approche en termes de sécurité et de politique mondiales ( Steven METZ, Strategic Horizons: the Military Implications of Alternative Futures, op at.) "

A défaut de pacte, c'est la consécration pour les nouveaux mercenaires avec l'organisation le 24 juin 1997, à Washington par la Defense Intelligence Agency (DIA), l'agence de renseignements du Pentagone, d'un symposium à huis clos sur la privatisation de la sécurité en Afrique sub-saharienne ". Parmi les invités figurent plusieurs vedettes du nouveau mercenariat, dont Eeben Barlow, son complice britannique Tim Spicer, le patron de Sandline et le lieutenant-général en retraite Ed Soyster pour la firme américaine MPRI. A leurs côtés, l'homme qui fut à l'origine du contrat de MPRI avec l'Angola, l'ancien secrétaire d'État adjoint de George Bush aux affaires africaines, Herman Cohen, directeur de la firme de lobbying Cohen & Woods. Naturellement, est aussi présent le gratin des Special Forces américaines avec Matthew van Konynburg, responsable du renseignement chez les marines, une vieille connaissance de Barlow, ainsi que Mohamed Said, un caïd de la DIA qui a eu recours au fondateur de EO pour enquêter sur la " menace de l'intégrisme musulman "en Afrique du Sud. Clients potentiels ou observateurs, des représentants des sociét0.és pétrolières Texaco et Exxon se pressent aussi à Washington aux côtés des attachés militaires de pays qui recourent à l'expertise militaire privée étrangère comme l'Angola ou l'Ouganda mais aussi de Guinée et de Zambie. A leurs côtés se trouvaient aussi des représentants d'organisations humanitaires (World Vision, l'UNICEF et le Haut Commissariat aux réfugiés) qui ont déjà franchi le Rubicon en recourant aux services de la sécurité privée pour assurer le bon succès de leurs opérations d'urgence.

Dans une synthèse adressée aux participants, l'organisateur du symposium, William Thom, responsable de la DIA pour l'Afrique, justifie de la sorte l'émergence du nouveau mercenariat : " Pouvons-nous tirer des leçons du passé ? " demande-t-il. " Historiquement, l'Afrique, avant et pendant l'ère coloniale, puis après les indépendances, a eu une longue tradition de recours à des troupes étrangères chargées d'assurer, contre finances, la sécurité nationale pour le compte d'une petite élite au pouvoir ", poursuit Thom pour qui la demande va se développer en Afrique. A son avis, rien ne sert d'enrayer cette évolution, d'autant moins qu'il n'existe aucun " consensus international fort " sur l'attitude à adopter envers les compagnies de sécurité privées. Au demeurant, Washington par ses votes négatifs à l'ONU n'a rien fait pour bâtir un tel consensus susceptible de nuire aux intérêts des multinationales américaines de la sécurité.

Quoi qu'il en soit, selon Thom, il faut seulement que les forces privées soient " efficaces et loyales ". Envers les États-Unis bien sûr. Le problème ne serait pas le mercenariat comme tel mais la nécessité d'écarter du marché " les compagnies non enregistrées " ou les " Etats voyous " qui vendent leurs services à des États en proie à des convulsions. Cela n'est pas écrit, mais on imagine aisément que ce sont, naturellement, le Pentagone et le département d'État qui auront à décider quels sont les États fréquentables et les autres. Tout indique qu'en fait, les hommes de la DIA veulent réglementer le marché au bénéfice de sociétés où travaillent leurs anciens collègues, comme MPRI, et qui les emploieront dès lors qu'ils prendront leur retraite. Le MPRI se voie attribuer un contrat d'assistance pour l'African Crisis Response Force, que mettent sur pied les États-Unis. Enfin, la synthèse de Thom évoque le conflit entre les objectifs politiques des gouvernements désireux de contrôler les " Etats voyous " et le besoin pour les firmes privées de réaliser des profits de façon " légitime ".

L'approche américaine est largement partagée au Royaume-Uni. Ainsi, un récent rapport " top secret " intitulé " UK Eyes Alpha" du service de contre-espionnage britannique, le M16 précise que les opérations de l'ONU sont " encombrantes et lentes " et que l'Organisation de l'unité africaine jusqu ici s’est montrée " inefficace en général sauf comme lieu de bavardage ". Le M16 est contre les opérations de l'ONU de Soldiers of Fortune, qui lors de sa convention de 1994 et indique que les services d'Executive Outcomes, s'étendent au-délà du domaine de ]a sécurité vers l'import-export et l'administration.Ces derniers continueront à être de plus en plus recherchés. Loin de s'en offusquer, le Foreign Office lui-même a dressé une liste des compagnies de sécurité susceptibles de mener à bien des tâches " trop sensibles politiquement " pour le ministère de la Défense.

144/-L’instrumentalisation du mercenariat

Ainsi, l'agression de la RDC et la surprenante victoire de Laurent-Désiré Kabila ont vu l’entrée en scène d'une nouvelle organisation, américaine cette fois : la société Military Professionnal Ressources Inc. Basée en Virginie, elle entretient des liens étroits avec le Pentagone et opère avec l'accord du Département d'Etat. Elle a été créée en 1987 par le major-général Vernon Lewis, assisté par 5 officiers généraux et entouré de 170 cadres militaires permanents. Ses moyens sont considérables et ses effectifs capables de monter en puissance à la demande. Avant d'opérer au Congo, MPRI avait obtenu un contrat gouvernemental de 800 millions de dollars pour armer et entraîner l'armée de la fédération croato-musulmane. En quelques mois les instructeurs de la MPRI ont réussi à transformer les « milices de chiffonniers » croates en une formidable force combattante. Au Congo, le Blietzkrieg minier organisé par des officiers de MPRI a balayé en quelques semaines le pouvoir délabré de Mobutu. Sans l'appui technique des mercenaires américains présents aux abords des lignes de feu, l'artillerie, le support logistique d'avions géants Galaxie, Kabila n'aurait pu lancer son action victorieuse sur Kisangani et Kinshasa. La reconquête du nouveau Congo a permis aux grandes compagnies minières de prendre le contrôle des prodigieuses richesses du sous-sol congolais: diamants, cuivre, cobalt, manganèse, uranium.

