|
TABLE DES MATIERES
Introduction
1°/_La Sécession du Katanga,revisitée
2°/_La hiérarchistion des faits
3°/_Le contexte planétaire
1/-La Trilogie déterminante du Conflit
11/-La Géographie
111/-L'Hydrographie,un Tapis roulant,la Route du caoutchouc et de l'ivoire
a/-L'immense fleuve Congo
b/-Le cours du fleuve Congo
112/-Le Réseau minier
a/-La voie nationale
b/_Une voie archaïque
c/_La stratégie anglo-saxone
d/_Sans port en eau profonde à Banana Un Suicide géostratégiques
113/-Les Ressources naturelles
a/_Les concessions de l'UNION MINIERE DU HAUT-KATANGA
Le cuivre
Le Groupe du Sud
Le groupe du Centre
Le Groupe de l'Ouest
Le Cobalt
Le Zinc
L'or et l'argent
Le cadmium
Le ciment
Le germanium
Le minerais de fer
L'Acide sulfurique
Le charbon
L'uranium
b/_Les concessions de la MIBA
Le diamant
c/_Les autres concessions
L'étain
L'Or et l'Argent
La bauxite et l'aluminium
Le colombium-tantalium(coltan)
Le lithium
Le manganèse
Le monazite
Le tungstène(wolframite)
Le pétrole et le gaz naturel
12/-La Géopolitique
121/-Les Traités léonins
a/_Le Traité de Vivi du 13 juin 1880
b/_La Résolution n°68 du Sénat américain du 22 avril 1884
c/-Les Accords de la Table Ronde de Bruxelles(janvier-février 1960)
d/-La convocation par le Roi des Belges des Chambres législatives belges et
congolaises en Session extraordinaire
122/-La dénonciation des Traités léonins
1°Respect du principe de la Légalité
2° Respect des engagements internationaux et du Droit International en matière
de succession. PACTA SUNT SERVANDA
3° Exception « NON ADIMPLETI CONTRACTUS »
4° Les Conventions entre Etats se concluent et s'exécutent de bonne foi
5° La clause ‘’Rebus sic stantibus"
6° "Fraus Omnia Corrumpit" La fraude corrompt tout
7° « Nemo Auditur Turpitudinem suam allegans ». Nul ne peut se prévaloir de
sa propre turpitude pour se faire reconnaître un droit
8° L'équité et la Justice
9° Contradiction des Conventions
10° L'absence de prescription des dettes et obligations de la Belgique au titre
de la succession d'Etats
13/-La Géostratégie
131/-Le Spectre de fin de règne
a/-Les macaques
b/-Le soulèvement populaire du 4 janvier 1959
c/_Le Plan de Laeken
d/_LE LEGS DE LA BELGIQUE AU CONGO
L'Indépendance et... 100 milliards !
CONCLUSION
132/-Hold-up d'Etat belge du Patrimoine congolais
a/_La Loi du 17 juin 1960
b/_Le Décret du 27 juin 1960
c/_Le Contentieux belgo-congolais
133/-La déstruction des arseneaux de la Défense
2/-Le Conflit armé de la Sécession du Katanga
21/-Le Discours du Roi du 30 juin 1960
211/_Le discours incendiaire du Général JANSSENS
212/-Les décisions du Premier Ministre
22/-L'agression du Congo par des Puissances étrangères
221/-L'agression de la Belgique
a/_La destruction de l'armement
b/_L'agression belge du 7 juillet 1960
c/_Les Résolutions des Nations Unies sur le Congo
d/_L'Instigation et l'organisation des Sécessions du Katanga et du Sud-Kasaï
Proclamation de l'Etat du Katanga,le 11 juillet 1960
e/_La diplomatie de la Belgique,confortée par la géostratégie de l'OTAN, mise
au service de la Sécession du Katanga
f/_Une armée belge bis_au Congo
§1_L'agenda du Gouvernement belge
§2_La mise en oeuvre de l'agression
§3_La Confédération des Etats
§4_L'implication de l'UMHK Et le détournement de l'UMHK des 80% des recettes
de l'Etat congolais (budgétaires et en devises)
222/-La complicité active de la France
a/_Le Virus de l'anti-communisme
b/_Les services secrets français
c/_Les"Chiens de Guerre"
3/-La Résoluton du conflit
31/-Les Négociations diplomatiques et politiques
311/_Les contraintes multi-dimentionelles (février 1961-juillet 1962)
a/_La doctrine de Kennedy
b/_La politique interne
c/_La tension internationale
312/_La ligne dure
a/_L'opération Morthor
b/_Le soutien à l'action de l'ONU
c/_La deuxième opération armée
313/_La contribution américaine: Kitona
a/_Le Club attlantique
b/_La pression américaine
314/_Après Kitona. Une attitude nuancée
a/_Les tentatives de réconciliation
b/_L'échec de réconciliation
315/_Les lobbies américains du Katanga
a/_L'American Committee
b/_La rupture des négociations Tshombe-Adoula
32/-L'intervention armée des troupes de l'ONU. L'écrasement de la Sécession
(juillet 1962-janvier 1963)
321/_Le Plan U THANT
a/_Le plan de réconciation nationale
b/_Les discussions tripartites
c/_Le Katanga ne cède pas
322/_Les livraisons américaines de matériel militaire et de dons financiers
a/_La Belgique et la Grande-Bratagne s'interposent
b/_Trop minces concessions de Tshombe
c/_Les rencontres D.Rush-P.H.Spaak-J.Kennedy
323/_L'Unification du Pays
a/_L'utilisation de la force
b/_La capitulation
4/-Après quarante ans de conflits armés en RDC,quelles Leçons tirées de la
Sécession du Katanga
41/-Le génie méphistophèlesien de Léopold II
1°/_L'Impérium de l'AIC
2°/_L'absence d'un port en eau profonde,une économie enclavée
3°/-Le chénal maritime pour la route du caoutchouc
4°/-Le réseau minier du Sud et de l'Est
5°/-Le Conseil de la Courronne de crise
42/-La géocentricité impériale
1°/-Le Lobby anglo-saxon
2°/-La planification de l'agression
3°/-Les Résolutions des Nations-Unies
4°/-La doctrine de Kennedy
5°/-La diplomatie secrète de la Tripartite et la capitulation de Tshombe
43/-Les Elites congolaises,patriotes, traîtres ou zombies
1°/-Les Enjeux de la Guerre froide
2°/-Le Rêve congolais
3°/-Le rêve de Léopold II
4°/-Le rêve américain
5°/-Est-ce la capitulation congolaise?
Résumé du Débat autour de la Communication faite au XVIII Séminaire
Scientifique: Cas de la Sécession du Katanga et l'intervention de l'ONU
BIBLIOGRAPHIE
Table des Matières
Annexeportant sur l'Audit de l'Office des Douanes Colonial (O.D.C.)-ANVERS,Réalisé par une Expertise Top-Secret
|
Introduction
Tirer des Leçons objectives de la Résoluton des conflits armés en Afique,et particulièrement en RDC,des années 1960,oblige chacun de nous de revisiter les données pertinentes qui participent à la fondation de la Trilogie déterminante constituée de : la géographie, la géopolitique et la géostratégie dynamiques de la période considérée.
1°/_La Sécession du Katanga,revisitée
Avec l’évolution du monde et au vu de la forte accélération de grands phénomènes et événements, démographiques, technologiques, économiques, écologiques, idéologiques, politiques ou militaires, sur l'ensemble de la planète, la question de l'espace-terrestre, maritime, aérien et cosmique (exo-atmosphérique), devient le problème le plus important et même le plus vital de ce début du millénium. A cela plusieurs raisons décisives. L'exploitation des ressources naturelles de la Terre n'a jamais été aussi fébrile, jusqu'à mettre en jeu récemment,en péril, des civilisations et des continents entiers. Dès aujourd’hui, les performances exceptionnelles des technologies de la communication,ont rétréci le monde à la dimension d'un gros village - le village mondial de Mac Luhan.L'exaspération des problèmes de défense et de sécurité pour l'ensemble des Etats-nations, à la lumière de systèmes d'armements toujours plus sophistiqués et destructeurs, amène à envisager depuis un demi-siècle, le spectre de l'apocalypse - l'hiver nucléaire - au terme de la guerre des cent secondes.
La civilisation militaro-industrielle , dans tous ses aspects, multiplie à l’extrême les combinaisons spatiales, les dynamiques territoriales, les enchêtrements de flux, les réseaux de toute sorte. L’homme-habitant, animal-territorial depuis les débuts de l’Humanité, est ainsi amené à repenser inlassablement le monde dans lequel il vit. Il doit veiller en permanence à ne pas pérenniser des théories, des méthodes, des stratégies, des modèles, de fait caduques, sous le prétexte tragique que tous se seraient avérés séduisants et efficaces dans le passé car cela ne fonde jamais pour autant leur valeur universelle. L’histoire est pleine de décalages de la sorte qui scellent autant de défaites pour cause d’arriération. C’est peut-être là, l’origine de l’expression triviale "être en retard d’une guerre", autrement dit d’un savoir-penser-l’espace périmé.
C'est pourquoi,la Sécession du Katanga va,tout au long de cet exercice,être interprêtée en scrutant le plus profondément possible,l'existant géographique,géopolitique et géostratégique dominant au 30 juin 1960.
2°/_La hiérarchistion des faits
Il faut cesser de considérer que la seule représentation du monde est cette planisphère qui met en place l’Europe au centre, avec l’Afrique au sud (en bas), l’océan atlantique et le continent américain à l’Ouest (à gauche) et l’ensemble asiatique à l’Est (à droite). Une telle grille de disposition "européo-centrique" des continents et océans déforme davantage la gestion mentale de la planète (déterminisme cartographique), avec une kyrielle de porte-à-faux méthodologiques et d'incompréhensions dommageables.
La géopolitique se donne ainsi pour objectif de prendre en compte tout ce qui organise, en une hiérarchie de puissance politique, militaire,économique et culturelle, les Etats et leurs alliances - leurs destins et projets - dans les registres de la force et de son évolution, du droit et de son application. L’espace de la planète, dans toutes ses dimensions est à considérer comme un produit complexe, un agrégat à multiples facettes, en mouvement et non comme une banale surface d’extension, un simple support, plan, immobile, neutre : équation à plusieurs inconnues, variables selon les temps et les contextes, à l’origine de combinaisons compliquées dans l’ordre des données naturelles, de l’action passée, présente, et à venir des sociétés (le vecteur), de la pensée humaine en évolution, individuelle et collective, scientifique ou commune (le sens), et de leur interférence (le processus).
3°/_Le contexte planétaire
De la galaxie de Gutenberg à l'Univers-Village,le contexte planétaire est en mutation complète, depuis que, après le déplacement plus ou moins lent à la surface de la mer, des "caravelles", "goëlettes" et autres "cuirassés" - ce qui avait contribué déjà à rétrécir le monde - un B 29 a pu lâcher Enola Gay sur Hiroshima. Et plus récemment, les missiles balistiques intercontinentaux multi-têtes du bouclier spatial de Bush peuvent surgir de toutes parts, du fond des océans, des silos enterrés, de rampes terrestres mobiles, et atteindre leurs cibles en quelques dizaines de minutes. La prolifération massive de l’arme de la terreur renvoie à un ultime rétrécissement de la terre. A l’ère nucléaire, la géostratégie change de repères et de nature, d’équations et de culture.Ces armes terrifiantes sont le produit de la Civilisation militaro-industrielle, enfantée par la nord-barbarie-strcture.Cette Civilisation barbare a besoin des quantités de plus en plus polynomiales des matières premières stratégiques que recelle le Congo démocratique. Les projections révèlent que l’évolution n’est pas achevée, pour preuve suprême "l’Initiative de Défense Stratégique" et le déplacement du champ de bataille dans l’espace inter-sidéral. Déjà, les satellites "voient" tout ou presque tout, à toute échelle, à tout moment, à tout endroit.Il leur reste la vitesse en nanosecondes.En moins de Dans vingt ans,les sous-marins, SNA ou SNLE, seront détectés à partir de l’espace.C'est cette nouvelle révolution eisteinienne dans la culture géostratégique mondiale qu'il sied d'intégrer dans la compréhension de ces tragiques conflits qui torturent le Congo démocratique depuis plus de quarante ans.La terre, monde fini, est aujourd’hui une entité stratégique globale, pour laquelle les données de l’espace - terre, air, mer - sont à redécouvrir,revaloriser,repenser,"ré-articuler".
Le géostratège l’a fort bien compris, par nécessité opérationnelle d’abord, par exigence théorique ensuite. Parce que les enjeux de défense et de sécurité dont il traite sont d’une importance cruciale.
1/-La Trilogie déterminante du Conflit
11/-La Géographie
111/-L'Hydrographie,un Tapis roulant,la Route du caoutchouc et de l'ivoire
a/_L'immense fleuve Congo
L'immense fleuve Congo constitue la plus grande réserve hydro-électrique du monde. A ceci, s' ajoute l'énorme masse d'eau douce et brunâtre de 23 à 75 000 m3 déversée chaque seconde dans l'Atlantique qui se voit encore à la surface de l'Océan à plus de 20 km de la côte et qu'elle a creusé au cours des temps un chenal sous-marin descendant à près de 3 000 m de profondeur sur près de 100 km de longueur.
Le territoire du Congo correspond à la presque totalité du bassin du fleuve Congo, sixième fleuve du monde par sa longueur (4700 km) et deuxième par son aire de drainage. Comme celui de l'Amazone qui seul le dépasse, son débit est exceptionnellement régulier,variant de 23 000 à 75 000 m3, soit sensiblement de 1 à 3, alors que celui du Mississippi varie de 1 à 20 et celui du Nil (avant la terminaison du Haut-Barrage d'Assouan) de 1 à 48. Avec ses affluents, le Congo offre au total 14.500 km de voie navigable aux barges de 150 à 350 t et 2 785 aux barges de 800 t et plus. A titre d'exemble,la route du caoutchouc et de l'ivoire a permis au Domaine de la Courrone,propriété privée de Léopold II de réaliser de recettes de : */-1887: 1.980.442 Fr-or */-1897:15.146.977 Fr-Or En dix ans la fortune de Léopold II a été multipliée par 7.
b/_Le cours du fleuve Congo
Le cours du fleuve Congo lui-même est habituellement divisé en trois portions :
l° Le Lualaba ou cours supérieur prend sa source à 1550 m d'altitude à une centaine de kilomètres à l'ouest de Lubumbashi, tout près de la frontière zambienne. Après avoir poursuivi un cours torrentueux sur 400 km, il devient navigable à partir de Bukama jusqu'à Kongolo. Sur ce parcours de 600 km, il reçoit à droite plusieurs affluents importants, dont la Luvua et le Luapula qui lui amènent les eaux des lacs Bangweolo (Zambie) et Moero (frontière Congo-Zambie), et la Lukuga qui lui apporte les eaux des lacs Tanganyika et Kivu. Le Lualaba redevient navigable sur 110 km entre Kasongo et Kibombo, puis de nouveau sur 310 km entre Kindu et Ubundu,au-delà duquel la navigation est arrêtée par les Stanleyfalls, situées immédiatement en amont de Kisangani ;
2° Au-delà de Kisangani, le Lualaba prend le nom de Haut-Congo et change de direction et s'élargit considérablement. Fleuve immense et majestueux, il reçoit sur ses deux rives de nombreux affluents eux-mêmes navigables sur des distances énormes, tels que la Mongala (329 km), la Lulonga-Lopori(950 Km),l'Ubangi (669 km),la Tshuapa (797 km), le Kasaï-Sankuru (1100 km). Après Bolobo, le lit du fleuve se rétrécit sensiblement jusqu'à Kin-Malebo,lac fluvial de 1 500 Km2 aux extrémités duquel se trouvent Kinshasa et Brazzaville. Entre Kisangani et Kinshasa, le bief navigable est long de 1 724 km ; 3° En aval de Kinshasa, le fleuve creuse dans les Monts de Cristal une gorge étroite profonde et sinueuse. Sur une distance de 350 km, il forme trente-deux chutes et rapides et descend de 260 m environ. A Matadi, le Congo redevient navigable et commence son bief maritime qui s'étend jusqu'à Banana sur 150 km . A Boma, le fleuve mesure déjà 5 km de largeur.A l'arrivée dans l'Atlantique, à Banana, 17 km d'estuaire séparent la côte congolaise de la côte angolaise.
Pour se représenter les dimensions gigantesques du bassin du fleuve Congo par rapport à la petite Europe, il convient de rappeler que l'Ubangui a les dimensions du Danube; que le Kasaï et ses affluents drainent un territoire grand comme une fois et demie la France; que le site d'lnga sur le Kongo-Central est le barrage le plus puissant au monde.
