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UN TROU NOIR DE 300 MILLIARDS DE
DOLLARS VOLES A LA GECAMINES |
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Lorsque le 12 mai 1992, à la
Tribune de la CNS, j'annonçais que la Belgique devait rembourser au
Congo la somme de 1.650 milliards de dollars us(actualisés à plus de
six mille milliards $ en 2006) , en remboursement
d'une immense dette de ce pays envers la RDC, le Gourou de cette
Institution avait traité
mes chiffres de fantaisistes. Aujourd'hui, oserai-t-il le dire de
même pour
les 300 milliards de $, audités par le meilleur expert de l'économe
minière du Congo, Monsieur Robert CREM, au risque d'afficher une ignorance crasse. Il est
maintenant évident que l'audit de la gestion du pays par la CNS avait
été sacrifié sur l'autel de la Voyoucratie. Comme on
le voit bien, les criminels du Congo se recrutent même au sein de la
super élite congolaise qui a enfoui les 2000 Actes de la CNS
dans les comptes des pertes et profits des Réseaux criminels mafieux
et esclavagistes(le Groupe de Binza, la Prima curia, la Kengo-Mafia,
la Génocratie de Lemere, la Gouroucratie d'Abêtisation des Lumpams, la Caponcratie
et la Tippo-Tipcratie). Dieu
Merci, les articles 56 et 57
de la Constitution du 18 février 2006 ne laissent plus aucune chance aux valets des
prédateurs.
Kinshasa, le 8 juin 2006
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Ir Tshobo_i_Ngana Faustin | |
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| Publié
par le PHARE
n°2843, page 3, du lundi,23 mai 2006 |
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Seul Belge qui aime réellement
la Rdc, Robert Crem revient à la charge et dénonce le pillage de la
Gécamines
On est en train de brader 300
milliards de dollars de réserves minières, par la plus grande escroquerie
des temps modernes !
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J' avais été étonné et bouleversé en apprenant que l' Exécutif congolais
avait, en contradiction avec toute logique de redressement, procédé au
démantèlement accéléré de la Gécamines. Il a octroyé des polygones miniers
au mépris des critères de compétence technique, de surfaces financières,
et cela au profit d’opérateurs non qualifiés et à des aventuriers aux
méthodes douteuses. Je ne pouvais pas rester indifférent. J' avais donc
commencé par écrire au Chef de l' Etat, et je lui avais suggéré une
procédure d'audit pour s' assurer du caractère complet et sincère des
offres de partenariat, et éviter la faillite de l' exploitation minière
katangaise avec ses conséquences sur le plan national. Cet exercice
conditionnait également la crédibilité internationale de la RDC. Comme le
démantèlement n' est pas le fait par de puissants groupes miniers, mais d'
"aventuriers non miniers", j' avais conseillé de suspendre tous les
accords de privatisation et de les renégocier. Les gisements cédés
devraient être placés sous une gestion contrôlée par L' ETAT, en
attendant les résultats d'expertise des accords provisoirement suspendus.
De même, il fallait prendre en compte le rapport de la Commission
Lutundula.
Mais je n' avais pas reçu de réaction de la Présidence de la République.
Idem, pour une seconde lettre. C' est pourquoi je me suis adressé aux
intellectuels et à la presse de la RD Congo afin de susciter un débat
public sur la question. J' ai ainsi formulé des propositions pour la
République, n' en déplaise aux intérêts étrangers que cela dérange. J'
assume mes propos. Et je continuerai à le faire. A ce stade, si mon
message a été perçu par les médias congolais, il y a un manque flagrant d'
intérêt de la classe politique qui assure la succession du système MOBUTU,
mais en pis. Une question me trotte: y a-t-il un politique candidat au
Pouvoir, et déterminé à défendre le Pays ? En effet, la volonté
décisionnelle ne m'appartient pas. Cette volonté est même difficile à
identifier dans des décisions qui se prennent en dehors de toute
transparence. Mais dans le Peuple, il y a sans doute beaucoup de
personnalités et de propositions de valeur qui sont malheureusement
submergées par des actions hostiles qui les réduisent au silence, à l'
inaction, au découragement et à l' autodestruction. A ceux-là, je suis en
mesure de léguer quelque savoir, quelque expérience. Ne serait-ce que la
foi à recommencer et à persévérer.
Les problèmes et les solutions miniers sont
constants. Pour preuve, j’ ai retrouvé des notes que j’ avais écrites lors
d’ un voyage de 1995. Elles restent d’ actualité.
« Les réserves katangaises en minerais
à haute teneur en cuivre, cobalt et zinc ont été démontrées. Elles
représentent plus de 25 années de production se répartissant comme suit :
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Métaux contenus
Tonnes métriques |
Production annuelle
Tonnes métriques |
Valeurs annuelles
X$1000 |
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CUIVRE |
16.000.000 |
450.000 |
1.350.000 US$ |
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COBALT |
1.500.000 |
18.000 |
400.000 US$* |
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ZINC |
2.700.000 |
70.000 |
80.000 US$ |
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METAUX RARES |
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100.000 US$ |
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TOTAUX |
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1.930.000 US$** |
* estimation plancher faite en 1995
** montant minimal évalué en 1995
« La Gécamines qui exploite ces
réserves est dans une situation désastreuse à cause de nombreuses années
de mauvaise gestion et de pillage. La production minière est presque
tombée à zéro, et cette entreprise d' Etat survit encore grâce au
traitement de remblais provenant d' extractions passées. Ceci est tout
simplement ridicule, alors que les capacités minières existant à Kipushi,
et dans les secteurs de Likasi et de Kolwezi permettraient un redressement
rapide de la société d' Etat. De même, la solution à ses problèmes se
trouve dans un contrat d' exploitation et de gestion internationales. De
même, les réserves de Tenke-Fungurume pourraient permettre de lancer une
nouvelle compagnie avec des investisseurs internationaux privés.