Des contrats d'exploitation exclusive ont été signés avant même la chute de Kinshasa entre Kabila et les consortiums miniers. Le donneur d'ordres aux unités de mercenaires était le géant américain Barrick Gold Corporation, dont l'étonnant triumvirat est constitué de l'ancien président américain George Bush, de l'ex-directeur de la CIA William Gate et de l'ancien premier ministre canadien Brian Mulroney, reconvertis dans les affaires. Les sociétés de mercenaires privatisent ainsi la diplomatie et la guerre pour reprendre le contrôle des ressources et des matières premières. En cela, elles s’inscrivent donc parfois dans une lutte géopolitique pour le contrôle des points névralgiques de la planète au profit de puissances plus importantes qui les instrumentalisent.

La diversification des champs d’action : les mercenaires du savoir

Mais le champs d’action des mercenaires ne couvre plus seulement les guerres conventionnelles et les théâtres effectifs des opérations meurtrières.

La demande de mercenaires est aussi technologique, et non plus seulement logistique. Depuis l'effondrement de l'empire soviétique, les Etats du monde entier s'arrachent ses experts de l'armement et du nucléaire au chômage. La prolifération de marchés parallèles de l'emploi pour savants et techniciens russes au chômage pourrait constituer une menace sérieuse sur le contrôle des armements : 2000 savants capables de maîtriser la chaîne nécessaire pour fabriquer une bombe atomique sont susceptibles d'y évoluer. Téhéran aurait déjà engagé une cinquantaine d'experts payés 5000 dollars par mois pour assembler des têtes nucléaires achetées au Kazakhstan. Des recruteurs libyens auraient tenté de débaucher des spécialistes de l'Institut Kourtchatov de Moscou. Des mercenaires en blouse blanche venus d'Ukraine participeraient au développement d'une centrale nucléaire en Algérie. La Corée du sud exploite systématiquement les documents techniques russes dans les domaines des composants spatiaux.

Les mercenaires se sont donc adaptés au monde de l’après-guerre froide, même s’ils conservent des caractéristiques classiques. L’offre a été rationalisée pour faire face à une demande exigeante. Dans un monde où la menace est diffuse, aléatoire mais omniprésente, le mercenariat est une composante essentielle de la nouvelle géopolitique. Les mercenaires sont présents dans quasiment tous les points chauds de la planète. C’est la logique du marché, de l’offre et de la demande qui règle cette marchandise particulière que sont le soldat et le savant militaire, et c’est pour cela qu’ils peuvent opérer partout sur le globe : instruments de règlements de comptes régionaux (Guatemala, Honduras, Birmanie), partisans de guerres civiles dont ils profitent et qu’ils nourrissent, les mercenaires semblent aussi parfois constituer un moyen pour les grandes puissances de mener une guerre par procuration, inavouée mais si utile aux intérêts nationaux. Mais on approche alors des secrets d’Etat, et les certitudes laissent ici place aux présomptions : que penser tout de même de la victoire de Kabila au Congo grâce à une société américaine ? Si cette instrumentalisation du mercenariat n’est pas la règle, elle est un aspect important de la nouvelle géopolitique : sa discrétion rend toutefois son évaluation tant quantitative que qualitative difficile.

Source: Bibelec (janvier 1998)

2/-Le Vide régalien,la RDC sans Etat

21/-La guerre d'agression

211/-Les Seigneurs de guerre

La guerre qui se poursuit aujourd'hui encore, fût-ce avec moins d'intensité, a en fait débuté en septembre-octobre 1996. La seconde guerre du Congo, qui a éclaté le 2 août 1998, est en réalité le prolongement de la première. Une combinaison deS deux explique la victoire spectaculaire de Kabila et de son alliance, qui sont entrés à Kinshasa le 17 mai 1997 et ont forcé Mobutu à fuir.

Ce l'était déjà en 1996 et le reste aujourd'hui. La RDC est un pays sans État. Les frontières sont en réalité très poreuses. La nature a horreur du vide. Ce principe est également valable en géopolitique. Lorsqu'un État laisse un vide et ne remplit plus ses fonctions, ce vide est comblé par des seigneurs de la guerre, des milices ou des intervenants étrangers qui profitent du vide existant pour déployer des activités extraterritoriales aussi bien militaires qu'économiques.

Après le génocide du Rwanda en 1994, 1,2 million de Rwandais ont fui vers le Congo, presque exclusivement des Hutu, parfois armés. Ces éléments armés s'étaient établis dans le nord du Kivu, dans les environs de Goma et dans le Kivu méridional autour de Bukavu. Lorsque Kabila, une créature des pays voisins et surtout du Rwanda, lance sa soi-disant rébellion, il est l'ennemi de Mobutu et, puisque celui-ci est l'ami des ennemis du régime rwandais, à savoir les milices Hutu, le choix de l'alliance est vite fait. L'Angola est un second exemple, mais on pourrait tout aussi bien évoquer le Soudan, l'Ouganda ou le Burundi. Depuis 25 ans, l'Angola connaît une guerre civile sanglante. Le régime de Luanda est confronté au mouvement rebelle le plus important dans la région, l'Unita, soutenue très activement par Mobutu ou du moins par des généraux mercantiles de son entourage. Le même raisonnement s'applique ici aussi : puisque Kabila est l'ennemi de Mobutu et Mobutu l'ennemi de l'Angola, l'Angola soutient Kabila. Lorsqu'après la chute de Bunia, le 25 décembre 1996, la rébellion, composée essentiellement de troupes rwandaises et ougandaises, contrôle une zone tampon assez limitée à l'est du Congo, les problèmes de sécurité de l'Ouganda, du Rwanda et du Burundi sont résolus. Les leaders et les militaires angolais insistèrent alors pour que l'AFDL avance plus loin vers l'ouest, car les problèmes de sécurité de l'Angola ne sont pas résolus par l'établissement de cette zone tampon dans le Congo oriental.

212/-Le syndrôme luxembourgeois

En mai 1997, Kabila s'empare du pouvoir d'Etat et est confronté à un grand problème de légitimité interne. Il doit prendre de façon visible ses distances avec ses parrains rwandais et, dans une moindre mesure, ougandais. Le grand Congo considère comme insupportable l'idée d'être contrôlé par le petit Rwanda. C'est le syndrome luxembourgeois. Un fort sentiment anti-luxembourgeois naîtrait en effet en Allemagne si le pays était occupé par le Luxembourg ou si, pour pouvoir participer à la direction de l'Allemagne, le Luxembourg soutenait un mouvement rebelle cherchant à y prendre le pouvoir. À l'origine, au Congo, il ne s'agissait pas d'un sentiment raciste.