112/-Le Réseau minier
a/_La voie nationale
L’entreprise et la réalisation du chemin de fer du Bas-Congo répondent à une conception simple qui s’est imposée. La construction de cette voie a permis d’établir la liaison entre l’océan et l’énorme réseau hydrographique de l’intérieur, en donnant à ce dernier le tronçon d’aval complémentaire qui lui était indispensable pour pouvoir servir d’outil à la mise en valeur et au développement du bassin. En somme, le chemin de fer du Bas-Congo fait partie du système des voies de communication sur lequel est basé la vie des zones intérieures de la cuvette congolaise.Les autres voies ferrées du Centre sont incorporées dans un tout autre système, qui répond à des stratégies différentes de celles qui ont présidé à la réalisation de la ligne Kinshasa - Matadi. Il ne s’agit plus ici de voies destinées à mettre en valeur des régions agricoles du centre du bassin, mais plutôt d’un véritable réseau minier lié à l’exploitation des énormes gîtes cuprifères centre-africains.
b/_Une voie archaïque
De Lubumbashi, la longue voie fluviale et les chemins de fer qui la complètent mènent à Matadi sur le Bas-fleuve, en suivant les différents tronçons mentionnés ci-après :
Lubumbashi - Bukama, par chemin de fer ;
Bukama - Kasongo par le fleuve Congo ;
Kongolo - Kindu, par le chemin de fer ;
Kindu - Ubundu, par le fleuve ;
Ubundu - Kisangani, par le chemin de fer ;
Kisangani - Kinshasa, par le fleuve ;
Kinshasa - Matadi, par le chemin de fer.
Cette voie est longue de 4.023 Kilomètres et comporte 2.684 Kilomètre de voie fluviale.
De Lubumbashi à Matadi, on peut employer la route du Kasaï : de Lubumbashi à Bukama et de Bukama à Ilebo, on a le chemin de fer. De Ilebo à Kinshasa, on trouve le Kasai , et de Kinshasa à Matadi, on dispose de la voie ferrée. Cette route a une longueur de 2.762 Kilomètres, dont 814 Kilomètres empruntent la voie fluviale.Que l'on emprunte la voie de Kinsangani ou de Ilebo,le problème posé est celui de nombreux transbordements, provoquant d'incessantes ruptures de charges qui augmentent considérablement les charges de ce mode de transpot.Le temps est arrivé de réamenager cette voie, en y introduisant des ferryboats qui suppriment les chargement-chargements multiples aux ports et gars.
Il reste enfin à mentionner la voie de Lobito. C’est un axe homogène qui réalise la véritable liaison géographique entre le district cuprifère et l’océan. Lubumbashi-Lobito mesure 2.107 Kilomètres. Il était question à l’époque coloniale de construire un tronçon de chemin de fer allant de Kamina à Kabalo. Si cette voie ferrée avait été faite, on aurait une grande voie ferrée transafricaine allant de Lobito, sur l’Atlantique, à Beira, sur l’océan Indien. Cette liaison, d’intérêt international, aurait eu le tracé suivant : Lobito - crête du Benguela-Tenke-Kamina-Kabalo-Kalemie-Kigoma-Tabora - Dar-es-Salam.
c/_La stratégie anglo-saxone
Voyons comment sont nés les projets de construction des différents axes miniers et comment ils ont été successivement réalisés. En 1891, à l’époque où la première étude scientifique des mines de cuivre du Katanga était effectuée par le géologue Jules Cornet, nul n’envisageait la possibilité d’amener avant longtemps un chemin de fer jusque-là. La voie ferrée venant du Cap était arrivée, à ce moment, à mi-chemin entre Kimberley et Bulawayo et personne ne songeait à l’amener un jour au Katanga. Parti du Cap en 1860, le grand chemin de fer Sud-africain s’était tout d’abord dirigé vers le Nord, sans avoir d’objectif bien déterminé. Celui-ci fut tout indiqué après la découverte du diamant. Et le rail atteignit Kimberley en 1885. Il se prolongea ensuite vers le Nord et arriva à Mafeking en 1892 et à Bulawayo en 1897 ; il atteignit Wankie le Zambèze en 1904. Au Katanga, dès que les prospections effectuées par la T.C.L ( Tanganyika Concession Limited ), pour le compte du Comité Spécial du Katanga, eurent fait apparaître l’importance du bassin cuprifère et la possibilité de sa mise en exploitation, le problème des moyens de transport à réaliser pour la zone minière se posa. La première voie envisagée fut celle du fleuve avec, comme point d’aboutissement, le Bas-Congo. En juin 1901, la T. C. L. obtient la concession du chemin de fer à créer à travers le bassin minier et partant de la frontière Katanga - Zambie, pour aboutir en un point situé sur le Haut Lualaba navigable, au sud de son confluent avec la Lufira. Cette concession fut transférée à la Compagnie du chemin de fer du Katanga, en mars 1902. La Compagnie des Grands Lacs fut aussi créée en 1902 afin de construire les tronçons de chemin de fer Kongolo- Kindu, Ubundu-Kisangani, correspondant aux sections utilisables du Lualaba et permettant de réaliser, par le fleuve, la liaison du bassin minier Katanga avec le Bas-Congo .Le fleuve, avec ses deux tronçons correctifs, était considéré, dans ce projet, comme un axe minier fondamental. A peu près au même moment, le Roi Léopold II, qui s’intéressait vivement à ces questions, se rendit compte que la ligne de Lobito, capable d’atteindre le Katanga en empruntant la dorsale du Benguela, suivie depuis si longtemps par les caravanes du Bihé, devait être la plus favorable, la plus courte et la plus facile à réaliser.
C’est pourquoi, dès 1902, la T.C.L. reprit la concession de cette ligne déjà amorcée par les Portugais. La nécessité politique de souder intimement le district cuprifère Katangais au reste du Congo et au Bas-Congo fut envisagée, ainsi que,la possibilité de construire la voie du Kasaï. Les premières études de la ligne du Bas-Congo - Katanga, le Léokadi, sont ainsi entreprises dès 1903. Un peu tard, une solution apparut. Le chemin de fer du Cap, qui avait atteint Bulawayo en 1897 et le Zambèze en 1904, avait trouvé dans les mines de Broken Hill un nouvel objectif. Il y parvint en 1906. La grande voie ferrée, reliée d’ailleurs à Beira, arriva ainsi aux portes du Congo et il apparut que son objectif septentrional tout indiqué devait être le Katanga. En juillet 1908, une convention intervenue entre le chemin de fer du Bas-Congo au Katanga, l’Union Minière du Haut-Katanga et la British South Africa Co., permit de prolonger la ligne Zambienne de Broken Hill jusqu'à la frontière, puis, en territoire congolais, jusqu'à la mine de l’Etoile.
En 1909, la T.C.L. remplaça la Charterd dans cette convention et créa la Rhodesia Katanga Junction Ry. And Mineral Co., afin de construire le tronçon situé en territoire britannique d’alors. Le chemin de fer du sud atteint la frontière congolaise en 1909, il arriva à Lubumbashi en septembre 1910 et à l’Etoile en octobre de la même année. Le bassin cuprifère fut ainsi rattaché aux marchés mondiaux et put entrer en exploitation. La liaison Katanga-Beira, qui n’était que le quatrième projet envisagé, fut le premier réalisé. En 1908, le tronçon des Grands Lacs, allant de Kisangani à Ubundu, fut achevé. Il a une longueur de 125 Kilomètres. Celui de Kivu à Kongolo mesure 355 km et a été terminé en 1910. Le chemin de fer du Katanga reliant Lubumbashi à Bukama sur le fleuve Congo, ayant été achevé en 1918, l’axe de liaison du Katanga avec le Bas-Congo par la grande bouche du fleuve fut ainsi réalisé à cette date. Celle du Katanga à Dar-es-Salam le fut à la même époque, puisque le tronçon de Kabalo à Kalemie sur le Tanganyika, long de 273 Km et exécuté par la Compagnie des Grands Lacs, avait été achevé en 1915, tandis que celui de Kigoma, sur le Tanganyika, à Dar-es-Salam, long de 1.252 Km et entrepris par les Allemands, était en exploitation depuis 1914. Il est bien inutile de faire observer que la voie du fleuve par Kisangani, avec ses tronçons successifs fluviaux et ferrés, n’a pas joué le rôle d’axe minier du Katanga, comme cela devait se faire. Quant à la ligne de Dar-es-Salam, elle ne peut être considérée que comme un axe d’importance tout à fait secondaire. Ces tronçons ferrés et fluviaux successifs lui enlèvent toute homogénéité, sans compter que la navigation sur le Congo, de Bukama à Kabalo, est assez irrégulière, non seulement aux basses eaux, mais aussi après les crues, lorsque les papyrus du Kisale tendent à venir obstruer le chenal.
La ligne du Katanga au Bas-Congo a été mise à l’étude en 1903. La construction du tronçon Bukama - Ilebo, commencée en 1923, a été achevée en 1928. Ce tronçon de 1.123 Km, qui a coûté 450 millions de francs belges, soit 400.000 francs le kilomètre, a été exécuté à la vitesse de 250 Km/an. Le tronçon fluvial du Kasaï, incorporé dans cet axe minier, lui enlève toute homogénéité et rend la liaison Katanga - Matadi assez peu favorable. Les études destinées à préparer la liaison de Ilebo au Bas-Congo par un tronçon férré sont terminées, depuis plus de 50 ans et il est vraisemblable que la construction sera entreprise dans l’avenir. Il est certain que, si l’on envisage la liaison Katanga - Océan du point de vue de l’économie extravertie, la construction du tronçon Ilebo - Bas-Congo sera toujours sabotée, la voie de Lobito étant bien plus majeure. Mais, si l’on se place au point de vue de la politique nationale, il en va différemment. Il serait, en effet, inconcevable que l’un des axes reliant l’Océan au Katanga, à ce pôle minier si important, ne traversât pas le Congo pour aboutir à son débouché océanique, et que de plus, cet axe national ne soit pas équipé de façon à pouvoir remplir, dans les meilleures conditions, son rôle de grand axe minier.
Pour être homogénéisé, l’axe Katanga - Bas-Congo exigera évidemment un lourd sacrifice pécuniaire qui, sans doute, sera finalement consenti. Il importe d’ailleurs d’observer que, une fois réalisé, cet axe minier constituera une bande d’attraction le long de laquelle devront venir se fixer les exploitations agricoles. C’est alors en partant de cette bande que ces dernières exploitations pourront essaimer dans l’avenir, lorsque sera venu le moment de passer à la période du grand essor agricole congolais. Le projet de construction du chemin de fer Katanga - Lobito était déjà né en 1902. Il s’est heurté pendant longtemps à toutes sortes d’oppositions, et notamment du fait de la Zambie, secondée par l’Angleterre, les Zambiens craignant de perdre le trafic Katangais. Robert WILLIAMS finit cependant par triompher de toutes les difficultés, et en 1931 le chemin de fer fut achevé. Il vient se raccorder au chemin de fer du Katanga à Tenke, point situé un peu au sud de Tshilongo et à 240 Km de Lubumbashi. De Tenke à Lobito, la voie mesure 1.867 Km. Elle parcourt 520 Km en territoire congolais et 1.374 Km en territoire Angolais. Les premiers Kilomètres, en partant de Lobito, furent difficiles à construire, et l’on dut même y incorporer un tronçon à crémaillère, aujourd’hui supprimé. Les 526 premiers Kilomètres ont coûté environ 200.000 francs-or le kilomètre.
d/_Sans port en eau profonde à Banana Un Suicide géostratégique
La route de navigation maritime du Congo est celle qu’empruntent les navires desservant les ports maritimes de Boma et Matadi. Elle est, la seule voie d’importations et d’exportations, pour l’ensemble du Congo, qui soit entièrement située sur le territoire national. Elle va de Matadi à l’Océan, couvrant près de 148 km. Il s’agit du Bief Maritime du fleuve Congo qui, à partir de Noki, poste situé en aval de Matadi jusqu'à l’Océan , forme la frontière entre la République Populaire d’Angola et la République Démocratique du Congo. Selon la morphologie du fleuve, elle est subdivisée en trois sections:
La première va de Matadi à Boma. Elle mesure 60 km de longueur. C’est une zone resserrée entre des berges rocheuses. Ses rives sont élevées et en hautes eaux, les courants sont rapides avec des remous particulièrement violents à la hauteur de MBENGO-MBENGO ou CHAUDRON d’ENFER en aval de Matadi. Sur cette section, les grandes difficultés pour la navigation sont constituées par les écueils, les roches sous eau, les courants forts, surtout en périodes de grandes crues et les sinuosités. Cependant, les profondeurs de 20 à 50 m qu’on y rencontre sont suffisantes pour recevoir sans problème des bateaux de fort tirant d’eau.
La seconde section s’étend de Boma à Malela. C’est une zone d’épanouissement où, sur 60 km le fleuve s’élargit progressivement et s’encombre d’îlots et d’îles dont certaines sont de très grande superficie, telle que celle de Mateba. Sur cette section, les fonds se relèvent, les rives sont beaucoup moins élevées et la distance qui les sépare augmente pour atteindre à certains endroits près de 20 Km. Les îles situées dans ce tronçon sont de formation essentiellement alluvionnaire. En temps des crues, certaines sont submergées. Ce qui provoque l’érosion et cette dernière engendre le mouvement de sable de l’amont vers l’aval. En temps des décrues, il y a des engraissements dus à la rentrée brusque de l’eau dans le chenal. Sur cette même section et plus précisément sur une étendue de 9 Km, appelée divaguante, les profondeurs varient à l’état naturel, entre 4 et 5 m. Ce qui ne permet pas la navigation des navires ayant une calaison de plus de 16 pieds. Dès son arrivée sur ces lieux,Stanley fit ce même constat.Il proposa alors au Souverain de Belgique, Président de l'AIC, la construction d'un chemin de fer Banana-Matadi,qui rendrait très rentable un port en eau profonde à construire à Banana,désenclavant définitivement le Bassin du Congo.Léopold II refusa ce projet au prétexque qu'une telle ouverture exposerait son Congo à la prédation de ses puissants voisins(France et Portugal),ainsi qu'au vandalisme des pirates hollandais, irlandais,... C’est dans cette région que la Régie des Voies Maritimes exécute tout au long de l’année les travaux de dragage, d’aménagement et d’entretien des passes. Ce chenal amenagé à 30 pieds permet le passage des bateaux d'un tonnage inférieur ou égal à 5.000 tonnes.Léopold II a résolu deux problèmes géostratégiques: empêcher l'accès de tout tonnage au bassin et respecter les clauses de l'Acte Général de Berlin,imposant la libre circulation et exploitation du bassin.Le résultat final est que seul Léopold II, qui disposait des millions des congolais réduits à l'esclavage et soumis à la cueillette et au ramassage d'un nombre déterminé de kilos de latex et d'ivoire,sans rémunération ni toute autre compensation,pouvait se contenter de cette route du caoutchouc et de l'ivoire(avec son tonnage très réduit) aux coûts d'exploitation quasi nuls pour lui et son Domaine de la Courrone.
Après la zone divagante de Malela jusqu'à l’embouchure, soit sur une distance de 28 Km, le lit du fleuve est à bras unique formé par un sillon central de plus en plus profond à mesure que l’on se rapproche de l’océan. Les profondeurs atteignent 100 à 150 m. C’est la troisième et dernière section du Bief maritime du fleuve Congo. Aucune difficulté particulière de navigation n’existe sur ce tronçon. Il ressort de la description du Bief inférieur de ce grand fleuve que la route maritime du Congo ne peut recevoir sur tout son parcours des navires de plus de 16 pieds de tirant d’eau qu’à la seule condition que des travaux d’aménagement et d’entretien soient effectués en toute liberté sur toute l’étendue du fleuve ainsi que sur ses rivages.
Ceci revient à poser le problème de conditions de navigabilité de la route maritime du fleuve Congo. Ces conditions sont de deux genres : les unes sont d’ordre technique et les autres, d’ordre juridique.
113/-Les Ressources naturelles
a/_Les concessions de l'UNION MINIERE DU HAUT-KATANGA
Le cuivre
L'UMHK avait une capacité de production annuelle d’environ 300.000Km/an de la production du cuivre brut. L’exploitation du minerais de cuivre était d’environ 400.000 tm,et la différence de 100.000 à 130.000 tm/an Cu est la conséquence des méthodes périmées de traitement du cuivre brut. Le cuivre obtenu après le traitement est de 78 % et 1 % à 1,5% de déchets. La société avait divisé ses activités en trois groupes géographiques, basés sur la localisation des installations, de concentrateurs et des mines. Environ 79 % de tous les minerais sont produits au groupe de l’Ouest, 12 % au groupe du Centre et 9% au groupe du Sud.
Le Groupe du Sud
Le groupe du Sud comprend la Mine et le concentrateur de Kipushi et le raffinage à Lubumbashi. La Mine de Kipushi située près de la frontière Congo-Zambie est considérée comme la principale source de réserve ou de remplacement, très différente de la zone cuprifère du reste du Congo. La plus grande profondeur atteinte dans l ’exploitation, est de 1.157 m. Le travail de traitement du cuivre brut donne surtout le chalcopyrite, suivi du bornite et du chalcocite.