« Cette stratégie nécessite une
décision gouvernementale de privatiser le secteur minier. En effet, la
garantie de livraisons futures de produits miniers ne devrait pas être
anéantie par l' instabilité politique temporaire que connaissent certains
Pays, et cela pour des raisons sociales et macro-économiques évidentes. L'
autre condition est la nécessité de créer un « groupe de travail » de
techniciens de haut niveau à la charge du partenaire privé.
« Il faut également tirer les leçons
des évolutions extérieures au Congo. La démocratisation de l' Afrique du
Sud pousse les financiers traditionnels de ce pays à tenter de s'
approprier des compagnies minières d' Afrique centrale. ( La Chine et l'
Inde sont également parties à la chasse des matières premières
africaines). Ces offensives doivent préoccuper l' approvisionnement
mondial en métaux. Bien entendu, il faut les déjouer.
« Il s' avère ainsi urgent et
nécessaire de mettre en place un consortium international qui comprendrait
des partenaires américains, des intérêts sud africains et des
investisseurs asiatiques, avec quelques participations européennes
nécessaires pour des actions particulières. Mais comment réaliser un tel
investissement privé? Cela nécessite la création dans cette région du Pays
d'une zone de stabilité qui engloberait toutes les concessions minières ou
certaines d' entre elles ( par exemple Tenke Fungurume) et de la sécuriser
pour plusieurs décades, soit une période nécessaire pour générer un retour
sur investissement raisonnable. Cette privatisation pourrait se faire en
deux étapes : le lancement de Tenke Fungurume avec une nouvelle compagnie
et ensuite la redynamisation des mines et installations de la Gécamines.
Un tel investissement coûterait environ un milliard de dollars sur 5
années, avec un amortissement sur 7 à 8 années. Bref, la proposition
nécessite des études techniques et juridiques, mais également des
décisions politiques.
Ces réflexions datent du 12 octobre 1995. Elles démontraient que les
réserves katangaise assuraient des revenus miniers annuels de l'ordre de 5
milliards de dollars, pour une évaluation d’ environ 50 milliards de
dollars. Mais dix années plus tard, ces mêmes réserves
sont passées à 100 milliards . Aujourd’hui et
avec un cours du cuivre à 8300$/t, ces mêmes réserves se chiffreraient à
300 milliards de dollars. Comme on dit qu' il faudra 15 ans minimum pour
restructurer l'économie congolaise, chaque année perdue au plan minier
prive la République de cette ressource, et la population en "crèvera". Le
Congo est-il conscient de son éventuelle complicité dans la plus grande
escroquerie des temps modernes, engendrant un génocide permanent pour les
prochaines décennies?
Tel est mon message.
La RDC est moribonde. La cause du mal est connue: c'est la corruption
institutionnalisée; elle procède d' actions complémentaires des
corrupteurs et des corrompus. Les corrupteurs historiques poursuivent le
pillage initié voici plus d'un siècle. De 1906 à 1966, le pillage avait
été cautionné par la puissance coloniale, quoique atténué dans les années
30 par des actions sociales destinées à répondre aux campagnes
internationales à l' endroit de l' exploitant et qui sont relatées par
Adam Hochschild et Jules Marchal. Sous le régime MOBUTU, la corruption est
restée de mise avec les mêmes sponsors. Mais Mobutu avait, par moments,
soutenu la GECAMINES. Je me souviens qu' en plein conseil des ministres de
1980, la Gecamines avait été sollicitée pour avancer quelques millions
de dollars. J' avais refusé. Mobutu avait alors levé la séance en
disant: « je ne tue pas la poule aux oeufs d'or... », alors que j' étais
hué par les ministres… Avec la fin de la guerre froide, MOBUTU a été
déstabilisé à l'initiative des Américains, et on connaît la suite.
Aujourd'hui les prédateurs historiques interviennent à nouveau, et ils
sont rejoints par des dragons asiatiques et la pègre internationale.
Conséquence, les réserves minérales katangaises sont anarchiquement
démantelées, comme les autres ressources naturelles congolaises. Le Pays
agonise et le génocide congolais laisse indifférent les Etats"amis", les
bailleurs de fonds et la plupart des leaders africains. La presse
occidentale, particulièrement francophone, est muette. Voilà qui exprime
mon exaspération et justifie ma prise de position en faveur du peuple
congolais. Il est de mon devoir de dénoncer le scandale génocidaire
perpétré par action ou par omission par certaines puissances "libérales".
Je défends le droit d'une nation à disposer de son sous-sol, conformément
aux "règlements internationaux". Je dénonce le pillage d'un trésor minéral
d' un ETAT SOUVERAIN. Je dénonce le "crime contre l'humanité" avec ce
pillage qui tue, opprime et déstabilise au profit d'un capitalisme
néocolonialiste perfide. Les responsables historiques de ce génocide sont
l'ancienne puissance coloniale au travers de son industrie des non-ferreux,
le répondant en RDC qui commissionne et la Banque Mondiale qui cautionne.
Il n'est pas trop tard, mais il est temps !
Robert Crem
© 2006 Robert Crem
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