Lorsque Kabila a pris ses distances par rapport à ses parrains orientaux, une nouvelle guerre a éclaté. Les mêmes causes produisèrent les mêmes effets. Le Rwanda, l'Ouganda et le Burundi ont à nouveau attaqué à partir du territoire congolais et, le 2 août 1998.Ainsi,a repris un conflit qui initialement ressemblait à une réédition des guerres précédentes. À cette époque, les alliances ont commencé à glisser. Cette nouvelle guerre, qui n'était que le prolongement de la précédente, ne fut en fait pas une réédition. Les alliances ont changé.Lorsque les Rwandais et les troupes Banyamulenge ont atterri à Kitona et ont rapidement contrôlé le Bas-Congo, l'armée angolaise s'est retournée contre eux, c'est-à-dire contre leurs anciens alliés, car en 1996-1997, les Rwandais faisaient partie de l'alliance anti-Mobutu. Les services de renseignement angolais étaient convaincus qu'il existait de bons contacts entre l'Unita et le mouvement rebelle qui se formait dans l'Est. Il est apparu plus tard qu'ils avaient raison. L'Angola savait aussi que les généraux de Mobutu s'étaient rendus à Kigali et craignait que cela fasse le jeu de l'Unita. On connaît la suite. La guerre a pris une tournure différente. L'avance des différents mouvements rebelles, soutenus par l'Ouganda, le Rwanda et, dans une moindre mesure, par le Burundi ont été stoppés sur une ligne partageant le pays tout entier. L'Angola et le Zimbabwe ont envoyé beaucoup d'hommes au Congo,notamment, 11.000 militaires zimbabwéens, soit un tiers de cette armée.Ils ne raisonnaient pas en termes de droit international, de droits de l'homme ou de souveraineté, mais en termes d'intérêt propre.

22/-Les activités économiques extraterritoriales

221/-La privatisation et la criminalisation des espaces publics

Quant aux aux activités économiques extraterritoriales,on constate deux phénomènes étroitement liés entre eux, : la privatisation et la criminalisation des espaces publics.

Il y a d'abord la privatisation du maintien du droit et de l'ordre. En fait, il n'existe aucun droit et aucun ordre. Il y a le maintien de la sécurité et le contrôle des populations, par des massacres. La fonction est normalement assurée par l'État qui détient le monopole de la violence légitime.Les armées étrangères maintiennent au Congo un certain ordre qui permet l'exploitation économique du territoire. Deuxièmement, la privatisation de la fonction fiscale. Toutes sortes d'impôts et de taxes sont prélevées. On dresse des barricades sur la route et on réclame une certaine somme à ceux qui veulent se rendre de A à B. C'est de la raquette. Par exemple, pour transporter des légumes du champ au marché, il faut payer 10% de leur valeur.

La privatisation a été partiellement réalisée au moyen de security firms, en fait des mercenaires,brutaux, bestiaux et bien plus humanoïdes encore que les armées de mercenaires qui s'y trouvaient précédemment,comme Executive Outcomes ou Sandline. Cela va si loin qu'en juillet 1997, la Defense Intelligence Agency américaine a organisé un séminaire consacré à la privatization of peacekeeping in sub-Saharan Africa et auquel ont assisté Tim Spicer, le patron de Sandline, des collaborateurs de MPRI, des représentants et des diplomates de l'Angola et de l'Ouganda et même des organisations non gouvernementales telles que Worldvision et la Croix-Rouge internationale. Il y a la criminalisation des États et des économies. Aussi bien sur le territoire congolais que dans les zones transfrontalières, trop d'entrepreneurs de l'insécurité y sont actifs.Lls y fonctionnent grâce à l'absence d'un État. En fait, ils n'ont pas besoin de grand-chose. Ils se taillent une enclave, de préférence en dehors du contrôle de l'État et sans obligations envers lui. En outre, les routes de transport, notamment aériennes, sont protégées. Il n'en faut pas plus parce que l'exploitation de certaines ressources est encore artisanale et requiert peu de technologies. C'est le cas pour le coltan et le diamant.

222/-Les économies cash

Toujours dans cette martyre région des Grands Lacs,certaines activités criminelles telles que le déversement de déchets toxiques y sont signalées. La criminalisation de son État et de son Appareil économique a ruiné la RDC.Elle est favorisée par une particularité propre aux économies africaines, qui sont essentiellement des économies cash. La RDC a vu son système bancaire s'effondrer.Le seul mode de paiement reste l'argent comptant. Les transactions ne laissent aucune trace.Les diamants ou le coltan sont payés au moyen d'une mallette remplie de dollars.c'est particulièrement facile de blanchir l'argent du commerce des armes, de la drogue, etc., et ce phénomène a des répercussions internationales.

Une question importante est aussi la manière dont la Belgique et l'Union européenne gèrent cette situation. Quel est l'impact du renforcement ou de la diminution de la coopération au développement sur le comportement de certains acteurs ? Ne donne-t-on pas de mauvais signaux ? Notamment le traitement très privilégié accordé au Rwanda. Ce pays bénéficie encore d'un « crédit post-génocidaire » qui ne se justifie plus.

3/-Le diamant de sang et la criminalisation de la RDC

31/-L’exploitation minière et les mercenaires

311/-Executive Outcomes (EO)

Au cours des années 1990, l’exemple le plus remarquable de société militaire privée est celui du Executive Outcomes (EO) basé en Afrique du Sud. EO collabore avec les Forças Armadas Angolanas (FAA) en Angola, et, par la suite, avec le gouvernement de la Sierra Leone dans la guerre rébelle. EO a bientôt la réputation d’être une nouvelle forme de commerce dans les régions africaines instables. Une synergie générale existe entre EO et Sandline International, et certains dirigeants de Sandline conservent des actions dans DiamondWorks, une entreprise cotée à la bourse des valeurs mobilières de Vancouver. Le contrat de EO avec le gouvernement angolais prend fin en décembre 1995, mais certains de ses employés demeurent sur place pour assurer la sécurité des opérations minières de DiamondWorks, qui débutent en 1997 par l’entremise d’une filiale, Branch Energy. Sandline est également active au Sierra Leone et en Papouasie- Nouvelle-Guinée où l’enjeu est une rébellion à Bougainville et l’une des mines de cuivre les plus riches au monde.