Le reniérite qui est le sulfure de germanium n’est pas produit. Le traitement du zinc donne un produit appelé sphalerite; et le zinc est exploité depuis plusieurs années, à partir des mines très profondes. Une grande partie de ce sphalérite se rencontre en Zambie, mais la plus grande quantité se trouve au Congo dans une profondeur de 2.000 m. L’exploitation du cuivre pourrait prendre de 8 à 10 ans. Elle ne se fait plus à Kipushi où on avait commencé à produire le zinc. Le concentrateur de Kipushi produisait 27 % de concentré de Cu dans l’ensemble des 87 % du cuivre exploité sur la contrée. Tous les concentrés de cuivre sont envoyés à Lubumbashi par autorail pour leur traitement. Le concentré de zinc contenant du cuivre est envoyé à Likasi par voie de chemin de fer pour leur mise en lingots et pour la production de l’acide sulfurique.Les minerais ne sont pas produits à Kipushi.
La seule usine de raffinage du cuivre se trouve à Lubumbashi et produisait environ 150.000 tm/an de cuivre en lingots,exportés en Europe.L’or ou l’argent en lingot est extrait en Europe. Les installations sont munies d’un système de refroidissement des hauts fourneaux pour la première phase de production,
deux convertisseurs et deux fourneaux pour la formation des lingots. Deux convertisseurs en vue de la conservation et du chauffage des sulfates jusqu’environ 900°C. Il n’existait pas à Lubumbashi un lieu pour conserver et récupérer les déchets. Il existe un projet de récupération et de traitement des déchets.
Les installations de raffinage reçoivaient trois concentrés de sulfate pour le mélange, le chauffage et le nettoyage. Kipushi fournissait 36 % de la production totale dont 27 % de concentré de Cu. Kolwezi fournit le reste de la production soit 55 % de concentré de Cu. Une quantité des déchets récupérés après le raffinage est mélangée avec le concentré avant le chauffage; la plupart de ces déchets sont stockés près des montagnes environnantes. Les lingots de cuivre pèsent de 225 à 250 Kg et contiennent 98,5% du Cu. Ils sont dégagés automatiquement de la chaîne de chauffage et sont stockés dans un endroit approprié. Ils sont ensuite expédiés à Likasi pour la production de l’anode et pour l’exportation.. La production de 1.468 tm réalisée en 1982 était presque entièrement pour l’usage local, et pour les échanges commerciaux avec les autres sociétés.
Le groupe du Centre
Le groupe du Centre comprend quatre mines : une mine souterraine à Kambove et trois mines à ciel ouvert à Kakanda, Kamoya et Luita. Les installations de Shituru font également partie du groupe du Centre. Elles servent à maintenir le cuivre et le cobalt en bon état; raffiner le cuivre, produire les fils électriques et les câbles, l’anode de chauffage servant pour le raffinage, le concentré de zinc et l’acide sulfurique. Ce groupe du Centre comprend également la principale usine à Panda. Un haut fourneau électrique se trouve à Panda; il sert au traitement du cuivre brut qui a une faible teneur en minerais et pour la récupération des déchets tirés du raffinage. 80 % des concentrés expédiés à la raffinerie de Shituku proviennent de Kolwezi et 20 % proviennent du Centre. Les activités dans les mines de cuivre sont très importantes et utilisent une main d’oeuvre importante, bien que la plus grande partie des activités vitales se déroule à Kolwezi.
La mine souterraine de Kambove est la plus vaste du groupe du centre et a une réserve totale de 7,9 millions tm contenant 4% de minerais de Cu. Les réserves exploitables sont de l’ordre de 4,9 millions tm avec un pourcentage de 3,13% Cu et environ 0,3% Co. On suppose que ces réserves de Kambove pourront s’épuiser dans quelques années; cela dépend du taux de la production. La plus grande profondeur atteinte dans l’exploitation minière à Kambove est de 840 m.
Trois méthodes d’exploitation sont employées à Kambove, dépendant de l’emplacement des gisements et des caractéristiques physiques de la roche. Deux concentrés sont produits par le concentrateur de Kambove : 45 % de sulfate de concentré de cuivre acheminés à Lubumbashi pour la conservation.
Les gisements de Kamoya situés à environ 1 Km à l’ouest de la mine de Kambove, demeurent en réserve.
La raffinerie de Shituru traite en priorité les concentrés oxydés, mais aussi quelques concentrés mélangés. Les concentrés sont préparés dans une cuve d’acide sulfurique et remués dans le premier circuit. Le volume des concentrés augmente à cause de leur humidité résultant de leur passage au premier circuit.
En vue d’éviter la perte, une partie est versée dans le deuxième circuit. La première solution perd sa teneur en cuivre de 55 à 60 g/l jusqu’à 30 g/l pendant la conservation. Le cuivre ainsi obtenu contient 99,97 % Cu et 150 ppm, Co et Fe. Le cuivre électrolytique renferme 99,97 % Cu avec 20 ppm de déchets. Ce cuivre est versé dans des moules larges en vue de le présenter sous une forme plate, fondu dans l’anode et conservé dans des cellules électrolytiques. Les plaques ainsi formées pèsent 4,0 Kg. Une partie de ce cuivre est utilisée pour la fabrication des lingots.
Le système comporte trois fourneaux. Grâce à la pulvérisation du charbon, chaque fourneau connaît un cycle d’oxydation, de réduction et de versement à un moule en vue de la formation des lingots. La polarisation est utilisée à l’étape de la formation des lingots. La polarisation est utilisée à l’étape de la réduction. Chaque lingot pèse généralement 113 Kg, mais d’autres de 120, 130 et 190 Kg sont produits en cas de commande. Toute la cathode produite à Shituru est utilisée dans la production des lingots. Ainsi donc, environ 150.000 tm/an de cathode électrolytique viennent de l’usine de Luilu. En effet, le cuivre obtenu est pur et est employé dans la production des fils électriques très fins et très purs.
Les concentrés de Mutoshi, surtout le malachite, contiennent 15 % Cu. La capacité d’un haut fourneau est de 800 tm par mois, et sa production, le cuivre noir avec 95 % Cu de Shituru, est exporté pour le raffinage.
Le Groupe de l'Ouest
Le groupe de l’Ouest, le coeur des activités de l'UMHK , comprend sept mines : une mine souterraine à Kamoto et six autres mines à ciel ouvert à Mutoshi, Mupinji, Musonoi, Kamoto, Dikuluwe et Mashamba. La mine de Kov renfermait de nouveaux gisements qui devaient être exploités à partir de 1985. La teneur des minerais du groupe de l’Ouest est de 4 % à 5 % Cu et de 0,3 % à 0,8% Co. Le niveau de l’apport économique du minerais est de 2 %. Se trouvent également installés au groupe de l’Ouest : la raffinerie du cuivre et du cobalt de Luilu, l’usine de zinc de Kolwezi, les installations pour le traitement du zinc et du cadmium, les installations de lavage de Mutoshi et les concentrateurs de Dima-Kamoto et de Kolwezi. Le total des travailleurs étaient de +_15.000 comprenant +750 cadres expatriés.
La mine de Kamoto est la plus vaste mine souterraine et est pénétrable jusqu’à une distance de 17 Km de long, avec double inclinaison. La mine avait une production de 10.000 tm/j de minerais, fournissant ainsi 20,25 % de la production totale des minerais de l’Ouest. La profondeur la plus grande déjà atteinte est de 500 m.Dans la mine de l’Est de Kamoto, la plupart des minerais ne sont pas rigides et causent des problèmes pour leur évacuation avec les pelles mécaniques. Cependant les noyaux des roches dures sont percés et cassés, avec le mélange du mazout et le nitrate d’ammonium. Le malachite extrait de la mine contient 55% de concentré de Cu.
La mine de Musonoi produit un petit tonnage à partir de l’extrême ouest de la mine.
La mine de Kov est la plus récente. C’est une grande source d’exploitation minière,avec des réserves comparables à celles de Tenke Fungurume. Elle s’étend jusqu’au Nord de Kamoto/Nord et les gisements à ciel ouvert de Musonoi. La mine constituera donc un tout comprenant les mines de Kamoto et de Musonoi. La teneur de ses gisements est comparable à celle des gisements environnants : 4% cu et 0,3 co. Cette section de Dima - Kamoto peut produire, si cela est demandé, le cobalt léger, le concentré de cu à un haut degré de 0,5% co et 60% cu, ou le cobalt avec une grande teneur, le concentré de cu à un degré faible de 4 à 5% co et 45% cu. La section Dima des installations de Dima-Kamoto produit régulièrement le concentré sulfuré. Les concentrés sulfurés produits à Dima sont plus précisément appelés concentrés avec mélange, contenant les oxydes et des carbonates de cuivre et de cobalt. Le concentrateur de Kolwezi, monté en 1941, était le premier plus grand concentrateur monté par UMHK. Ce concentrateur se servait de l’huile de palme hydrolysée produite localement pour la flottaison. Les installations ont une capacité d’environ 5 millions tm/an et recevaient régulièrement environ du silicate et les minerais mélangés avec le sulfate oxydé traités à Kolwezi, fournissant ainsi le concentré sulfuré et le concentré oxydé ou dolomitique. Les concentrés dolomitiques sont envoyés à la raffinerie de Luilu et les concentrés sulfurés à l’usine de nettoyage à Lubumbashi. Les appareils exigent un important entretien et le remplacement des pièces défectueux. Malgré cela, ils continuaient à fonctionner et étaient utilisés pour la production des matières premières du groupe de l’Ouest.
Les installations disposent de trois réacteurs fluosolides pour chauffer à 600 °C les concentrés sulfurés mélangés avec le cuivre oxydé, dans une réaction thermique. Le produit ainsi obtenu est mélangé avec le concentré oxydé dans un acide pur tiré de la raffinerie. Le filtrage est alors effectué, suivi du nettoyage, du durcissement et de l’extraction du sélénium et du fer avant l’isolement du cuivre qui se déroule en deux étapes. La solution du cuivre est réduite de 55 à 60 g/l dans un récipient par une réaction électrolytique. Une quantité est alors versée dans le circuit du cobalt et on arrive finalement à tirer le cuivre. Le cathode de cuivre arrangé et emballé dans des lits de 1 tm, chaque paquet ayant un poids d’environ 50 Kg. Environ 150.000 tm sont expédiés à l’usine de Shituru à Likasi pour la production des lingots; le reste exporté.
Le Cobalt
Le cobalt est l’un des sous-produits obtenus dans l’exploitation du cuivre par l'UMHK. La capacité totale de produire le métal est d’environ 15.000 tm/an équitablement répartis entre deux raffineries, Shituru à Likasi et Luilu à Kolwezi. La qualité de la cathode produite dépend des moyens techniques. A part une utilisation au niveau local dans les ateliers, toute la production est exportée sous forme de cathode ou de granulé. Le Co (OH)2 est le seul cobalt produit chimiquement. Les stocks de cobalt sont conservés dans des raffineries en Europe. Le Congo a fourni,46% des importations américaines du cobalt, prenant en compte également le cobalt traité en Belgique. La quantité du cobalt contenu dans le cuivre brut varie constamment entre plusieurs gisements et dans les gisements même. Les informations sur la localisation, la teneur et la quantité du cobalt permettent d’assurer un contrôle régulier du niveau de la production à des périodes bien déterminées. Par ailleurs, la capacité optimale de la production du cobalt dépend de la contenance du laminoir du cuivre brut.
A part la production minière de la mine de Kipushi, le cobalt est contenu dans tout cuivre brut et même en cours de traitement. Le cobalt est exploité sous les deux formes de sulfate et d’oxyde. Les minerais de sulfate de carrollite Cu (Co, Ni)2 S4 et de linnasite Cu Co2 S4 se retrouvent généralement enfuis très profondément dans les gisements. Les oxydes tels que le sphaerocobaltite et le sel de cobalt sont logés près de la surface et dans les gisements couverts de pierres. Cela dépend de la profondeur de la zone et des conditions atmosphériques. Les minerais renferment au moins une teneur de 0,1% à 2,5%. La moyenne pour le Congo est d’environ 0,35%. La teneur la plus importante était rencontrée, il y a quelques années dans ces gisements et s’élevait à 50% Co. C’était donc les premiers gisements de cobalt mis en exploitation.Le concentrateur de Dima - Kamoto avec une contenance de 8 millions tm/an, est en mesure de produire le concentré à 0,5% Co et 60% Cu, du cobalt à faible teneur et du cuivre à grande teneur, ou bien le concentré de 4 à 5% Co et à 45% Cu, cobalt à grande teneur et du cuivre à faible teneur. Cela dépend de la contenance du laminoir ou du concasseur. La plupart des matières oxydées qu’on pourrait extraire du cobalt, se perdent au cours du processus de broyage et de laminage. La moyenne du cobalt récupéré après traitement du cuivre brut est 55%; cependant à certaines périodes cette moyenne descend jusqu’à 18%. Ce qui démontre la caducité des techniques utilisées.
Le cobalt contenu dans les concentrés sulfurés est envoyé à Lubumbashi pour raffinage, en provenance des concentrateurs de Kambove et du groupe de l’Ouest. Il n’est pas proprement extrait et demeure en état de déchet. Au cours du circuit du cobalt, le cuivre est retiré parce que devenu dur en versant la matière dans une solution de zinc, et le sélénium est extrait par le contact avec le cuivre. Le nickel et le zinc sont extraits, et à cette étape le cobalt peut peser 20 à 30 g/l ou plus. D’habitude environ 50% ou 300 tm par mois du Co (OH)2 sont extraits à Shituru; ils sont séchés, perdent leur poids et enfin utilisés. De ce stock, il sera gardé seulement le métal et le reste est dégagé. La partie gardée en forme de pulpe subit la réaction électrolytique dans une solution de cathode de fer. Elle présente alors une teneur de 95 à 97% Co. Le cathode est régulièrement augmenté et remué avec un morceau de bois dans le but d’extraire le cobalt et d’éviter le mélange. La matière obtenue avec les blocs de cobalt obtenu dans une réaction électrolytique, est combinée avec la cathode mise en morceaux à partir des plaques métalliques au moyen des marteaux. Le cobalt et le réactif sont versés dans un circuit électrique disposé dans un four.
Le mélange est alors versé dans une eau coulante en vue de former des graines.
Les déchets recueillis au four contiennent le cobalt et la partie magnétique peut servir de métal pour la reprise de l’opération. Le zinc, le cadmium, un peu de cobalt et autre matière de base se volatilisent dans la fumée.
A la raffinerie de Luilu, la technique utilisée est fonction de la grande teneur du cobalt et de la cathode. Le mélange d’oxyde et de sulfate est sulfuré par chauffage à 600°C en trois réactions fluosolides. La matière est filtrée et mélangée avec les concentrés oxydés quand elle sert au nettoyage des cuves avec l’acide en réserve. Le nettoyage est suivi de l’évacuation du sable, du durcissement et de l’extraction du sélénium. La teneur du fer est réduite avant l’extraction du cuivre pour accroître la masse de ce cuivre avant de le recueillir à la fin du cycle et réduite de 55 à 60g/L dans une cuve électrolytique. A cette étape, une partie du mélange est dégagée et le cuivre restant est recueilli ensemble avec l’aluminium, le fer, le nickel et le zinc par des opérations successives. Enfin, la solution du cobalt est filtrée avec le magnésium, le cobalt devenant alors Co (OH)2. Il est versé dans l’acide pour le rendre pur, fournissant plus de 50g/L Co. Ce phénomène contraire d’absorption à Shituru, qui se déroule avec le cobalt électrolytique remis en circuit, est incomplet. La méthode d’extraction électrolytique du cobalt à Luilu est pratiquée sur des plaques d’acier inoxydables. Les anodes employés à Luilu constituent un alliage spécial du manganèse et du cobalt - silicon produit par GECAMINES. La cathode du cobalt a une teneur de 99,8% Co; elle est recueillie de ces plaques en acier par un marteau automatique à partir des masses de cobalt. Ces masses sont disposées dans des bacs circulaires d’environ 1 tm de capacité, chacun. Ces bacs sont en suite disposés par groupe de sept. Une sonnerie est près de ces bacs, munie d’une résistance électrique, qui chauffe le métal à 900°C pendant 4 heures pour achever la décompression. Les masses de cobalt en provenance de Luilu et les granulés de cobalt en provenance de Shituru sont tous deux traités de cette façon. Les masses et granulés sont nettoyés par frottement, disposés en lingots de 250 Kg/ tonneau. Le cobalt est conservé dans ces deux raffineries et sont expédiés aux marchés internationaux à partir de LuiLu après qu’il ait subi un contrôle de qualité.