312/-America Mineral Fields (AMF) et International Defense and Security (IDAS)

Les liens entre les sociétés America Mineral Fields (AMF) et International Defense and Security (IDAS) laissent croire à une symbiose possible des activités de sécurité et d’exploitation minière dans le nord de l’Angola au début de 1996. IDAS s’est vu attribuer une importante concession diamantifère de 36 000 km2 dans le nord de l’Angola, le long de la frontière avec le Zaïre, où l’UNITA est active. Avant de pouvoir extraire des diamants, la société devait d’abord chasser les mineurs non autorisés et l’UNITA de la concession. L’élite des FAA profite de la situation ambiguë, « pas de guerre, pas de paix », qui prévaut après un cessez-lefeu, en 1994, pour commercialiser les diamants extraits par des artisans, pour accaparer le marché privé de la sécurité et pour conclure des contrats officiels avec des sociétés minières étrangères qui ne peuvent fonctionner en l’absence d’hommes forts. Les officiers des FAA reproduisent et remplacent effectivement la symbiose entre les mercenaires et les sociétés minières.

313/-Defense Systems Limited (DSL)

En des circonstances douteuses, le permis de Defense Systems Limited (DSL), auparavant la plus grosse entreprise offrant des services privés de sécurité en Angola, est annulé en décembre 1997. Le deux plus grandes agences de sécurité qui viennent combler le vide laissé par le départ de DSL, sont Alfa-5 et Teleservices, toutes les deux dirigées par l’élite militaire angolaise. Plusieurs sociétés minières sont également créées par des officiers à la retraite, qui ont acquis des propriétés diamantifères en Angola, dans les Lundas, riche en diamants, et qui sont maintenant à la recherche de partenaires étrangers pour financer l’exploitation des concessions et partager les profits de l’extraction minière. Le meilleur exemple du passage du commerce militarisé au commercialisme militaire est peut-être l’échec de DiamondWorks, de Branch Energy et d’America Mineral Fields en Angola. DiamondWorks et Branch Energy ne parviennent pas non plus à tirer de profits importants de leurs aventures au Sierra Leone, et Sandline fait l’objet de scandales politiques en Grande- Bretagne et en Papouasie-Nouvelle-Guinée.
La commercialisation du déploiement militaire en RDC

32/-La commercialisation du déploiement militaire en RDC

321/-Les gouvernements corrompus et non démocratiques

Dans les années 1990,la volonté nord-barbere de recycler ses gouvernements corrompus et non démocratiques, de même que les exigences concomitantes de la libéralisation économique et politique,accélère l’implosion des États-esclave, favorisant la montée de seigneurs de guerre rivaux et, en certains cas, l’effondrement des pays. Les États plus forts sont soumis à des pressions semblables, ce qui se traduit par un renforcement des systèmes de favoritisme quasi féodaux et une réduction de la sécurité interne, une situation encore aggravée par l’afflux de réfugiés et d’armes légères en provenance des pays voisins en difficulté. C’est ainsi que le Rwanda et l’Ouganda sont devenus de remarquables exportateurs des minéraux trouvés dans la région orientale de la RDC, des minéraux qui n’existent pas dans ces pays: les diamants, l’or et le colombo-tantalum (coltan).

Le Rwanda, l’Ouganda et le Burundi ont justifié leur agression dans l’est de la RDC en la qualifiant d’action militaire d’autodéfense contre des rebelles qui cherchent à déstabiliser leurs pays*. Afin de combattre ces belligérants et valider les opérations militaires en RDC, le Rwanda et l’Ouganda soutiennent leurs propres factions rebelles congolaises. Kigali et Kampala affirment que ces groupes sont des mouvements légitimes et financièrement indépendants qui représentent la volonté du peuple congolais de s’opposer au régime de Kinshasa. Mais ces mouvements rebelles n’ont pas de motivation idéologique. Ils poursuivent des fins financières et sont dirigés par des hommes forts antérieurement associés à Laurent Kabila ou par des hommes d’affaires entreprenants tels que Jean-Pierre Bemba dont le père était un homme d’affaires important sous le régime Mobutu et un ministre à l’époque de Laurent Kabila. Ils fournissent une couverture quasi légale aux armées ougandaise et rwandaise dont le déploiement en RDC est en fait fondé en grande partie sur des critères commerciaux. En 1999 et 2000, la distinction entre l’argent et la sécurité devient particulièrement évidente après les combats entre les armées ougandaise et rwandaise pour prendre le contrôle de Kisangani et de l’important commerce de diamants à l’intérieur de la ville.

322/-Le Terrorisme d'Etat

La mauvaise gouvernance, la guerre et la souffrance humaine sont des fléaux qui ont ravagé l’Afrique centrale au XXe siècle et qui sévissent encore au XXIe siècle. Le premier défi, en ce qui concerne les diamants, est qu'il ne soit plus du diamant de sang comme fut le sang sur les lianes du caoutchouc de Léopold II.Les diamants franchissent impunément les frontières, attirant dans leur sillage les fraudeurs du fisc, les blanchisseurs d’argent, les trafiquants d’armes et les briseurs de sanctions. La solution définitive au génocide des populations des pays riches en diamants n’est pas d’encourager (ou de permettre) la contrebande vers les autres pays, mais de refuser aux «Terrorisme d'Etat» l’accès à l’ensemble du marché mondial des diamants. C’est ce que le Conseil de sécurité a fait de manière symbolique en 2001 lorsqu’il a interdit l’accès des soi-disant diamants libériens au marché international. Mais en attendant que soit mis en place un système mondial de réglementation des diamants, les seigneurs de la guerre et les voleurs peuvent encore faire passer leurs diamants en Europe, en Amérique du Nord, en Asie et au Moyen-Orient par l’entremise de filières illicites et d’autres pays.

Le commerce des diamants de guerre et des diamants illicites est lié à la gestion des importations de diamants dans les pays riches ainsi que de la gestion et de la réglementation de l’industrie du diamant elle-même. Le volumineux trafic illicite, longtemps toléré par l’industrie légitime du diamant et les gouvernements du Nord partout dans le monde, fournit une couverture au commerce des diamants de guerre.

33/-Le Processus de Kimberley,Processus de pillage légal des Etat gemmoïdes

331/-Le système mondial de certification des diamants

Le Processus de Kimberley L’une des façons de contrôler à la fois l’offre et avec le côté de la demande consiste à mettre en place un système mondial de certification des diamants en bonne et due forme. Voulu par les USA,le Processus de Kimberley propose la création d’un tel système. Celui-ci vise à assurer, en premier lieu, que tous les diamants bruts qui circulent entre les pays soient accompagnés d’un certificat d’origine émis par un gouvernement. • Le système repose en partie sur l’existence de statistiques. Depuis des années déjà, l’industrie du diamant souffre de l’absence de statistiques ou encore de la présence de statistiques inexactes ou fausses. La confusion que les gouvernements et l’industrie ont créée, de manière délibérée, a rendu non seulement possible mais extrêmement facile la dissimulation d’énormes transactions impliquant des diamants illicites et des diamants de guerre. En vertu du Processus de Kimberley, lorsqu’un pays voisin de la RDC exporte plus de diamants bruts qu’il est réputé en produire, des mesures peuvent et doivent être prises. Il en est de même pour tous les pays qui font le commerce des diamants. • Le second enjeu concerne les contrôles dans les pays importateurs. En vertu du Processus de Kimberley, les pays qui possèdent des industries œuvrant dans les domaines du commerce, de la taille et du polissage des diamants, tels que la Belgique, l’Inde et Israël, devront se soumettre à des vérifications visant à établir que la production des diamantaires correspond aux diamants bruts reçus.

332/-La contrebande

La contrebande — peut être neutralisée par une surveillance attentive des exportations en provenance des pays voisins, par une bonne analyse des statistiques commerciales internationales et en emprisonnant les personnes prise en flagrant délit de possession de diamants introduits en fraude. La contrebande est contraire à la loi dans tous les pays, y compris en Belgique, en Israël, aux États-Unis, en Grande-Bretagne et dans les autres principaux pays importateurs de diamants. Et le vol aussi. Et pourtant les diamants introduits en fraude, les diamants volés et les diamants de guerre continuent de traverser les frontières impunément, comme si les diamants étaient différents des autres biens qui sont régulièrement interceptés et saisis. Il est difficile d’identifier plus qu’une poignée de marchands de diamants qui ont été arrêtés quelque part en Europe ou en Amérique du Nord, au cours des dernières années, pour contrebande de diamants ou évasion fiscale. Aucun n’a été arrêté pour violation des sanctions imposées par les Nations Unies. Les négociants qui commettent ces crimes ne sont pas éconduits par l’industrie du diamant, contrairement à ceux qui roulent des confrères diamantaires ou des banques de diamants — des crimes qui sont pris très au sérieux par l’ensemble de l’industrie. Et pourtant, chaque année, des diamants de l’Afrique centrale valant des centaines de millions de dollars échappent aux contrôles frontaliers, aux impôts et à la surveillance, en route pour les centres mondiaux de taille, de polissage et de commerce. L’Accord du Processus de Kimberley de mars 2002 a réuni plus de 35 gouvernements et l’Union européenne.

34/-Le Conseil de sécurité des Nations Unies

341/-L'affaire des diamants de la RDC

Le Conseil de sécurité des Nations Unies doit traiter l’affaire des diamants de la RDC de la même façon qu’il a traité celle des diamants angolais et sierra-léoniens. Il doit exiger que tous les États restreignent l’importation directe ou indirecte de diamants bruts provenant de la RDC, sauf ceux contrôlés par le gouvernement de la RDC, à l’aide d’un système de certification conforme aux dispositions issues du Processus de Kimberley. Le gouvernement de la RDC doit nommer un évaluateur de diamants indépendant, internationalement accepté. Dès que le gouvernement de la RDC aura apporté les modifications voulues à ses systèmes et à ses lois, le processus de Kimberley devra constituer une mission d’examen indépendante ayant pour mandat de s’assurer que la RDC respecte les normes minimales qu’il a lui-même édictées. La République du Congo est devenue un carrefour important pour le trafic des diamants illicites et des diamants de guerre. Tout comme la Gambie, un autre centre de trafic des diamants illicites, ce pays échappe depuis trop longtemps à la vigilance et au blâme de la communauté internationale.

342/-L'embargo sur tous les diamants exportés par la République du Congo

Le Conseil de sécurité des Nations Unies doit s’occuper de cette affaire de toute urgence et imposer un embargo sur tous les diamants exportés par la République du Congo, en attendant que puisse être réalisée une vérification internationale approfondie et crédible de l’origine et de la légalité des diamants exportés depuis Brazzaville. Chaque année, la République centrafricaine sert de passage (ou son nom sert de couverture) à des diamants illicites et des diamants de guerre valant des dizaines de millions de dollars. Pour que son nom et son territoire cessent d’être utilisés pour le trafic des diamants illicites, il faut absolument que ce pays adhère le plus rapidement possible au Processus de Kimberley. Cette démarche doit s’accompagner d’un examen international crédible visant à s’assurer que la République centrafricaine respecte les règles établies. Les groupes d’experts des Nations Unies ont examiné le lien entre les ressources et les conflits en RDC. Ils ont découvert que des armées étrangères participaient activement au pillage des ressources, notamment au vol de diamants. Le Conseil de sécurité n’a pas encore pris de mesure efficace pour régler ce problème. Il est donc permis, et cela est plutôt troublant, de s’interroger sur sa volonté d’agir. Le Conseil de sécurité doit de toute urgence mettre fin au commerce des diamants provenant de pays africains qui ne les extraient pas à l’intérieur de leurs propres frontières, à moins que ces pays ne puissent prouver hors de tout doute que les diamants ont été obtenus légalement. Cette interdiction doit s’appliquer à la Gambie, à l’Ouganda, au Rwanda, à la Zambie et au Burundi.

343/-Les importations aberrantes de la Belgique

Des importations aberrantes, en Belgique, de diamants provenant de la Tanzanie, des Émirats arabes unis et de Hong Kong doivent faire l’objet d’enquêtes plus poussées, tout comme le commerce zimbabwéen de diamants. Ces dernières années, Hong Kong est également devenu un important fournisseur de diamants bruts à Israël. De plus, le Conseil de sécurité doit donner son aval au système de certification proposé par les participants au Processus de Kimberley, mais il doit également insister pour que celui-ci contienne des mesures sévères et non équivoques pour la surveillance périodique et indépendante de tous les mécanismes de contrôle nationaux.

35/-Les aventures militaires étrangères en RDC.

351/-Les soldats en maraude

Les soldats en maraude ne sont pas un phénomène nouveau en RDC. Ce qui est nouveau depuis 1997, c’est que les soldats sont des troupes régulières des armées des pays voisins. Le pillage par les militaires n’est pas non plus quelque chose de nouveau en RDC. Mais il n’y a jamais eu auparavant d’exemples aussi flagrants d’armées africaines se déployant outre-frontières pour piller les ressources naturelles d’un État voisin. En fait, le phénomène ne fait qu’ajouter de nouveaux problèmes aux anciens.