Le Zinc
L'UMHK était le seul producteur de zinc au Congo. La production du zinc est tirée du cuivre à la seule mine de Kipushi. Les concentrés de sphalerite produits par le concentrateur de Kipushi et contenant aussi le bornite et le chalcopyrite sont amenés par train à Likasi où ils sont chauffés à l’anode d’acide de Shituru afin de faciliter leur filtrage. L’acide sulfurique produit est considéré comme un sous - produit. Les concentrés chauffés sont alors amenés à Kolwezi pour le filtrage et le raffinage électrolytique. La cathode de zinc est fondue et préparée en lingots.
L’exploitation des gisements miniers de Kipushi, avec sa composition variée en matière précieuse, se faisait pour la production du cuivre, du cadmium et pour une petite quantité du germanium, de l’indium et des métaux groupe platinum. Le contenu du zinc dans la matière brute exploitée a une teneur élevée de 19%. Les gisements contiennent surtout le sphalerite à une profondeur de 2.000 m , avec une partie qui s’étend jusqu’en Zambie.
Le concentrateur de Kipushi produit séparement le zinc et les concentrés du cuivre sulfureux. Cependant, ces concentrés ne sont pas complètement propres et on enregistre une perte du zinc pendant la fonte des concentrés de cuivre de Kipushi, à Lubumbashi. En plus, les concentrés de zinc expédiés à Likasi contiennent plus de 3.000 tm de bornite, chalcorite et chalcopyrite. Le chauffage des concentrés se fait dans un haut - fourneau rotatif à Likasi.
L’usine de zinc de Kolwezi de (UZK) reçoit les concentrés de zinc chauffés provenant de l’usine d’Acide de Shituru, pour une capacité d’environ 80.000 tm zn. Les concentrés chauffés sont broyés et versés dans un bassin d’acide contenant 100 g/l de H2SO4 avec des débris de zinc collectés à Shituru et à Lubumbashi. Le cuivre, le cobalt et le cadmium sont extraits avant l’électrolyse. Le zinc dans une solution purifiée est versé par électrolyse dans la cathode d’aluminium pour une mesure de 900 Kg zn par élément. Les travailleurs affectés à la grande citerne utilisent le système de quota au lieu du système de travail par heure. Comme il n’y a pas de grue électrique élevée à la grande citerne, on utilise seulement les treuils ou les poulies manuelles. Cela constitue le résultat d’un vieux projet d’équipement, mis en oeuvre depuis 1953.
La capacité de la production des lingots est d’environ 70.000 tm/an. Trois haut-fourneaux à mazout font fondre la cathode de zinc, chacun se servant de deux systèmes d’écoulement. Le métal versé des moules formant des lingots de 25 Kg et leur teneur se voit augmenter à 99,955% zinc. Les lingots sont alors emballés en paquets de 40 pièces pour l’exportation.
Les réserves en zinc ne sont pas officiellement connues. Cependant, la durée d’une mine de spharite de Kipushi est estimée au moins à 20 ans si l’exploitation se fait régulièrement, avec 2,2 millions tm zn environ. L’exportation se fait par chemin de fer à partir de l’Usine de zinc de Kolwezi en traversant normalement différentes routes.
L'or et l'argent
L’argent et l’or étaient produits par l'UMHK. Ce sont des sous-produits du cuivre. L’argent et l’or contenus dans le cuivre proviennent surtout des concentrés de cuivre produits à la Mine de Kipushi. Le contenu de l’argent dans le mélange des minerais du cuivre et du zinc était d’une grande teneur de 5,14 tr oz/tm dont une grande partie est utilisée dans le traitement du cuivre et plongée ensuite dans le concentré de cuivre durant la période de flottement différentiel. La fonderie de Lubumbashi a été créée pour traiter les quantités d’argent recueillies à la fin du traitement du cuivre.
L’exploitation artisanale et autres
L’exploitation artisanale de l’or est surtout centrée dans la province orientale et le Kivu au centre de Kibalian. La production n’est pas bien connue et les données sont incomplètes. On estime que la production artisanale constitue environ 65 % de la production totale de l’or. Cependant, cette production n’est enregistrée par aucun service spécialisé. La production peut être vendue aux comptoirs d’achat de diamant agréés.
Le cadmium
L'UMHK était le seul producteur du cadmium au Congo. Sa production est un sous-produit du cuivre et du Zinc produits à la Mine de Kipushi et la capacité totale est d’environ 300 tm/an dans sa forme de lingot à une teneur de 99,95 % du cadmium.
Le cadmium est exploité à Kipushi avec une teneur très faible en minerais. Néanmoins, le traitement thermique des concentrés sulfurés est favorisé par les quantités du métal récupérées des poussières de la fonderie de Lubumbashi et de l’usine d’acide de Shituru ainsi que du chauffage des concentrés de zinc. L’usine de zinc de Kolwezi dispose des appareils de traitement pour recouvrer le cadmium.
Le ciment
La capacité totale de production du ciment pour les cinq cimenteries est d’environ 1,1 million tm. La plus grande quantité de la production est consommée au Congo; néanmoins, le ciment produit près des zones côtières est en partie exporté vers les pays voisins.
Le germanium
Le Congo produit le germanium comme sous-produit du cuivre et du zinc exploités par l'UMHK à la mine de Kipushi. La production n’est pas toujours connue et les statistiques disponibles indiquent de nombreuses variations du niveau de production. Le Congo a fourni plus 50% de la production totale du métal au cours des années 1950.
Les gisements de Kipushi contiennent le germanium dans la forme de renierite à une teneur de 0,02 %; ils sont surtout mélangés avec le zinc. Le minerais était aussi découvert sur place dans des zones riches où une exploitation sélective était possible.
Le minerais de fer
Les ressources en minerais de fer du Congo sont pour la plupart de l’âge précambrien, se rapportant au type du minerais du Lac Supérieur. Des couches couvertes de pierres avec le dioxyde de fer, surtout l’hématite, fournissent un minerais d’une teneur variant tantôt moyenne, tantôt basse. Les ressources sont estimées à 5,1 milliards tm dont les réserves préliminaires d’une valeur de 50 millions tm, se rencontrent toutes dans le Katanga. Les gisements de Kisanga-Kambove du magnétite et de l’hématite constituent une couche de remplacement du calcaire dolomitique et contiennent 56 % Fe et 9,5% SiO2. Les gisements de Kanunka où est enfoui l’hématite, contiennent 54 % Fe 21 % SiO. L’Union Minière du Haut Katanga (UMHK) a exploité le minerais de fer à Kisanga avec une production de 6.000 tm/an pour son utilisation dans le traitement du cuivre, à la fonderie de Lubumbashi.
Il existe des ressources de minerais de fer contenant jusqu’à 63 % Fe pour une valeur de 3 à 10 millions tm.
L'Acide sulfurique
L’acide sulfurique, le produit chimique le plus important utilisé dans le processus de raffinage des concentrés du cuivre et du cobalt, est fourni par l'UMHK qui le produit à partir du sphalérite produit localement et du sulfure importé. Il est aussi importé quand la demande dépasse le produit disponible. La capacité totale est d’environ 145.000 tm/an pour la seule usine de Shituru à Likasi.
Le charbon
Environ 110.000 tonnes métriques de charbon bitumeux de toutes sortes et nettoyées sont produites à Luena, dans la Province du Ka-
tanga par l'UMHK. Il est utilisé principalement pour la production du ciment et pour la métallurgie. Le charbon est aussi produit à des quantités inconnues à Lukunga pour les usines de ciment des environs. La contenance de cendre est en moyenne de 25% et celle de la chaleur est de 7.300 à 10.900 Btu/lb par livre ou pound = 453,592 grs.
Le projet d’industrie des combustibles synthétiques ne s’était pas matérialisé en 1950 à Lukunga. Du coke de haute qualité et du charbon pour le traitement des minerais de l'UMHK sont importés de la Rhodésie(Zimbabwe).
Les ressources principales du charbon en plateaux étagés de Lukunga étaient découvertes en 1911 et l’exploitation est assurée par l'UMHK. Le produit est destiné aux industries de ciment, de métallurgie, de chemins de fer et d’électricité. La mine était accessible par une excavation inclinée avec des entailles croisées pour développer les trois pièces principales contenant du charbon et était travaillé jusqu’en 1931 quand l’activité avait cessé à cause de la diminution de la demande. La production était reprise en 1951, apparemment avec des plans de construction d’une industrie de production des combustibles synthétiques pour utiliser 1,2 million de tonnes métriques de charbon dans le procédé FISHER TROPSCH. Le rendement devait être de 125.000 tm/an des essences combustibles synthétiques. Le projet n’était pas réalisé et la production courante était uniquement destinée à l’industrie du ciment .
Le gisement de Luena découvert en 1914 avait été foré par l’UMHK pour ses industries de traitement de minerais. Le gisement est situé à environ 125 Km au Nord de Tenke et avait été foré initialement par fosse à ciel ouvert. L'UMHK importe aussi pour environ 140.000 tm de coke et de charbon par an, principalement en provenance de la société WANKIEMINE de Rhodésie pour ses besoins en métallurgie.
Dans les années 1950, le gisement de Lukunga contenait environ 50 millions tm de réserves tandis que le gisement de Luena environ 5 millions tm. Le charbon est en train d’être remplacé par des industries électriques.
L'uranium
Malgré l’existence de plusieurs gisements d’uranium à travers le Congo, la production est, historiquement limitée à un site, la Mine or - uranium de Shinkolobwe dans le sud de la Province de Katanga, gérée exclusivement par l’UMHK. Depuis l’indépendance du pays et la reprise des opérations de Shinkolobwe par la société d’Etat, la GECAMINES, aucune production d’uranium n’a été enregistrée à la Mine du Congo.
A partir de 1922, les minerais de la Mine de Shinkolobwe étaient traités pour l’extraction de l’élément radium. L’or, près de la surface de la terre, était exploité très tôt après sa découverte en 1915. L’uranium qui était encore présent dans le minerais était considéré sans valeur à l’époque et considéré comme résidu. Durant l’année 1943, les premiers concentrés d’uranium étaient produits en les extrayant des résidus du minerais de radium. En 1950, le Congo-Belge était devenu le plus grand producteur du monde, pendant que l’UMHK continuait à extraire le concentré d’uranium et du radium des minerais de la Mine de Shinkolobwe à une grande échelle après les années de la guerre 1943 - 1945. L’uranium de Shinkolobwe était utilisé dans le projet américain MANHATTAN. La production du concentré d’uranium était assurée pendant les années 1950. En avril 1960, Shinkolobwe était fermé à cause des conditions du marketing mondial.
Presque toute la production d’ uranium du Congo-belge des années 1940 et 1960 était vendue à l’ Agence Combinée de Développement ( CDA ), composée des Etats-Unis et le Royaume- Uni . Le total des achats par le CDA étaient de 32.500 tm de concentrés de U338 pendant les années "1944 à "1960 à un prix total de prés de 2450 millions de $ us . Approximativement 90% de cette production étaient parties aux USA et 10% au Royaume-Uni.
En mai 1982 , un accord pour l’ exploration et l’ extraction minière d’ uranium au Congo était signé entre la GECAMINES et deux sociétés françaises , la compagnie générale des matières nucléaires ( COGEMA ) , subsidiaire de BRGM et le COMMISARIAT A l’ ENERGIE ATOMIQUE. De pair avec une inspection détaillée du pays pour les gisements d’ uranium , des opérations d’ essai de production étaient entreprises à SHINKOLOBWE dans la dernière partie de l’année 1982. Les réserves des minerais étaient tellement trop profondes et trop limitées que la réouverture de la mine ne se justifiait pas . Le programme d’ inspection indiquait des résultats positifs dans d’ autres sites au sein de la concession de la GECAMINES , généralement associés avec la minéralisation du cuivre. Les résultats de ce programme constituent la base de l’industrie d’uranium du Congo . La formation des experts congolais aux techniques nucléaires fait partie du programme.
b/_Les concessions de la MIBA
Le diamant
C’est à Tshikapa et à Mbuji - Mayi dans les provinces du Kasai que étaient principalement produits le diamant. A Tshikapa, la production était réalisée dans une concession aux dimensions fixées par la Belgique. La valeur de ce diamant exploité à Tshikapa est de 80/20.
La principale production en quantité de carats est réalisée par la Société Minière de Bakwanga (MIBA). Environ 75% de la production totale était réalisée à MBUJI-MAYI, comprenant 80% du minerais de qualité industrielle. Le Congo était le premier producteur du diamant industriel.L’exploitation du diamant est pratiquement la seule activité industrielle qui se déroule à Mbuji-Mayi. D’abord, ce sont les gisements de Kimberlite.La MIBA était constituée en décembre 1961 à partir de la société Minière de Beceka - MIBEKA ( elle - même a été créée en 1919 suivant la loi du Congo - Belge). La société d’investissement S.A (SIBEKA) appartenant à la S.G.B. et l’Anglo-American corp. commercialisait la production de la MIBA jusqu’en 1967. Par la suite, cette commercialisation était assurée par ZAIRE- BRITISH DIAMOND DISTRIBUTION Ltd (BRITMOND), de DE BEERS CENTRAL SELLING ORGANISATION (CSO). C’est autour de Mbuji-Mayi que l’exploitation s’organise. A Tshikapa, ces activités avaient cessé en 1966 à cause de la liquidation de la FORMINIERE à la suite des conflits des personnes.
L’exploitation à Mbuji-Mayi se fait dans des mines à ciel ouvert, avec l’utilisation des pelles électriques à mazout; ce sont de grandes pelles utilisées pour creuser le sol. Elles sont utilisées avec des sceaux-dragueurs.
Dans environ 5m3 de terre recueillie, on trouve 1m3 de gravier contenant le diamant. Des camions assurent le transport du gravier vers les installations de rassemblage et de nettoyage à Bakwanga. Les minerais sont nettoyés, ensuite répartis selon leur grandeur et sont envoyés à la première étape qui en détermine la valeur. Les minerais sont alors envoyés au concentrateur central où d’autres produits sont mélangés avec les minerais pendant cette étape de flottement. Le Kimberlite est traité de la même manière, par pulvérisation. Les gisements contiennent le Kimberlite ainsi que les graviers alluvial et éluvial.
L’exploitation du diamant à Tshikapa se fait dans des gisements alluviaux des rivières et par le creusement des sols à gravier. Cette exploitation se fait par des creusements intensifs. Les surfaces de plus en plus étendues d’exploitation du Kimberlite,nécessiteront plus de frais d’exploitation. Il n’existe aucun rapport officiel sur les réserves ou les ressources du diamant du Congo. Il n’existe non plus aucune indication sur la planification de la production à court ou à long terme. La production était maintenue à 14 millions de carats.Le Congo dispose d’une bonne réserve de diamant pour une période de plus de 20 ans.
c/_Les autres concessions
L'étain
Le Congo dispose d’importantes réserves d’étain dans la partie orientale au Katanga et dans l’ancien Kivu. Dans les années 1940, le Congo était le deuxième producteur mondial de l’étain après la Bolivie. En 1945, la production se chiffrait au-delà de 17.000 tm Sn contenus dans la matière brute et dans le concentré. En 1942, la production était d’environ 14.000 tm de métal; elle était destinée à l’exportation et pour soutenir l’effort de guerre des Alliés. La majeure partie de cette production tire son origine des sols alluviaux et éluviaux. Les ressources en étain sont énormes. D’énormes ressources en étain existent au Congo. Ces ressources étaient de 600.000 tm SnO2 dont 3.000 tm à Manono, et 200.000 tm dans la concession de l'UMHK. Le total donnerait une quantité de 653.703 tm SnO2 de réserves pour le Congo.
La principale société a assuré la production de l’étain et de l’or pour huit sociétés dans le Maniema. Quelques unes étaient déjà en activité depuis 1924. Les parts de l’Etat dans cette société étaient de 28% et celles de EMPAIN SCHNEIDER de Belgique et France étaient de 72%. Sa concession était d’environ 9.800 Km2 et la partie exploitable avait une superficie de 1.400 Km2, et les activités se sont développées jusque dans la forêt et la région montagneuse sur une étendue d’environ 90.000 Km2, à proximité de Kindu. Le transport et l’équipement constituaient les deux plus grands problèmes pour l’organisation, avec 17 secteurs et 47 sites d’exploitation.L’étain est exporté en Europe sous forme de concentré, à une teneur d’environ 90 à 95% SnO2. Les sous - produits, tels que le columbite - tentalite, le wolframite, et le monazite sont également produits. La compagnie fonde ses espoirs dans l’exploitation des minerais disponibles et des minerais en formation dans la couche dure de la roche. La production dépend essentiellement du laminoir central de la société dont la production principale est l’écluse.
La GEOMINES disposait de tous les droits. La GEOMINES, créée en juin 1910, a exploité les gisements d’étain de la contrée de Manono dans la Pronvice du Katanga depuis 1911.Congo-RETAIN était le deuxième plus grand producteur du Congo et disposait de l’unique haut - fourneau pour le traitement. La production était de 6.000 tm Sn. La valeur totale de ses ressources était de plus de 163.000 tm contenus dans SnO2. De ce chiffre, plus de 31.000 tm constituaient des réserves de l’ordre de 536 g/m3. La société peut augmenter la production et moderniser ses équipements.