352/-L'absence de sécurité

En l’absence de sécurité, les diamants ne serviront jamais à améliorer le sort des populations de l’Afrique centrale. L’équilibre actuel des forces militaires dans la région a profondément influencé le commerce des diamants de la RDC, et les activités commerciales des pays déployés en RDC fournissent une indication de l’avenir de la région. La guerre actuelle met au jour les intérêts commerciaux de la plupart des armées étrangères déployées pour soutenir ou combattre le régime de Kinshasa, sans parler de leurs relations avec les nombreux groupes rebelles, les forces non étatiques et les milices.L'interdiction formelle de faire le commerce de diamants bruts provenant des pays non producteurs nommés dans ce rapport et dans les rapports des groupes d’experts des Nations Unies : la République du Congo, le Rwanda, l’Ouganda, la Zambie, le Burundi, la Gambie, le Togo, le Burkina Faso.

4/-Le Nouveau Désordre Mondial

41Un monde barbare et incertain.

411/-Les attentats suicides de New York et Washington

Les Etats-Unis sont devenus à la fois superpuissance économique - ce qu'ils étaient déjà -, et aussi superpuissance politique et militaire.

Les attentats suicides de New York et Washington ont dévoilé la réalité de ce monde de l'après Guerre-froide où ne subsiste qu'une seule super puissance, les Etats-Unis, et où la Ville Monde, New York, tient dans ses mains la vie de milliards d'individus, de milliers de firmes et de centaines de pays, parce qu'elle est le premier centre financier du monde (1). Un monde sans règles, sans vision, sans futur où ne règne que la loi du plus fort. La victoire américaine en Afghanistan a renforcé cette domination impériale sur le reste du monde. Les Etats-Unis sont devenus à la fois superpuissance économique - ce qu'ils étaient déjà -, et aussi superpuissance politique et militaire. L'augmentation de 48 milliards de dollars prévue pour le budget de la Défense nationale aura pour conséquence d'asseoir la puissance américaine sur une assise de bombes de plus en plus sophistiquées sans qu'aucun pays ou groupe de pays ne puisse les menacer. C'est une première.

Plus encore, l'Establishment américain veut imposer au reste du monde sa vision d'une planète divisée en deux. La politique internationale tourne désormais autour de la notion de " terroriste ". Sharon a ainsi trouvé " son " terroriste, Arafat.Les pays du Sud sont encore plus exclus. D'autant que la crise financière et économique les touche de plein fouet. L'onde de choc de la chute des " Twins Towers " s'est d'abord fait sentir dans ces pays. L'incertitude est à son comble et les opérateurs financiers recherchent la sécurité, fuyant la possibilité de la crise de la dette - et du coup la provoquant - et la guerre. L'économie israélienne est en dépression -, les enfants des dirigeants - comme les capitaux - fuient le pays pour s'installer dans les pays occidentaux, pendant que les Palestiniens sont menacés par la disette. Sans l'aide étrangère, l'économie israélienne aurait disparu.

412/-La régulation

La régulation - de nouvelles règles du jeu international devient une impérieuse nécessité. La Nor-Barbaarie a institué la guerre de tous contre tous, minant toutes les solidarités, décrédibilisant la politique d'ouverture et de transparence pour laisser le champ libre au " risque " individuel et au profit maximum et à un monde barbare. Dans le même temps, après la guerre du Golfe, les Etats-Unis s'affirment comme l'impérialisme dominant. D'abord, parce que loin d'éviter la guerre, il la provoque, ensuite parce que les contradictions inter impérialistes - entre les Etats-Unis, le Japon et l'Allemagne - sont loin d'avoir disparu même si elles se sont estompées. Les discussions à l'intérieur de l'OMC (Organisation Mondiale du Commerce), créée en janvier 1995, ont mis à jour, grâce aux manifestations de Seattle, les contradictions existant entre les grands pays capitalistes développés, comme celles existant entre les pays du Nord et ceux du Sud. Ces derniers sont complètement exclus de toutes les tractations. Les populations des pays du Sud entretiennent une haine tenace contre l'impérialisme Nord-barbare considéré comme responsable de leur situation via les grandes organisations internationales, sans que le gouvernement américain ne s'interroge sur cette situation qui le déligitime. Ces Organisations ne font rien pour éradiquer la pauvreté et la misère et permettre l'épanouissement de chaque individu.

42/-Les "crimes économiques".

421/-La politique libérale

La politique libérale est criminelle. En Argentine, elle est responsable de la désindustrialisation, du retour à une économie basée sur les matières premières - donc à la dépendance vis-à-vis des cours du marché mondial - et à une inféodation aux marchés financiers. La récession débutant en 1998 - liée à la crise financière internationale qui secoue les pays d'Asie du Sud Est et la fédération de Russie - se poursuit et s'étend jusqu'à la crise ouverte à la fin de l'année 2001, s'élargissant jusqu'à devenir culturelle. Le " tout à l'exportation " lié à l'impératif de la compétitivité s'est traduit par la nécessité de baisser les coûts salariaux pour gagner des parts du marché mondial et par la fermeture d'entreprises industrielles avec comme conséquence la baisse du marché final accentué par les politiques de baisse des dépenses publiques, ce qui a approfondi la récession en fermant toute sortie. L'exportation de capitaux, massive, pour éviter les conséquences de la récession et de la crise de la dette, a détruit les possibilités de l'accumulation sur le territoire national.

Le seul gouvernement qui fait des entorses aux principes mêmes du libéralisme est celui de George Bush. Après le 11 septembre, on a parlé d'un " retour de l'Etat " . En fait, retour d'une politique d'inspiration keynésienne (5), qui a conduit à un déficit des finances publiques au lieu d'un excédent pendant les dernières années Clinton. De nouveau, les Etats-Unis sont face à leurs déficits jumeaux, twins deficits, de la balance commerciale et du budget. Cette situation provoque la perte de confiance des gérants de capitaux spéculatifs, en particulier de fonds de pension. Ils quittent les Etats-Unis pour se placer en Europe ou en Japon. Ainsi s'explique la montée de l'euro et du yen en cette fin du mois de mai 2002, provoquée par la baisse du dollar. La banque du Japon vend des yens pour faire baisser le cours de sa monnaie. La récession de l'économie japonaise n'est pas terminée et cette hausse intervient au plus mauvais moment. Cette réaction se retrouve en Europe. L'Allemagne connaît une timide reprise qui pourrait se trouver compromise par la hausse de l'euro...