Jadis, l’étain était produit généralement à partir de petits gisements contenant rarement plus de 1.000 tm Sn. En 1934, commença le traitement du pegmatite dur ou irradié. Le pegmatite dur était aussi exploité avec succès, en utilisant un cycle de traitement à trois qui réduit le minerais à 2 mm. Les engins utilisés actuellement sont en activité depuis 1936, et un grand nombre de ces matériels étaient réparés en utilisant des pièces de rechange d’adaptation.
Les besoins de la société en énergie électrique sont satisfaits par une centrale hydroélectrique de 36 MV située à environ 90 Km de Piana Mwanga. La fonderie dispose de deux haut - fourneaux électriques à trois phases pour la réduction et le raffinage. Les concentrés sont fondus deux fois par an. Les métaux et les concentrés sont transportés par camion sur une distance de 25 Km à Lubumba, ensuite acheminés par voie fluvial à Kabalo d’où ils sont envoyés par train à Lubumbashi et expédiés à Kinshasa ou à Bruxelles par voie maritime à partir de Matadi.
Les anciens terrains, où s’ effectuait la production de l’ étain au nord du KATANGA par , l’UMHK, et par la société d’ exploitation et de recherches au Katanga ( SERMIKAT ) sont encore prospectés pour leur exploitation .
La GEOMINES a exploité sa zone d’ étain de 1914 à 1949 et a produit 22.000 tm de cassitérite contenant environ 15.000 tm sn.
L'Or et l'Argent
L’or est le principal métal extrait des gisements de filon , des gisements alluvial et éluvial à l’ est et au nord - est du Congo dans les provinces du Kivu et Orientale . L’argent est un sous - produit de l’ or de première qualité . L’or et l’ argent sont aussi extraits comme sous- produits du cuivre . L'UMHK,KILO-MOTO,etc...produisaient l’or.Au départ , l'UMHK produisait un or de qualité à partir des gisements de cuivre, raffinés à Hoboken. Les gisements des métaux précieux d’ une grande teneur sont connus et d’ autres sont certainement à découvrir.
Kilo-Moto est le plus grand producteur de l’ or du Congo. Il possédait des droits exclusifs d’ exploration minière sur une étendue de 83.000 km2 et dispose d’ une concession minière de 17.631 km2 en Ituri et au Haut-Uélé . L’exploitation a commencé depuis la découverte de l’or près de Bunia en 1903. Ces deux mines produisent environ 23.000 tr oz / an . La production provient de deux mines souterraines et de deux usines de traitement. La mine d’Adidi à Mongbwalu ravitaille l’ usine de Kanga qui a une capacité d’ environ 1.300 tr oz par mois .
Des grues inclinées sont utilisées pour l’ extraction des minerais et les camions entrent jusqu’ à l’ endroit d’ extraction des minerais pour leur chargement dans des camions de 5 tonnes. Les minerais sont alors acheminés à l’ usine de KANGA située à une distance de 6KM. La production des minerais se chiffre à 7.000 tm par mois . Les minerais sont traités à l’usine de Kanga essentiellement dans un circuit à deux temps . La première étape comprend l’ écrasement des minerais jusqu’ à 5mm, suivie de la séparation de l’ or dur en utilisant les appareils de mesure DENVER et les tables de triage . La seconde étape réduit les minerais jusqu’ à moins de 150mm suivie par le contrôle. La cyanidation des sulfures de pyrite , de chalcopyrite et d’ arsenopyrite aide à la récupération d’ environ 30% de l’ or produit . Les minerais de mauvaise qualité ne contiennent pas assez d’ or . Un haut-fourneau est utilisé pour le traitement des minerais de mauvaise qualité. Environ 75% de l’ or est récupéré du laminoir et les concentrés sont mélangés à une proportion d’ à peu près 5kg/J. Ce qui donne une solution de 50% au - 50% ag . Les mélanges des mois précédents sont distillés au début de chaque mois . Ce qui donne le «doré » à une teneur de 86% au , 10% ag , et le reste est en grande partie constitué du cuivre . Le « doré » est envoyé à Kinshasa et Hoboken en Belgique pour être taillé en pièce et être raffiné .
La mine de Moto est située à environ 320 KM au nord de la mine d’Adidi. On accède à la mine de Moto par un système d’ entrée par un puits . L’usine de DURBA , montée en 1958 , exerce la fonction de la concentration de la gravité , de la mesure, du mélange et de la cyanidation. Elle a une capacité générale de 20.000 tm par mois pour le traitement de minerais . Les besoins courants du laminoir n’ excède pas 2.500 tm par mois .
KIlo-Moto dispose d’ une réserve totale de 2,7 millions tr oz Au . La mine d’Adidi dispose de 64.000 tr oz , la mine de MOTO de 643. 000 tr oz , DITO, une mine en réserve 64.000 tr oz et D7 KANGA 1,9 million tr oz . Ces données ne prennent pas en compte des quantités inconnues d’ or dans les résidus , dans les gisements vaseux de l’ usine et les déchets des rochers.Les connaissances sur les possibilités de traitement par D7 Kanga demeurent incomplètes.L’ usine de Kanga fut montée en 1928.
Les autres productions proviennent des gisements de Mobale à Kamituga, un filon riche qui a produit de l’or pendant plus de 50 ans et a donné une production de 644.000 tr oz. Les gisements de Lugushwa sont les derniers gisements alluviaux de l’or encore en exploitation avec environ 25.OOO tr oz qui restent à exploiter. L’or primaire ou du filon a été découvert et examiné à Lugushwa, Nomoya et Twangiza. Ce dernier a connu une étude de faisabilité complète pour une exploitation éventuelle.
La mine de Mobale à Kamituga est située à la partie sud, une zone en pente s’étendant de l’est à l’ouest et la transformation de l’or se fait dans les roches quartz dans le schistore- neissic, roche de la campagne. De nombreux cas de plissements et d’éboulements ont causé beaucoup de petites fissures, qui entraînent quelques fois les sulfures avec ses produits dérivés. Deux grandes Zones de filon avec un troisième prolongement qui ne comprend pas la deuxième surface à un niveau de 980 m jusqu’à un niveau 745 m par rapport à la mine. Une quatrième Zone de filon, s’étendant sur une région située entre les digues de pegmatite, était exploitée entre 1963 et 1972 à un niveau de 910 m de manière très serrée. Environ 4.000 tm de minerais sont exploités mensuellement et sont chargés dans des camions. Après avoir franchi la pente et atteint la surface, les véhicules sont poussés par de petits moteurs diesel jusqu’à l’usine, sur une petite distance à partir de la pente. La capacité initiale de broyage du laminoir est de 10 tm/h. Les tables WILFLEY procèdent à la séparation de la gravité qui est alors fusionnée; Les sulfates sont cyanurés. Environ deux tiers (2/3) de la production proviennent de la fusion et le reste provient de la cyanidation. La fonte se fait deux fois par mois. On produit alors quelques milliers de lingots tr oz par mois qui sont acheminés à Hoboken en Belgique pour la poursuite du traitement.
Les réserves totales sont de l’ordre de 1.545 millions tr oz, desquelles seulement environ 41.000 tr oz sont éluviales et alluviales à Lugushwa et à Mobale. Le reste des réserves est constitué de gisements de filon.
La bauxite et l'aluminium
Les gisements d’aluminium sont situés dans le Haut-Uélé, dans la partie orientale du Congo et dans le Bas-Congo. C’est seulement au Bas-Congo où ces ressources sont évaluées à 132 millions tm contenant 40 % d’aluminium, 8 % de silica et de 15 à 20 % de l’oxyde de fer. C’est seulement le Bas-Congo donc qui présente un réel intérêt.
Le colombium-tantalium(coltan)
Le columbite et le tantalite sont les principales sources du columbium-tantalium du Congo. Leur production et leur histoire sont allées de pair avec le développement de l’industrie de l’étain, à partir de laquelle ils sont en général produits sous forme de sous-produits. Le columbium et le tantalum sont exportés comme concentrés par les deux sociétés et comme déchets de l’acier par CONGO-ETAIN. Les gisements alluvial et éluvial, les massifs de pegmatite et de granit en constituent les sources. Le carbonite peut devenir une nouvelle source s’il produit le pyrochlore.
Les gisements sont logés dans une région montagneuse ayant des forêts et une altitude de 1.000 m. L’exploitation peut se faire de façon artisanale, avec l’utilisation des boîtes servant d’écluse et de nettoyage avec un système de circulation dans une zone inhabitée.
A Manono, CONGO-ETAIN produit le concentré de Columbite-tantalite d’une teneur de 65 % Cb2O5 et Ta2O5 avec la présence ou non d’un peu de monazite. Avec un long processus de traitement d’une partie de ses concentrés de cassitérite, la compagnie arrive à produire et à commercialiser les déchets de l’acier contenant environ 15 % du mélange columbium-tantalium. La production columbium-tantalium est bien constante, elle est de 1:1. Les réserves minières sont constitués d’environ 10.000 tm du mélange de Cb2O5et Ta2O5.
La teneur du phosphore dans les concentrés est élevée à cause de la présence du crandolite.
Les réserves sûres des minerais étaient de 2 millions tm pour une teneur de 2,2% Cb2O5. Les rochers nouveaux et non altérés contiennent moins de 0,5 % Cb2O5 et sa production n’est pas envisagée. Les réserves du Congo en minerais de columbium-tantalium ne sont pas connues, y compris celles de sept secteurs de production du sous-produit columbite-tantalite de la concession de Kivu-Maniema et du secteur de charbon de BINGO.
Le lithium
Les ressources en lithium du Congo sont associées avec les gisements de pegmatite de Manono-Kitololo dans la province du Katanga . Manono et Kitololo représentent respectivement la partie est et la partie ouest du laccolite . Chaque partie mesure 5.000 m de longueur et 400 m de largeur . Le gisement de Manono est exploité pour l’ étain et le columbite - tantalite. Le volume total du laccolite est d’ environ 70 millions cm3. Il contient 0,8% Li mais irrégulièrement réparti.
Le manganèse
Le Congo possède une zone riche en manganèse à l’ouest de la province du Katanga à Kisenge, à environ 60 Km de Dilolo sur la frontière avec l’Angola, et à Kasekelesa, également dans la Province du Katanga. L’exploitation des gisements de Kisenge était stimulée par un contrat d’achat des stocks de réserves de manganèse sur une longue période, accords conclus avec les Etats-Unis en 1949. Entre les années 1940 - 1955, environ 61% de toutes les exportations étaient destinées aux USA, surtout le minerais avec une grande teneur pour le mélange avec les produits d’une faible teneur.
C’était la société BECEKA MANGANESE. créée en 1950 et était au départ une filiale de la société Générale. Elle a commencé à produire en 1950 et vers 1954 la production était chiffrée à plus d’un million tm/an, comprenant les minerais et les déchets. Les ressources souterraines sont peut-être de 3 millions tm MnO2 et plusieurs tonnes de minerais de carbonate.
Le monazite
De nombreux gisements d’étain et d’or contiennent du monazite, surtout dans les Provinces du Kivu et du Maniema. Les gisements de Kabengelwa dans le secteur minier Obaye possèdent de riches europium36-monazite dans les secteurs alluviaux et les résidus d’étain. Les premières ressources du minerais étaient très abondantes. Le carbonate de Bongo aussi renfermait le monazite associé avec le zircon, mais le carbonate de Lueshi ne contenait pas le monazite.
Les réserves en monazite dans le secteur Obaye sont situées dans deux gisements distincts. Les gisements de Kabengelwa contiennent 1.100 tm de monazite avec une teneur de 2,8 kg/m3. Le gisement de Mashabuto dispose de 45 tm avec une teneur de 3 Kg/m3.
Le tungstène(wolframite)
Le tungstène (wolframite= est utilisé pour fabriquer les filaments des lampes à incandescence.
Toute la production est un sous - produit tiré des activités d’ exploitation de l’ étain dans les provinces du Kivu et du Maniema. Le wolframite est exploité en association avec les couches de quartz dans les schistes, d’ habitude avec une petite quantité en cassitérite et en columbite - tantalite. Les concentrés sont tous destinés à l’ exportation à une teneur d’ environ 65% wo3.
Les réserves totales probables se chiffraient à 1.888 tm wo3 .
Le pétrole et le gaz naturel
L’exploration active avait commencé en 1962 au large de la côte du Congo par l’étude du mouvement sismique. L’huile brute, dit-on, n’est pas traitable par la raffinerie locale,l’unique raffinerie de Kinlao. Les produits raffinés sont aussi importés à cause de leurs prix dumpés.
La société SOCIR gère l’unique raffinerie du pays à Kinlao, près de Moanda. Le partenariat de la SOCIR était constitué par : l’Etat et la société AZIENDA GENERALE ITALIANA PETROLISPA (AGIP). L’AGIP était désignée en qualité de Raffineur devant traiter 17.000 bbl/j principalement du brut léger d’Iran. Cependant l’usine n’a jamais atteint cette capacité.Les autres sociétés privées peuvent importer directement tout produit raffiné. La distribution à travers tout le Congo est assurée par FINA, MOBIL OIL Co, SHELL OIL Co, TEXACO OIL Co et PETROCONGO.
D’énormes réserves des gaz découvertes en 1950 existent dans les profondeurs du Lac Kivu. Cependant, à cause de la faible teneur du méthane dans ce gaz comprenant surtout de l’oxyde de carbone, et les profondeurs des dépôts à plus de 250 m, un développement immédiat a été jugé trop coûteux. Les estimations des réserves du gaz naturel du lac sont de plus de 60 milliards de m3. Le méthane résulte de l’action continue bactérielle des anaérobies, due généralement à la digestion biologique des sédiments au fond du Lac.
12/-La Géopolitique
121/-Les Traités léonins
a/_Le Traité de Vivi du 13 juin 1880
Le dictionnaire dit qu’un génocide est un crime commis contre un peuple, un groupe national , ethnique ou religieux.
Dans sa limpide sobriété , cette définition confirme dans toute sa vérité accablante que la nord-barbarisation de la prospérité du Sud par les barbares venus du Nord est un crime contre l’humanité.
Ce Traité est l’Acte fondateur dont s’est prévalu ce Léopold II , en 1885, à la Conférence Internationale de Berlin, pour se faire reconnaître par les Puissances participantes comme Monarque du Bassin Conventionnel du Congo.
Voici la traduction du traité rédigé en anglais :
Art.1 : Les Chefs mentionnés ci-dessus (Vivi Mavungu, Vivi Nku, Nguvu Mpanda, Mbenza Ne-Kongo, Kapita) reconnaissent qu’il est hautement désirable que le C.E.H.C., crée et développe dans leurs Etats des établissements propres à favoriser le commerce de troc et à assurer au pays et à ses habitants les avantages qui en découlent. A cet effet, ils cèdent et abandonnent en pleine propriété au C.E.H.C. le Territoire compris dans les limites suivantes : à l’ouest, au nord et à l’est les rives gauches de la rivière Lufu, et au sud, les districts de Kulu et Kongo.
Art.2: Les Chefs du district de Vivi déclarent solennellement que ces territoires font partie intégrante de leurs Etats et qu’ils peuvent librement en disposer.
Art.3: La cession des territoires spécifiés au dernier paragraphe de l’Art. 1 est consentie moyennant le paiement, à chacun d’eux, des articles et marchandises suivants : une tunique d’uniforme ( militaire) , un bonnet, un collier de corail, un couteau, et le paiement mensuel de deux pièces d’étoffe à Vivi Mavungu et d’une pièce aux autres chefs : Vivi Nku, Nguvu Mpanda, Mbenza Ne-Kongo, Kapita.
Art.4: Le Comité d’Etudes s’engage expressément à laisser aux natifs établis sur les territoires cédés la propriété et la libre jouissance des terres qu’ils cultivent actuellement pour leurs besoins. Il promet de les protéger , de défendre leurs personnes et leurs biens contre les agressions ou les empiétements de quiconque porterait atteinte à leur liberté individuelle ou chercherait à leur enlever le fruit de leurs travaux.