422/-Les compagnies d'assurances

Dans le même temps, les compagnies d'assurances devraient voir leur profit diminuer, même si elles arrivent à faire accepter les attentats comme actes de guerre. Le gouvernement américain a d'ores et déjà décidé de les aider, ainsi que les compagnies aériennes menacées de faillite. Il aussi mis en place - de même en France et en Allemagne - une politique fiscale de baisse des impôts directs (l'impôt sur le revenu et l'impôt sur les sociétés) qui ne peut que renforcer les inégalités, en favorisant les revenus élevés - les bas revenus ne paient pas l'impôt sur le revenu (7) - et non pas, comme le prétend le discours officiel, alimenter la reprise de la consommation et celle des investissements. La volonté est de baisser l'impôt sur les sociétés pour permettre aux entreprises d'augmenter le profit et, ainsi, suivant le théorème dit de Schmidt (8), ouvrir la possibilité de hausser les investissements. C'est oublier le pouvoir de l'actionnaire qui veut voir augmenter son dividende, les profits distribués, faute de quoi il pourrait quitter l'entreprise, vendre ses actions, et ce faisant faire baisser les cours. Les groupes préfèrent conserver leurs actionnaires et verser les 15 % demandés, malgré la baisse de la profitabilité.

43/-La crise de suraccumulation, de la profitabilité.

431/-La crise de suraccumulation

La crise est loin d'être finie. Elle est d'abord une crise de suraccumulation, de la profitabilité (la baisse du taux de profit). Les profit warning, les avertissements des entreprises aux opérateurs financiers et aux gérants de fonds de pension que leurs espérances de profit devraient être revues à la baisse, en témoignent. De ce fait, les cours de leurs actions baissent sur les marchés financiers. La tendance baissière se poursuit malgré quelques sursauts à la hausse manifestant le degré d'incertitude des opérateurs sur les marchés financiers. La hausse des cours de l'or - redevenue une valeur refuge - en constitue un autre indicateur. Le paiement du service de la dette des grands groupes industriels et financiers devient problématique. Vendre des actifs n'est plus possible, ou alors avec des moins values importantes. Le groupe Enron, le plus important courtier en énergie et en matières premières - et septième entreprise américaine -, dont la fortune remonte à la privatisation du service public de l'électricité en Californie, a été obligé de se mettre sous la protection de la loi sur les faillites. Son financement et son développement ont prouvé l'efficacité du système dit de " cavalerie " : acheter ses propres actions pour les faire monter, pratiquer les fonds de pension pour drainer l'épargne de ses salariés et leur promettre une retraite par capitalisation, payer les cadres avec des stocks options... Autrement dit, pratiquer sur une grande échelle une forme de création monétaire qui ressemble mutatis mutandis au système que Law avait mis en place sous la Régence en France au début du 18e siècle. Un système fondamentalement inflationniste, qui a permis aux dirigeants de Enron de financer la campagne de " W " Bush... Enron n'a jamais été capable de réaliser les performances du service public qui existait auparavant...

432/-Le troisième scandale

Jamais deux sans trois, dit le proverbe. Le troisième scandale vient réduire encore davantage la confiance des consommateurs américains pour la Bourse, les marchés financiers et les entreprises, comme le montre un sondage publié par Business Week. Il s'agit celui de la firme Andersen, société de conseils et de " commissaire aux comptes " , l'organisme qui est chargé de juger de la " sincérité " des comptes. Aux Etats-Unis, le PDG d'Andersen a avoué avoir détruit des documents compromettants pour Enron. Du coup, la firme Andersen éclate, se trouve rachetée en Europe par d'autres cabinets de conseils, et aux Etats-Unis est menacée de faillite. Cette crise de confiance est profonde et touche toutes les banques d'affaires, à commencer par les deux plus importantes, Merrill Lynch et JP Morgan. La diffusion de la récession à l'ensemble des pays capitalistes développés s'effectue par l'intermédiaire de deux canaux. D'abord la transnationalisation des firmes : celles-ci développent une stratégie internationale - c'est une des composantes du processus de mondialisation - et envisagent leurs restructurations à cette échelle. Ainsi, lorsque les secteurs de la téléphonie mobile ou de la micro informatique ont commencé à connaître les effets de la crise de la suraccumulation aux Etats-Unis, les entreprises se sont restructurées à l'échelle mondiale en fermant des unités de production dans tous les pays. Elles ont licencié, supprimé des emplois et, pour hausser leur taux de profit, intensifié le travail en développant la précarité, le travail à temps partiel...

44/-La politique imbécile

441/-Les gouvernements du Nord

Les gouvernements du Nord préfèrent réduire le Sud en Etats-esclave plutôt que d'imaginer des politiques économiques permettant de promouvoir la prospérité globale. Continuer dans la voie des politiques à somme nulle ne pourra qu'approfondir des récessions difficilement évitable. Le deuxième canal de diffusion de la misère passe par l'internationalisation des marchés financiers. Lorsque Wall Street éternue, les places financières du monde entier, à commencer par celles des pays développés, s'enrhument, les autres ont la grippe ou la typhoïde. La chute rapide et brutale des cours des start-up a sonné le glas de la " nouvelle économie " et du nouvel âge d'or. A partir de mars 2000 - la chute des cours sur le Nasdaq - un krach " lent " s'est manifesté sur l'ensemble des marchés financiers. C'est une récession internationale, synchronisée et d'un krach financier qui s'installait. C'est une dépression avec le scénario de l'éclatement de la " bulle financière " au Japon,entrainant la destruction monétaire et tous les prix à la baisse - touchant tous les secteurs.La récession s'installait avec ses conséquences inconnues à l'époque pour ce pays : chômage massif - pour la première fois dans les années qui suivirent le taux de chômage officiel du Japon allait dépasser celui des Etats-Unis -, misère, pauvreté... Les banques centrales ont créé de la monnaie en injectant des liquidités dans l'économie, pour éviter les crises de crédit et les faillites d'opérateurs financiers, de banques et de grandes entreprises. La FED a baissé ses taux d'intérêt à court terme pour éviter la chute de Wall Street. Se crée ainsi une euphorie factice sur les marchés financiers.