Art.5: Les Chefs du District de Vivi accordent en outre au C.E. :
a) le droit, réservé à lui seul, à l’exclusion de tous les étrangers (strangers and foreigners, c’est à dire des Noirs non originaires de Vivi et des Blancs venus d’outre-mer ) d’ouvrir n’importe quelle partie du district de Vivi par la construction des routes et de pistes, de ponts ou de n’importe quel autre moyen de communication facilitant les déplacements dans le district ;
b) le droit, réservé à lui seul, à l’exclusion de tous les étrangers, de cultiver n’importe quelle partie du District de Vivi, à l’exception des terres nécessaires aux natifs eux-mêmes pour leur propre subsistance et usage ;
Et pourtant, on voit bien que ces Chefs Traditionnels n’ont jamais investi Léopold II , Roi des Belges, en qualité de Roi Souverain d’un Etat Indépendant du Congo. C’est donc, par la force brutale que cela le fut . De même , la soumission des populations congolaises aux corvées de la cueillette, du portage, des travaux forcés d’une administration étrangère..., n’ a jamais été convenue. Les brutalités sanguinaires auxquelles ces populations sont victimes depuis plusieurs siècles ( esclavage, fouets, mutilations, assassinat, vandalisme et appauvrissement de leurs économies , sabotage des termes d’échanges de leurs productions , privations, ignorance, maladies de masse , épidémies , misères, déportations, ..., génocide ),sont le fait de la volonté de puissance de la nord-barbarie-structure. Ces populations esclavagisées , qu’elles soient congolaises, africaines , mayas, aztèques, ... sont devenues des simples appendices de la civilisation militaro-industrielle , voulue et imposée par la nord-barbarie.
b/_La Résolution n°68 du Sénat américain du 22 avril 1884
Pour Stanfort et ses amis politiques d'Outre-Atlantique,l'entrteprise de Lépold II semblait offrit une possibilité de résoudre le problème des Noirs américains par le retour à la terre de leurs ancêtres.Ces efforts aboutirent enfin sous l'Administration Arthur.A la mort du Président Garfield(19 septembre 1881), le Vice-Président Chester Alan Arthur prit possesion de la Maison Blanche. Trois jours après l'entrée en fonction du nouveau Président,le Secrétaire d'Etat James G.Blaine offrit sa démission.Le 19 décembre 1881,il fut remplacé par Frederick Theodore Frelinhuysen.C'est par cette relation que Léopold II a pu introduire une requête auprès du Président des Etats-UNis pour obtenir la Reconnaissance Internationale du Drapeau de l'AIC qui gouvernerait les Etats Libres du Congo,créés par le Traité de Vivi,comme Puissance amie.Le 13 mars 1882, Léopold II avait rédigé une note sur la possibiloité juridique de fonder un nouvel Etat.Et, le 15 novembre 1883, Léopold II donna des gages au Président Arthur en précisant que "Les Etats Libres du Congo se gouvernent seuls d'après les principes modernes qui règlent la législation des Etats civilisés; ils forment une Union d'Etats et dans leurs lois on trouvera de nombreux emprunts faits à la législation des Etats-Unis d'Amérique,de l'Angleterre et de l'Autruche.L'Union des Etats Libres du Congo élira son Chef.Pour le moment,l'Association qui pourvoit à ses dépenses,fournit le Chef de l'Union dans la personne de son principal Agent en Afrique,M.Stanley.L'Association, dès que le déveppemnt des ressources des Etats Libres le permettra,cessera sa tutelle et se dissoudra.Son but sera atteint, sa mission terminée,lorsqu'elle aura établi dans la Bassin du Congo, une organisation politique indépendante pouvant marcher sans subsides et assurer l'expansion libre du commerce et celle de la civilisation et de l'abolition de la traite.Le Pésident Arthur transmit cette requête au Sénat et la Chambre réunis,le 25 février 1884.La Résolution n°68 fut adoptée le 10 avril 1884.Le lendemain,cette résolution fut communiquée officiellement au Président Arthur qui, le 12 avril,la transmit au Secrétaire d'Etat.Le 22 avcril 1884 ,le Secrétaire d'Etat fit une Déclation officielle par laquelle il informait les Puissances du Monde la Reconnaissance des Etats Libres du Congo.
c/-Les Accords de la Table Ronde de Bruxelles(janvier-février 1960)
Le Gouvernement belge connaissant la naïveté et surtout l'avidité des Leaders congolais en général ,et surtout l'hystérie des populations congolaises au mot magique de l'Indépendance,dès l'ouverture des Travaux de cette Conférence ,fait savoir qu'il accepte d'accorder l'Indépendance du Congo à la date de 30 juin 1960,c-à-d,dans quatre mois.Le lendemain,la Conférence adopte une série des Résolutions,souvent à l'unanimité.C'est ainsi que passeront dans le compte des pertes et profits tous les patrimoines accumulés par le labeur et le sacrifice du peuple congolais des siècles durant, en adoptant la Résolution n°14 confiant à une Conférence des problèmes économiques,financiers et sociaux,le soin de préparer le contenu des conventions d'assistance technique et économique qui devraient intervenir entre la Belgique et le Congo.On comprend très bien que toute cette littérature ne voulait rien dire, puisque la question qui se posait était celle de la succession de l' Actif et le Passif de l'Etat du Congo-Belge au profit de l'Etat de la République du Congo. Un Traité de Cession devait organiser cette sussession.Ce qui n'a jamais été fait,consacrant ainsi un vide juridique et un contentieux non résorbés jusqu'à ce jour.
d/-La convocation par le Roi des Belges des Chambres législatives belges et congolaises en Session extraordinaire
Le 16 juin 1960,le Roi a pris deux Arrêtés Royaux portant convocation de ces deux Parlements distincts.Le 17 juin 1960, le Parlement Congolais s'est réuni pour élire ses Bureaux provisoires et valider les pouvoirs de ses membres, tandis que celui de Belgique a siégé et adopté la Loi d'Option qui nationalise 500 entreprises de droit congolais, transférant ainsi,dans le patrimoine de la Belgique, une valeur égale ou supérieure à 180 milliards de francs belges.Le même jour,le Roi nomme Monsieur Joseph Kasa-Vubu,Formateur du Gouvernement congolais,issu des élections législatives du mai 1960(en remplacement de Monsieur Patrice Lumumba, déchargé de sa mission d'Informateur,le 16 juin 1960).Le 18 juin,le Formateur,Monsieur Kasa-Vubu dépose son rapport en récommandant la nomination de Monsieur Lumumba au poste de Premier Ministre.
122/-La dénonciation des Traités léonins
En décidant la dénonciation des conventions du 6 février 1965 et la réouverture du contentieux belgo-congolais, la République Démocratique du Congo s’est fondée sur les principes de Droit, d’équité et de justice repris ci-dessous :
1°Respect du principe de la Légalité
La loi du 17 juin 1960 a été votée par le Parlement belge en violation de l’article ler de la Charte coloniale (Loi belge interne), de la Loi Fondamentale du 19 mai 1960 et des Accords de la Table Ronde. En effet, d'après la Charte coloniale, le Congo-Belge et la Belgique jouissaient de personnalités juridiques distinctes, et, par conséquent, leurs patrimoines ne pouvaient pas se confondre. Ensuite, le Parlement belge ne pouvait plus légiférer sur le Congo, dès lors que la Loi Fondamentale devant régir le Nouvel Etat avait déjà été adoptée et avait donné naissance à la République du Congo. Parlant de la violation des résolutions de la Table Ronde par la partie belge, il est impérieux d’établir cette violation dans tous ses contours.
En effet, avant d'évoquer les violations systématiques des résolutions de la Table Ronde par la partie belge, il est nécessaire de circonscrire le cadre juridique dans lequel ces résolutions avaient été adoptées par les parties belge et congolaise.
Vers fin janvier 1960, les délégués congolais et belges avaient passé deux jours de discussions pour définir la nature de la Table Ronde. Ainsi de commun accord, il avait été convenu que la Table Ronde revêtait le caractère d'une véritable constituante.
Etant donné que cette constituante liait deux Nations, dura lex sed lex les résolutions qui en sont sorties revêtaient elles aussi un caractère international. De ce point de vue, les différends résultant des violations de ces résolutions peuvent être réglés par le droit international.
Par ailleurs, en matière de succession d’Etats, c’est l’Etat successeur qui est en droit d’ouvrir l’option de nationalité aux personnes physiques et morales antérieurement détentrices de la nationalité de l’Etat prédécesseur. En l’occurrence, c'est au nouvel Etat congolais qu'il appartenait d'offrir cette possibilité aux Sociétés établies sur son territoire, encore que celles-ci étaient de droit congolais.
La Loi du 17 juin 1960 et le Décret du 27 juin 1960 violent donc ce principe de droit international.
Enfin, la Belgique étant l’auteur de la dissolution des sociétés à charte, c'est à elle, et à elle seule, qu'il incombait d'indemniser leurs actionnaires dont le Nouvel Etat congolais lui-même.
2° Respect des engagements internationaux et du Droit International en matière de succession.
PACTA SUNT SERVANDA
La Loi du 17 juin 1960 et le Décret du 27 juin 1960 ont été pris par la Belgique, en violation des engagements souscrits par elle, lors des deux Tables Rondes de janvier et d'avril 1960. Cela a déjà été relevé s'agissant de la violation par la Belgique des Résolutions des Tables Rondes Politique et économique.
3° Exception « NON ADIMPLETI CONTRACTUS »
En vertu de ce principe, l’une des parties, dans une convention, ne peut se considérer comme liée que dans la mesure où l’autre partie respecte les clauses da la Convention.
Qu'il s'agisse d'un contrat de droit interne ou d'un Accord international, le principe reste le même, conserve sa validité.
En face d'une violation ou de l’inobservation d'une clause, l’autre peut valablement se délier de ses propres obligations aux torts et dépens du défaillant. En l’occurrence la Belgique qui a reconnu la pleine propriété du portefeuille au Congo (article 15) refuse obstinément de verser directement les dividendes qu’elle a fait consigner dans un compte bloqué sous prétexte de rétention pour des créances éventuelles (d’ailleurs non liquides), qu'elle aurait vis-à-vis du Congo. Qui peut le plus peut le moins. De ce chef le Congo qui peut désormais ignorer les obligations résultant de la Convention peut à tout le moins demander la réadaptation ou la révision de celle-ci.
Certes, il existe un échange de lettres dans lesquelles il aurait été convenu que les créances existant sur le territoire de chacune des deux parties contractantes pouvaient être consignées dans un compte bloqué mais ces lettres n'ayant pas été publiées dans le même document que la Convention, ne font pas partie intégrante de celle-ci. En conséquence la teneur de ces lettres ne nous engage pas, de même que les dispositions de ces Conventions. Du reste, ces créances ne font pas nécessairement partie des dividendes provenant des actions et titres dont pleine propriété a été reconnue au Congo, sommes qui sont précisément consignées dans ce compte bloqué. Dès lors, notre thèse suivant laquelle la Belgique aurait violé ces engagements résultant des termes des Conventions reste pertinente.
4° Les Conventions entre Etats se concluent et s'exécutent de bonne foi br>
Au moment de l’accession du Congo à l’indépendance, le Royaume de Belgique n'avait pas formé plus de dix diplômés d'enseignement supérieur ou universitaire. Le pays ne disposait donc pas de cadres expérimentés ni préparés aux négociations internationales.
Au lieu d'assister le nouvel Etat conformément à l’esprit et à la lettre du Traité général d'Amitié, d'Assistance et de Coopération technique, le Gouvernement belge a tiré avantage des faiblesses, de l’inexpérience et des insuffisances du nouvel Etat pour lui faire conclure des contrats léonins qui lésaient totalement ses intérêts comme en témoignent les dispositions querellées de l’article 18 de la Convention du 6 février 1965.
5° La clause ‘’Rebus sic stantibus"
Cette clause est tacite dans toutes les Conventions internationales qui ne la stipulent pas.
Il en découle que les conventions ne sont valables qu’aussi longtemps que les circonstances qui ont prévalu lors de leur conclusion demeurent.
La découverte de faits nouveaux qui n'avaient pas été pris en compte par les Conventions du 6 février 1965 fonde, en droit, le Congo à dénoncer lesdites Conventions et à demander la réouverture du contentieux.
6° "Fraus Omnia Corrumpit" La fraude corrompt tout
La Loi belge du 17 juin 1960 sur l’option de nationalité accordée aux sociétés coloniales constitue l’illustration de la fraude et de l’abus de droit dans le chef de la Belgique à la veille de l’indépendance congolaise. Cette Loi est contraire au principe de principal établissement fixé par l’article 197, du Code de Commerce belge, en ce que certaines sociétés dont le siège était établi au Congo (SERMIKAT, COBELKAT, ....) avaient fait usage de cette loi.
Idem de la fraude, des pressions et autres manoeuvres que constituent la mise en gage des exportations congolaises pendant 40 ans (au maximum) pour le paiement des porteurs belges des titres d'emprunt du Fonds Belgo-congolais d'Amortissement et de Gestion, l’interdiction de contester la validité des Accords TSHOMBE-SPAAK, le mandat obtenu pour des prélèvements automatiques sur les recettes d'exportation du jeune Etat congolais, l’exclusion de tout recours aux principes d'équité et de justice, dans l’interprétation du contenu de ces Accords, la rétention des titres par le Congo dans les sociétés de la liste 6, pour le règlement d'autres litiges etc. Ces dispositions sont exorbitantes, dérogatoires au droit commun, au jus -gentium et constituent une atteinte grave à la souveraineté permanente des Etats sur leurs ressources naturelles.
7° « Nemo Auditur Turpitudinem suam allegans ». Nul ne peut se prévaloir de sa propre turpitude pour se faire reconnaître un droit
L'absence de bonne foi et le caractère à la fois frauduleux et léonin qui entachent les Conventions du 6 février 1965 et créent au profit du Gouvernement belge et au détriment du nouvel Etat un déséquilibre manifeste des intérêts, alliés au fait que ces Conventions n'ont pas embrassé tous les éléments du contentieux, ne permettent pas à la Belgique de s'en prévaloir contre le Congo qui l’a dénoncée.
8° L'équité et la Justice
Les Accords TSHOMBE-SPAAK qui ont été entachés de dol en défaveur de l’Etat Congolais, dans la mesure où non seulement la délégation congolaise n’était pas, à l’époque, suffisamment étoffée des spécialistes, mais ne détenait pas tous les éléments d'appréciation en ce qui concerne la valeur réelle du Portefeuille et l’ensemble des dettes belges à l’égard du Congo, en sorte que sa bonne foi a été abusée par la partie belge.
Pour clarifier la situation des dettes et celle du Portefeuille, afin d'opérer en conséquence, une répartition équitable des droits et des charges de la Belgique et du Congo, les deux parties doivent
procéder à un réexamen minutieux de l’ensemble de la question des dettes et du Portefeuille, et dans ce dernier cas, de la structure du capital de chacune des sociétés composant ledit Portefeuille.
9° Contradiction des Conventions
a) Contradiction entre les articles 4, 18 & 2 et les lettres échangées conformément à l’article 4 alinéa 1
En effet, l’alinéa 1 paragraphe 1 de l'article 4 de la première Convention se réfère à un échange de lettres entre les deux Gouvernements.
Ces lettres, selon les textes de cet alinéa 2 & 1 de l’article 4, sont partie intégrante de la Convention. Or, la teneur de ces lettres échangées est telle que la Belgique assumera la charge exclusive de cet emprunt, alors que l’article 18 § 2 limite l’intervention de la Belgique aux prélèvements opérés avant 1960.
b) Contradiction entre les articles 3, 4 et l’article 14 de la lere Convention du 6 février 1965
En effet, alors que l’article 14 stipule que "Le règlement de la dette publique du Congo belge, faisant l’objet des dispositions qui précèdent, constitue une solution où chacune des Hautes Parties Contractantes réserve sa position juridique en ce qui concerne la reconnaissance de la dette publique du Congo belge", les articles 3 et 4 stipulent respectivement ce qui suit :
Article 3 :
§ 1. Le Congo assume, à tous égards, la responsabilité exclusive de la partie de la dette publique reprise à la liste 2 qui est annexée à la présente Convention et qui en fait partie intégrante.
§ 2. En ce qui concerne les titres de la dette visée au § 1 ci-avant qui sont détenus par l’Office de sécurité sociale d'outre-mer et par la Caisse d'Assurance du Congo Belge et du Ruanda-Urundi, le Congo assumera la charge des obligations, échues ou à échoir, telles qu'elles résultent desdits titres et des contrats d'emprunt.
Le service financier est assuré en francs congolais dont le transfert n'est soumis qu’au dispositions générales de la réglementation Congolaise des échanges.
§ 3. Les titres mentionné sous le § 2 de la liste 2 dont question au §.1 du présent article, seront présentés par le Congo au Fonds belgo-congolais visé à l’article 5 de la présente Convention, pour leur estampillage avant l’émission de l’emprunt prévu à l’article 5, § 2, 2° ci-après.
Article 4 :
§ 1. La Belgique assume, à tous égards, la responsabilité exclusive de la partie de la dette publique reprise à la liste 3 qui est annexée à la présente Convention et qui en fait partie intégrante.
La prise en charge du prêt "Loan n° 252 BE 6 % 1960" octroyé en dollars des USA par la Banque Internationale pour la Reconstruction et le Développement est réglée entre les deux Gouvernements par un échange de lettres qui font partie intégrante de la présente Convention.
§ 2.Pour ce qui concerne les Conventions des prêts intervenus entre le Congo - Belge et la Banque Internationale pour la Reconstruction et le Développement, la partie de la dette publique visée au § 1. du présent article ne comprend pas les prélèvements effectués par le Congo-Belge, avant le 30 juin 1960, en exécution de ces Conventions.
Certains milieux politiques et des médias belges, ayant cru, d'orès et déjà, devoir opposer au Congo l’exception de "Prescription", il importe de clarifier, en fait et en droit, ce point capital.
10° L'absence de prescription des dettes et obligations de la Belgique au titre de la succession d'Etats
La Belgique ne peut aujourd'hui se prévaloir juridiquement des Conventions TSHOMBE-SPAAK du 6 février 1965 pour invoquer la prescription puisque ces Conventions aussi immorales que léonines ont été dénoncées par le Gouvernement Congolais en Mai 1966 et suite à cette dénonciation, le Gouvernement Belge qui avait bien perçu le bien fondé de la démarche congolaise a accepté la réouverture du contentieux.
>br>De nouvelles négociations ont été engagées entre les deux Gouvernements, dans le cadre de ce contentieux en 1966, prouvant ainsi l’inanité et la caducité des dites conventions. Ces négociations ont été menées au niveau le plus élevé des Chefs de Gouvernements ( Monsieur Van Den BOEYNANTS et feu le Général MULAMBA, assistés de leurs Ministres des Affaires étrangères ( HARMEL et BOMBOKO ) - ANNEXE VII.-
Il est clair, par cette attitude, que le Gouvernement belge a donné acte au Congo de la dénonciation de la Convention et a renoncé, à l’époque, à se prévaloir de l’article 18 et de la 1ére Convention elle-même. On notera que le raisonnement est similaire dans le cas du ".FORUM PROROGATUM" .
Jacques BRASSINNE, du centre de recherche et d’informations socio-politiques belge, en abrégé " CRISP " écrit dans la " Coopération belgo-congolaise 1960-1985 ", courrier HEBDMADAIRE 1099-1100 du 29 novembre 1985, ce qui suit :
a) Page 16-17 : De novembre 1965 à la crise de 1967
La situation devait s'envenimer lorsque le Congo remit en question les accords relatifs au Contentieux belgo-congolais signés en février 1965 par Moïse TSHOMBE... "
b) Page 19 " "
".... Malgré le fait que depuis la fin de 1966, en matière de contentieux, chaque pays restait sur ses positions..."
Or, depuis lors, au delà de quelques points qui ont fait l’objet de négociations du 13 au 26 Mai 1966, aucun texte bilatéral n'est venu sceller ces négociations interrompues depuis 1966 et que le Congo demande de reprendre.
Pour nous, il ne s'agit rien moins que de continuer les négociations entamées de bonne foi en 1966 et la Belgique ne saurait se prévaloir de quelque disposition que ce soit pour refuser de poursuivre ces négociations.
On fait d'ailleurs un raisonnement similaire en cas de guerre. Tant qu'aucun traité de paix n'est signé entre belligérants, ceux-ci peuvent se considérer en état de guerre ou de belligérance technique.
13/-La Géostratégie
131/-Le Spectre de fin de règne
a/-Les macaques
Pendant toute la colonisation,les blancs appelaient tous les Congolais des macaques,des singes,sauf quelques détenteurs de la carte d'"immatriculé" qui est une invention de l’administration coloniale,décernée à cet oiseau très rare, supposé vivre à "l’européenne", avoir de bonnes mœurs et de bonnes conduites. 217 cartes seront distribuées jusqu’en 1958 (sur 13 millions de congolais !).
b/-Le Soulèvement populaire du 4 janvier 1959
Le soulèvement populaire du 4 janvier 1959 a offert un pretexte aux racistes de tout bord de se livrer à une propagande hystérique("le Congo aux Congolais,ce seront le chaos,les guerres tribales généralisées), comme celle qui était méthodiquement organisée en 1921 autour du Mouvement de Libération de Simon Kimbangu.De l'anthropophagie jusqu'à la déstruction de l'outil de travail.Tout y passait.Pendant les six derniers mois de la Colonie tous les blancs vivaient dans une peur pathologique.L'extrait repris ci-après donne une idée d'une de ces progandes infectueuses auxquelles mêmes ceux de bonne foi, ne pouvaient résister.
c/-Le Plan de Laeken
Terrifié par les événements du 4 janvier 1959(imprévisibles dans cet oisis de paix qu'était le Congo-Belge),le Roi convoque le Conseil de la Courrone en session de crise. Le Conseil prit la très grave décision de partitionner le Congo en un Etat Indépendant et une Province autonome.L'Etat devait être organisé autour de la Route du caoutchouc et de l'ivoire,tandis la Province autonome(qui devait rester attachée à la Belgique),comprend tous les Territoires autour du Réseau Minier.La Grande-Brétagne et le Cabinet Eisenhower ont adhéré et soutenu ce Plan.
d/_LE LEGS DE LA BELGIQUE AU CONGO
L'Indépendance et...
100 milliards !
par Jacques DUBOIS,
Délégué en Belgique de la Fédacol,
Vice-président de la Société de Crédit
aux Classes Moyennes et à l’Industrie.
A maintes reprises, lors des séances de la Commission qui fut présidée avec tant de doigté et d'intelligence par M. le Vice-Gouverneur de VOGHEL et, par la suite, au cours de la Conférence Economique, j'ai entendu certains délégués congolais protester contre les dettes laissées par la Belgique au futur Etat du Congo, nous reprochant nos erreurs, notre mauvaise gestion et nos gaspillages. Les hauts fonctionnaires présents qui laissèrent passer sans les réfuter ces accusations répétées, semblèrent ainsi en reconnaître le bien-fondé.
Certes, sauf s'il ne fait rien, chacun commet des fautes, et il aurait été trop simple de donner à nos amis congolais et à leurs conseillers rendez-vous dans un an par exemple...
Mais ce qu'il fallait dire, et tout de suite, c'est qu'en contrepartie de ce passif existait un actif beaucoup plus important. Sans doute aucun, la succession laissée par les Belges aux Congolais est largement bénéficiaire. II a fallu des capitaux énormes pour construire des routes, des ponts, des hôpitaux, des écoles, des maisons, des aérodromes. Mais ceux-ci ont augmenté d'autant l'actif du Congo, qui servira de garantie aux emprunts considérables qui seront nécessaires dans l'avenir.
La plus grande partie de ces capitaux, que l'on ne l'oublie pas, provient soit des épargnants belges qui ont eu confiance dans les emprunts congolais, soit d'emprunts étrangers garantis par la Belgique.
A côté de ces valeurs matérielles, il en est d'ailleurs d'autres qui assureront au futur Etat la prospérité sans laquelle il n'est pas d’indépendance. Je citerai, par exemple, les études longues et coûteuses qui ont permis aux centaines d'agronomes de l'Ineac de mettre au point des cultures adaptées au sol congolais ( le coton, le café, le palmier ), de sélectionner le bétail, d’étudier la lutte contre les maladies et les parasites.
Dès à présent, les résultats acquis apportent au Congo des centaines de millions de produits d'exportation, ainsi qu'un progrès considérable dans l'alimentation et le standing des populations.
Citons également l'organisation de l'administration, de la justice, de tous les services sans lesquels il n'est pas d'Etat viable. A ces valeurs léguées ainsi au gouvernement congolais, s'ajoute l'énorme enrichissement apporté au pays et aux populations du Congo par les entreprises privées grandes et petites.
Non seulement je songe aux industries ultramodernes qui assurent la captation de l’énergie et l'extraction de minerais, mais encore et surtout aux plantations, aux dizaines de milliers de plantations grandes et petites qui furent créées de toute pièce dans la brousse ou la forêt défrichées, aux champs plantés, aux routes tracées, aux habitations construites et aux productions agricoles qui constituent une des plus importantes ressources présentes et futures de l'Etat du Congo.
Tous ces efforts, toutes ces dépenses ont abouti à la formation de dizaines, voire de centaines de milliers de travailleurs et de commerçants, d'ouvriers qualifiés, de techniciens et de contremaîtres.
La valeur des entreprises privées est difficile à établir d'une façon certaine, mais des renseignements sérieux ont permis de les estimer à quelques 180 milliards.
Mais, en dehors de ce qui appartient à des sociétés ou à des particuliers, nous avons pu, grâce à l'obligeance des services d'Inforcongo, établir la valeur du legs laissé en toute propriété par la Belgique au Congo; ce legs est prestigieux
L'actif laissé par la Belgique aux Congolais s’élève à plus de 100 milliards de Francs belges !
CONCLUSION
De ce qui précède, on peut conclure que les reproches qui nous ont été adressés par certains Congolais - et par certains Belges - de laisser au Congo un lourd passif, ne sont pas fondés. La balance largement bénéficiaire de notre succession démontre que si des fautes ont été commises, l'oeuvre que nous avons accomplie au Congo a, dans l'ensemble, été hautement profitable au pays et aux populations congolaises.
Et si la situation financière s'est détériorée au point où elle l'est actuellement, il est incontestable que certaines déclarations, qui ont provoqué l’ incertitude quant au sort des Européens du Congo et de leurs entreprises, n'y ont pas été étrangères.
Que les Ministres Congolais qui, le ler juillet 1960, recevront la direction du pays, prennent conscience de leurs responsabilités et de leurs devoirs; grâce à leur sagesse, la confiance reviendra aussi vite qu'elle avait fui. Des Européens, et nous l'espérons, en premier lieu des Belges, reviendront en grand nombre y développer et créer de nouvelles entreprises; une prospérité plus grande que jamais permettra aux populations congolaises de continuer à améliorer leur bien-être - premier souci de tout gouvernement digne de ce nom.
Extrait d'EURAFRICA - N° 9 - Juin 1960.
L'annexe de la présente étude sur l'audit de l'Office des Douanes Colonial(ODC),démontre le contraire de ce criminel article.
132/-Hold-up d'Etat belge du Patrimoine congolais
a/_La Loi du 17 juin 1960
Il avait été convenu, par écrit, entre les Belges et les Congolais, que la Belgique ne prendrait aucune initiative unilatérale engageant l’avenir du Congo avant le 30 juin 1960, date fixée pour l’indépendance. Là où des mesures urgentes devaient être prises avant le 30 juin 1960, la Belgique le ferait de commun accord avec le Collège Exécutif. Et en application de cette volonté, le Royaume de Belgique mit en place par décret le Collège Exécutif Général jusqu’au niveau des Territoires.
Mais en violation flagrante de ces Résolutions, de l’article ler de la Charte coloniale et de la Loi Fondamentale du 19 mai 1960, le Parlement belge votait à la sauvette une loi qui écroula l’économie du nouvel Etat, c'est la loi du 17 juin 1960.
En effet, le 16 juin 1960, le Roi Baudouin avait pris un Arrêté Royal convoquant les Chambres législatives congolaises en session extraordinaire, et le 17 juin 1960, les deux Chambres avaient effectivement siégé. La Chambre des Représentants avait ouvert sa séance le 17 juin 1960 à 9H50' (compte-rendu du 17 juin 1960).
Devant une situation aussi précise, le Parlement Belge n'a pas pu ignorer qu'en date du 17 juin 1960, la République du Congo avait un Parlement qui siégeait déjà conformément à la Loi Fondamentale, votée par le même Parlement de Belgique.
C'est donc délibérément qu'il avait agi, avec préméditation et intention de détruire.
Votée précipitamment par le Parlement Belge à la veille de l’accession de notre pays à l’indépendance, cette loi a offert aux sociétés de droit congolais la possibilité d’opter pour la nationalité belge. Cette manoeuvre a eu pour conséquences :
- la division des patrimoines des sociétés dont une partie (la plus importante) se situe en Belgique et l’autre, composée essentiellement des biens matériels et immobiliers pour la plupart vétustes, est restée au Congo ;
- l'évasion fiscale due au fait que cette loi a accordé une exonération fiscale exceptionnelle en faveur de ces sociétés;
- la fuite des capitaux résultant des transferts frauduleux des ressources des sociétés devenues alors de droit belge.
Pendant que le Parlementaire belge discutait du projet de loi, la presse, elle miroitait le syndrôme du chaos et de l’anarchie. La peur du chaos et de l’anarchie réussit à convaincre hommes d'affaires et commerçants, et on assistera sur le plan juridique à l’exode massif de toutes ces sociétés vers la métropole.
La plupart de ces sociétés avaient été mises sur pied avec la participation du Congo-Belge et/ou avec des crédits des banques ou gouvernements étrangers, lesquels crédits étaient garantis par la Colonie. C'est de cette façon que la plus importante part du Portefeuille de l’Etat s’émoussa et que la dette congolaise augmenta en volume.
Il est ainsi établi que la loi du 17 juin 1960 avait des intentions préméditées. Elle était donc votée dans l’unique intention d'anéantir aux intérêts du nouvel Etat, le Congo.
Cette loi a donc causé un préjudice énorme à la Nation Congolaise et ce préjudice doit être réparé.Ainsi est né le contentieux belgo-congolais.
b/_Le Décret du 27 juin 1960
En exécution du § 3 de la Résolution n° 14 relative aux problèmes économiques et financiers, la Table Ronde économique avait adopté la résolution n° 8 relative aux pouvoirs concédants. Le paragraphe 1 de cette résolution dispose :
« La Conférence (...) "
* constate que la loi fondamentale relative aux structures du Congo n'aura pas pour effet d'abroger les pouvoirs ni de retirer les mandats confiés au C.N.K.I., au C.F.L. et au C.S.K. ;
* souhaite vivement néanmoins que le Congo exerce dès le premier jour de son indépendance, la plénitude de ses pouvoirs concédants et de ses droits de gestion du domaine public et dispose librement de son patrimoine (...) »
En violation de ces dispositions convenues pourtant de commun accord, la partie belge décidait en catimini de signer six jours avant l’ indépendance (le 24 juin 1960) une convention avec la Compagnie du Katanga, convention aux clauses desquelles le Congo fut engagé unilatéralement.
Il est exclu que la Belgique argue que le Collège Exécutif Général avait été associé à la Convention pour deux raisons majeures. La première est que la Convention fut signée, côté belge, par Mr. SCHEYVEN, Ministre chargé des Affaires Economiques du Congo Belge et du Ruanda-Urundi, côté compagnie du Katanga par MM. Edgar Van Der Strasten et Louis, Wallef, respectivement Président et administrateur de cette compagnie.
La seconde raison est à puiser dans le corps même de la Convention. En effet, l’article 9 dispose :
« Si la présente Convention n’était pas approuvée par le Gouvernement Congolais, les conventions existantes resteraient d’application ».
Cette convention fut approuvée par le Décret belge du 27 juin 1960.
Si les causes de l’intervention armée belge au Congo étaient latentes, le bruit fait par les Congolais autour de la signature de cette convention et du Décret du 27 juin 1960 en constitua sans doute l’incident.
Compte tenu de l’hémorragie financière que cette convention et le Décret subséquent ont provoquée, le Congo est en droit d'évaluer les pertes subies au prorata des bénéfices que lui apportaient les conventions qui existaient avant le 24 juin 1960 et d'exiger réparation.
Ce Décret a causé un préjudice énorme à notre pays en autorisant la dissolution des sociétés à Charte dont le Congo était co-propriétaire majoritaire. Ce qui a notamment occasionné la fuite des capitaux vers la métropole.
c/_Le Contentieux belgo-congolais
Le contentieux belgo-congolais tire ses origines des actes ci-dessous énumérés :
En dehors des questions expressément abordées par les deux Conventions du 6 février 1965 , le Contentieux porte également sur :
. Les éléments expressément laissés en suspens ;
. Les éléments non pris en compte.
Eléments expressément laissés en suspens
Il s'agit de questions liées :
1°.- A l’existence en Belgique d'éléments d'actif et de passif d'organismes Parastataux de droit congolais, existant au 30 juin 1960 ;
2°.- Aux créances et dettes de l’une des deux parties ou des personnes publiques qui en dépendent à l’égard de l'autre partie ou autre personne publique dépendant d'elle, ainsi que des biens mobiliers et immobiliers appartenant à une des parties ou des personnes publiques qui en dépendent existant sur le territoire de l’autre partie ;
3°.- Aux créances et dettes de l’une de deux parties ou des personnes publiques qui en dépendent à l’égard des personnes privées ressortissant de l’autre partie ;
4°.- A l’abandon des biens appartenant à des ressortissants belges ;
5°.- A l’emprunt Mendelshon ;
6°.- Aux immeubles appartenant au Congo-Belge et situés en Belgique ;
7°.- Aux immeubles ONATRA, etc.