442/-Les déficits jumeaux

Depuis le milieu des années 1980, les Etats-Unis sont devenus les débiteurs du monde entier et ont besoin de l'épargne mondiale. La tendance, en effet, reste baissière sur les Bourses du monde entier, à commencer par celles des pays latinos américains, et sur celles d'Asie du Sud-Est. Ce sont ces pays qui connaissent les premiers l'onde de choc de la récession américaine - datée officiellement de mars 2001 - comme de la récession du Japon qui la précède, les deux plus importants clients de la zone. Les Etats-Unis connaissent le retour de leurs déficits jumeaux. Pour l'instant, et grâce à la crise des pays émergents, ils ont connu des arrivées massives de capitaux spéculatifs.L'incertitude est la seule donnée certaine de ce monde.Et tous les effets négatifs de ces politiques nord-barbares se traduisent par le génocide, la guerre et les effroyables misères exportés aux pays du Sud, dont la RDC, à elle seule compte plus de trois millions cinq cents mille morts.

45/-La récession.

451/-Le 5e Kondratieff

Cette récession, synchronisée, profonde et longue, comme la guerre non déclarée à l'Afghanistan, montre que le monde n'est toujours pas entré dans le 5e Kondratieff, c'est-à-dire dans une nouvelle période longue à tendance expansive. L'âge d'or n'est là. La troisième révolution scientifique et technique - au-delà de la " nouvelle économie " - s'est élargie aux branches d'industrie principales et aux services,qui subissent la poursuite et l'accélération des tendances à la récession internationale et à la baisse des cours sur les marchés financiers. Après les attentats, après le déclenchement de la guerre et sa poursuite, le monde est entré dans une nouvelle phase. Le keynésianisme refait surface. Le Prix Nobel d'économie a cette année été attribué à trois néokeynésien, George Akerlof, Michael Spence et Joseph Stiglitz. Ce dernier s'était fait connaître en critiquant les politiques libérales du FMI, alors qu'il était économiste de la Banque mondiale, ce qui avait conduit à son licenciement... " W " Bush s'oriente, avec quelques réticences, vers une classique politique de relance tout en poursuivant dans la voie de la déréglementation et de la baisse des impôts. Il a abandonné le dogme de l'équilibre des finances publiques. Dogme que les gouvernements européens voudraient bien eux aussi jeter aux orties pour... accélérer la baisse des impôts.

452/-Une politique à courte vue

Une politique à courte vue qui n'a d'autre but que de leur donner un peu de cette légitimité qui leur manque. Dans le même temps, les gouvernants s'orientent vers la construction d'une forme d'Etat plus autoritaire, en faisant éclater la notion même de territoire et la remplaçant par celle d'espace où pourraient se nouer des contrats. Derrière se profile la remise en cause des droits, des services publics et des libertés démocratiques." A qui profite le crime ? Ce monde qui se dessine, déchiré entre un Nord puissant et un Sud plus esclave encore, n'est pas le nôtre. La défense d'un autre monde est devenue un impératif : un monde , construisant ses solidarités,libérant l'homme de la marchandisation.

5/-Conclusion provisoire.

51/-Un Univers inflationniste

Face à cette prévisibilité d’un Univers inflationniste,l'instinct de conservation de la super – puissance dominante nord – barbare l’amène à se doter,au plus vite, avant 2005, d’un bouclier spatial qui la protégerait du «Terrorisme»,tant redouter. Ce missile-défense, on veut lui doter d’une vitesse de réaction proche à celle qui devait empêcher le Big-Bang à l’instant où s’était produit la brisure de la symétrie de la soupe primordiale. Nous disons que, si même toute l’intelligence infinie finie interne de cette soupe n’a pas pu empêcher cette explosion et celles récursives, on ne sait pour combien d'espace-temps encore, la mise à l’index des intelligences avancées du Congo n’est pas la solution à la survivance des hégémonies. Le diamant brut,c’est un chiffre d'affaires annuel de 60 milliards $ . Le Congo Démocratique en produit les 80 %. Qui lui vole donc ses 48 milliards chaque année ?

52/-La Nord-Barbarie-Structure

Les ressources naturelles stratégiques du Congo sont violentées et prises de force pour participer à toutes ces constructions illusoires, subissant le sort de l’esclave Congolais depuis cinq siècles. La Nord-Barbarie-Structure,qui a inventé la civilisation militaro-industrielle,n'a toujours pas percé le secret de l’Invincibilité. Ce qui signifie que l’annexion de l’âme de ces ressources dans « L’AXE DU MAL », qui justifierait sa séquestration dans un bunker d’obscurantisme, est un crime de trop. Les ressources naturelles stratégiques qui se trouvent au Congo doivent participer à l’émergence de la prospérité à somme positive au profit des populaions mondiales et congolaises en prime, et non, en esclavage. Ajourd'hui elles servent à la grande désillusion pour rien.

53/-Le Bassin du Congo

Un simple rocher, devenu la Principauté de Monaco,a été transformé en un Paradis de Prospérité.Pourquoi la super-Puissance dominante du Monde et la RDC ne travailleraient-elles pas en commun accord pour protéger le Bassin du Congo.Ce réservoir planétaire des richesses naturelles de notre globe terrestre (forêt,faune,eau douce,électricité,pierres précieuses...) doit être préservé pour le Futur global et le Bien de tous.Le Congo lui-même doit s'armer d'une conscience planétaire (spirituelle,idéologique,politique,économique,culturelle,géostratégique),qui puisse le libérer de l'esclavage séculaire.

Fait à Kinshasa,le 4 janvier 2003

Pour l'Asod

Ir.TSHOBO-I-NGANA, Président
Président de l'ASOD,
(A.M. N°91-112. du 06/02/1991)

Communication faite,le 13 décembre 2002, par Ir.Tshobo-i-Ngana à la Table Ronde sur La Problématique de la Participation de l'Opposition Politique au Processus de Paix en République Démocratique du Congo,Organisée par Les Facultés Catholiques de Kinshasa

Sous le Haut Patronage de la Conférence Episcopale Nationale du Congo et avec la collaboration de la Fondation Konrad Adenauer

Siège: Rue Bonga n°2,Quartier Matonge,Commune de Kalamu, Kinshasa, RDC
Tél. 0818101625 e-mail: tshobo_i_ ngana @hotmail.com ;
Sites :www.mldc.8k.com et www.asod.8k.com

 




 



Précédent