Les éléments suivants n'avaient pas été pris en compte par les Conventions du 6 février 1965, comme cela a déjà été dit ci-dessus:
1°- La loi belge du 17 juin 1960 portant option de nationalité des entreprises de droit colonial, prise en violation de la résolution n°10 de la Table Ronde Politique de janvier 1960 ;
2°- Le Décret du 27 juin 1960 portant dissolution des sociétés à Charte (C.S.K., C.F.L., C,N.K.I.);
3°- Le désarmement de la Force Publique et la destruction délibérée des arsenaux militaires du nouvel Etat en 1960 ;
4°- L'agression belge du 17 juillet 1960 et ses conséquences ;
5°- L'instigation et l’organisation des sécessions du Katanga et du Sud-Kasai ;
7°- La confiscation des ressources minières (cuivre, cobalt, diamant, étain, zinc, etc.),au détriment du jeune Etat durant les années desdites sécessions, plus précisément de 1960 à 1964 ;
8°- La jouissance indue des revenus afférents à la vente de ’URANIUM de SHINKOLOBWE ;
9°- L’effort de guerre consenti par le Congo Belge au profit de la Belgique ;
10°- La dette morale de la Belgique vis - à - vis du Congo ;
11°- La soustraction des réserves d'or du Nouvel Etat et le transfert frauduleux vers la Belgique des ressources de la Banque Centrale du Congo-Belge ;
12°- Les diverses indemnisations indues payées aux Belges ayant bénéficié des prêts du Crédit au colonat;
13°- Le braconnage systématique orchestré par la Belgique au Congo
14°- Le pillage par l’ancienne Métropole du patrimoine culturel et artistique du Congo;
15°- Les différentes dettes dues par la Belgique au Congo mais non payées à ce jour ;
16°- Les avoirs du Fonds d'égalisation budgétaire ;
17°- L’indemnisation indue des Associations belges de la K.D.L. ;
18°- La liquidation de la B.C.C.B.R.U., de l’O.S.I. et de l’O.D.C. ;
19°- La liquidation de la Caisse de dépôts et de Consignation;
20°- La liquidation de l’O.N.S.S. ;
21°- Le litige AIR-CONGO - SABENA ;
22°- Le financement de l’Exposition Universelle de 1958 ;
23°- Les Biens de la Fondation de la Couronne.
133/-La déstruction des arseneaux de la Défense
La réduction brutale des effectifs de la Force Publique, leur désarmement et la destruction délibérée des arsenaux militaires du nouvel Etat, avant la proclamation de l’indépendance en 1960 ;
2/-Le Conflit armé de la Sécession du Katanga
21/-Le Discours du Roi du 30 juin 1960
211/_Le discours incendiaire du Général JANSSENS
Les propos incroyables tenus par le Général JANSSENS aux soldats congolais à qui il disait,au Camp Kokolo,que pour les soldats « après l’indépendance = avant l’indépendance », faisaient partie des actes préparatoires aux troubles de juillet 1960, à la faveur desquelles la Belgique entendait organiser la balkanisation du Congo.
La hargne des Belges commença à prendre corps, dès l’instant où le Gouvernement refusa que la base militaire de Kamina soit gardée par les Belges.
Ainsi,relayant le discours injurieux et provocateur de son Roi-Souverain,pronocé le 30 juin 1960,au Palais de la Nation,devant tous les Corps constitués, le 5 juillet, alors que la Force Publique ne comporte que des Officiers blancs et que la carrière des Noirs est limitée au grade d’adjudant, le Général Janssens, Commandant en Chef de l'Armée,organise une prise d'armes au camps Léopold.Il s’affirme « absolument sûr » de ses hommes, et leur lance : « L’indépendance, c’est bon pour les civils. Pour les militaires, il n’y a que la discipline. Avant le 30 juin, vous aviez des officiers blancs,et aussi après le 30 juin, pour vous, il n’y a rien de changé ».
Calcul machiavélique,ce qui devait arriver,arriva. Les soldats envahissent le camp Léopold, demandent le départ de Janssens et l’africanisation des cadres, s’emparent de l’armurerie. À Thysville, les officiers sont emprisonnés.
212/-Les décisions du Premier Ministre
Le Premier Ministre se précipita au camp Léopold pour ramener le calme : il est menacé et doit s’enfuir. Le lendemain, il destitue le général Janssens et nomme le sergent-major Lundula,Lieutenant-Général. Mais la mutinerie s’étend, les palais gouvernementaux sont envahis, les Européens fuient dans le désordre. Le 8 juillet, le gouvernement belge envoie des parachutistes pour assurer la sécurité de ses ressortissants. Cette intervention belge est condamnée.
La Belgique envoya ses troupes au Katanga où se trouvait Moise Tshombé,homme de paille. Ce dernier déclara la Sécession du Katanga,la province la plus riche du Congo (elle génèrait 2/3 des revenus du pays, et l’Union Minière du Haut Katanga, contrôlée par des entreprises américaines, britanniques et belges produisit 60 % de l’uranium mondial, 73% du cobalt, 10% du cuivre...).
22/-L'agression du Congo par des Puissances étrangères
221/-L'agression de la Belgique
a/_La destruction de l'armement
Contrairement aux Accords de la Table Ronde et à l’insu de futurs dirigeants du Congo, la Belgique entreprit de réduire les effectifs de la Force Publique, de 25.000 à moins de 20.000 hommes de troupes et de gendarmerie avant la proclamation de l’Indépendance.
Au surplus, profitant du fait que les dépôts d'armement sur toute l’étendue du Congo-Belge étaient gardés par des officiers belges, la Belgique entreprit avant la proclamation de l’Indépendance, la destruction des armes qui étaient dans ces dépôts. C'est ainsi que toutes les armes de guerre et autres mitraillettes, pour ne citer que cet exemple, furent retrouvées sans culasses ni gâchettes. Par ailleurs, toutes les garnisons de la Force Publique (exception faite de Léopoldville et d'Elisabethville) furent désarmées.
La Belgique détruisit ainsi l’équipement militaire de 10 Bataillons congolais.
Quand on met ces faits en rapport avec l’agression dont la jeune République fut victime sept jours après son accession à l’indépendance, la préparation minutieuse de l'agression et la préméditation de la Belgique se retrouvent avérées.
Cette ingénieuse et diabolique préparation de la logistique militaire aboutit dès la première quinzaine du mois de juillet 1960 à une intervention armée de la partie belge, laquelle intervention se poursuivra longtemps après à Stanleyville sans que cela ait été sollicité par le Gouvernement légal établi à Léopoldville.
b/_L'agression belge du 7 juillet 1960
Comme il est déjà dit ci-dessus, la jeune République du Congo, sept jours après son accession à l’Indépendance, fut victime de l’agression des forces armées belges, le 7 juillet 1960.
Le Président de la République et le Premier Ministre congolais déposèrent une plainte auprès du Conseil de Sécurité des Nations Unies, par leurs télégrammes des 12 et 13 juillet 1960.
Le 14 juillet 1960, à l’issue de sa 87eme séance consacrée à la situation dans la République du Congo, le Conseil de Sécurité condamna la Belgique et lui ordonna de retirer ses troupes du Territoire de la République du Congo.
C'est dans la même résolution que fut décidée la première grande opération de maintien de la paix de l’ONU, pour assister militairement le Congo, jusqu'au départ des troupes belges.
Cette agression causa d'énormes dégâts matériels en infrastructures et en pertes en vies humaines au Congo.
Il y a lieu de noter que ces diverses interventions militaires belges sur le sol congolais ont violé les accords de la Table Ronde dont l’une des concrétisations aura été le Traité d’Amitié et d’Assistance qui stipule : "Article 6 : Toute intervention militaire, des forces militaire belges stationnées au Congo ne pourra avoir lieu que sur demande expresse du Ministre congolais de la Défense Nationale".
Or, jamais le Ministre congolais de la Défense Nationale n'avait expressément formulé une demande dans ce sens auprès du gouvernement belge.
Eu égard à ce qui précède, il devient clair que la Belgique avait intentionnellement agressé un Etat qui n'était pas capable de se défendre. Le Congo est en droit de réclamer auprès du Royaume de Belgique des dommages moraux pour les préjudices subis pendant cette période.
Et pour montrer la mauvaise foi de la partie belge, le Royaume de Belgique refusa de faire fonctionner automatiquement le système de sécurité bilatérale lorsque le pays s'embrasa du Nord au Sud et d'Est à l’Ouest.
En outre, en refusant de déclencher correctement le système de sécurité bilatérale en faveur du Gouvernement central de Léopoldville, la Belgique démontrait qu'elle n'avait pas une conscience claire de ses intérêts dans un Congo uni. Au contraire, le Royaume de Belgique déplaçait son objectif et jouait à fond en faveur d'une parcelle de l’Etat , en l’occurrence le Katanga et le Sud-Kasaï .
Eu égard de ce qui précède, le Royaume de Belgique est doublement responsable de la crise congolaise devant l’histoire. Elle a en effet une responsabilité morale et une responsabilité dans le chaos économique qui s'en est suivi.
Ce chaos avec son cortège des malheurs encore, visibles aujourd’hui résulte des crimes perpétués par la partie belge. Et il n'est pas exagéré de mettre sur le même pied d'égalité ces crimes avec ceux de guerre. Aussi, à l’instar de la République Fédérale d'Allemagne qui continue à dédommager nombre des Etats des dommages subis à la suite des crimes occasionnés par Hitler, la Belgique se doit de dédommager la République Démocratique du Congo.
Il y a un prix à payer par la Belgique du fait de son intervention armée ayant effondré la machine économique du Congo. Le Congo est en droit d' exiger de la Belgique de reconstruire toute l’ infrastructure économique détruite du fait de l’intervention armée belge.
c/_Les Résolutions des Nations Unies sur le Congo
Dans le lot des résolutions des Nations-Unies sur le Congo, trois citent formellement le Royaume de Belgique. Il s'agit des résolutions des 14 et 22 juillet 1960 et de celle du 21 février 1961.
Grâce à ces résolutions , le Royaume de Belgique ne peut pas nier avoir provoqué l’effondrement de l’Etat congolais dès les premières heures de sa vie, puisque les Nations Unies ne se sont pas seulement fiées aux télégrammes et autres correspondances en provenance du Congo ; elles avaient dépêché des personnes physiques de New York à Léopoldville. Et ces personnes ont vécu elles-mêmes la crise congolaise, à la suite de l’intervention armée au Congo du Royaume de Belgique.
La première Résolution n° S/4387 du 14 juillet 1960 s'énonçait de la manière suivante :
"Le Conseil de Sécurité (...)
1. Fait appel au Gouvernement belge pour qu'il retire ses troupes du Territoire de la République du Congo ;"
En réaction contre le silence de la Belgique, une nouvelle résolution n° S/4616 était votée par le Conseil de Sécurité en date du 21 février 1961 dont voici un extrait :
"Le Conseil de Sécurité (...)
"A.2. Demande instamment que des mesures soient prises pour le ‘’retrait et l’évacuation immédiate du Congo de tous les personnels ‘’militaire et ‘’para-militaire et Conseillers politiques belges (...)".
Sans que l’intervention militaire belge ait été demandée par le Gouvernement de Léopoldville, au mépris de l’article 6 du Traité d'amitié signé entre les parties belge et congolaise, et ignorant superbement les résolutions de l’ONU qui enjoignaient au Royaume de Belgique de retirer ses militaires du Territoire de la République Démocratique du Congo, les Forces armées belges continuèrent à faire des ravages.
Les crimes commis par la Belgique sur le Territoire congolais entre 1960 et 1964 comme les crimes de guerre et les crimes économiques nazis dont la République Fédérale d'Allemagne continue à l’heure qu'il est de payer les frais, sont considérés comme des crimes contre l’humanité.
d/_L'Instigation et l'organisation des Sécessions du Katanga et du Sud-Kasaï Proclamation de l'Etat du Katanga,le 11 juillet 1960
Quatre jours après l’agression belge contre le Congo, soit le 11 juillet 1960, la Province du Katanga proclamait son indépendance et sa Sécession du reste de la République.
Le Gouvernement belge mit à la disposition de l’Etat sécessionniste du Katanga tous les avions militaires de la Force Publique stationnés à la Base de KAMINA et qui étaient propriété du Nouvel Etat. C'est avec ces avions que le Katanga sécessionniste combattit le pouvoir central de Léopoldville. Mieux, des pilotes militaires belges, se présentant en touristes à Léopoldville, dérobèrent au profit du Katanga, à l’aéroport de N'Djili, un avion HERON, avion de l’ancien Gouverneur Général du Congo et un avion militaire DOVE de l’A.N.C.
Par ailleurs, sur instigation des belges, des créances, dividendes, intérêts et remboursement du capital dus au pouvoir central, furent payés aux Etats sécessionnistes.
- Katanga : F.B. 75.617.439
- Sud Kasaï : F.B. 434.457.229
- Groupe C.S.K. aux autorités katangaises : F.B. 435.123.232
Toutes ces sommes (± 1.000.000.000 FB) doivent être remboursées au Congo.
Il est capital de signaler qu'alors que la Belgique entretenait des relalions diplomatiques avec la République Démocratique du Congo, l’Ambassadeur de Belgique à Léopoldville, Monsieur Van DEN BOSCHE, d'ordre de son Gouvernement, adressa en juillet 1960, des messages officiels aux Présidents des différentes provinces du Congo indépendant, pour leur proposer, par le canal des Consuls belges, de s'ériger en Républiques autonomes, en les assurant de la reconnais-sance et de la coopération du Royaume de Belgique. Monsieur EKETEBI, Président de la Province de l’Equateur, par exemple, reçut le message de l’Ambassadeur VAN DEN BOSCHE, le 16 juillet 1960, dans lequel il lui avait proposé, de proclamer, avec l' appui de la Belgique, la République autonome de l’Equateur .
C’est dans ce contexte qu’il faut comprendre la sécession du Katanga et celle du Sud-Kasaï.
Quand on lie ce fait à la forte démobilisation des effectifs de la Force publique avant l’indépendance, à la destruction des armes laissées sans culasses, ni gâchettes dans les arsenaux et à l’agression du 7 juillet 1960, on comprend toute la trame de l’organisation mise en place, de façon délibérée, par la Belgique, bien avant la date du 30 juin 1960, pour créer des difficultés de la Jeune République du Congo.
En définitive, il apparaît que c'est à contre coeur que la Belgique accorda l'Indépendance à l’ancienne colonie.
e/_La diplomatie de la Belgique,confortée par la géostratégie de l'OTAN, mise au service de la Sécession du Katanga
La Belgique a été le seul Etat au Monde à reconnaître l’Etat sécessionniste du Katanga, à y envoyer un Ambassadeur et à mettre à sa disposition des Hauts Fonctionnaires Belges, comme le Major WEBER, pour l’assister dans le domaine de la sécurité de l’armée, des finances, etc.
L'Etat sécessionniste du Katanga était représenté à Bruxelles par un Ambassadeur, en la personne de Monsieur MASSANGU, ancien Vice-Prmier Ministre de Cyril Adoula.
TSHOMBE fut même décoré par le Roi des Belges, alors qu'il était Président de l'Etat sécessionniste du Katanga.
Le Congo aurait pu, après la sécession, déposer un dossier d'indemnisation, pour le préjudice subi, à charge de la Belgique, instigatrice et organisatrice des deux sécessions du Katanga et du Sud-Kasaï, mais au moment même où cessaient les sécessions, commença la rébellion, car une partie de l’armée Katangaise, avec le soutien de la Belgique et du Portugal de SALAZAR, avait fui en Angola, d'où furent organisées des attaques armées contre le Territoire du Congo. De là , les troupes katangaises, encadrées par des Belges comme SCHRAMME, rejoindront Kisangani et Bukavu.
Après son forfait, SCHRAMME rentra en Belgique où il fut accueilli en héros.
f/_Une armée belge bis_au Congo
§1_L'agenda du Gouvernement belge
Dès les premiers jours qui suivirent la proclamaiion de l'Indépendance, le Katanga s'organise et renforce sa position en tous domaines grâce à une assistance qui vient essentiellemnt de la Belgique.Monsieur de Harold d'Aspremont-Lynden,Conseiller du Roi, part pour Elisabethville comme Envoyé Spécial du Gouvernement belge et Chef de la Mission technique près du gouvrernement Tshombe.Il prendra toutes mesures pour empêcher l'exode des ressortissants belges.Le Major Crévecoeur sera chargé de mettre sur pied une gendarmerie kantangaise qui s'illustrera si tragiquement au cours des combats de septembre 1961.Enfin,le Colonel Champion, commandant des troupes belges au Katanga,reçoit tous pouvoirs en vue de la mobilisation sur place de tous les belges de 20 à 45 ans.La nouvelle politique belge au Katanga est parfaitement définie dans un programme en six points que Monsieur Wigny, Ministre belge des Affaires Etrangères, fait parvenir le 26 juillet 1960 à Monsieur d'Aspremont.
1°)L'unité du Congo est l'oeuvre de la Belgique.Toute modification doit être l'oeuvre des Congolais eux-mêmes. 2°)La position du Katanga a toute la sympathie de la Belgique et toute l'aide technique que vous lui apporterez en est la peuve évidente. 3°)La Belgique s'est particulièrement réjouie des récentes déclarations de Monsieur Tshombe par lesquelles il affirme considérer le Katanga comme le noyau d'une future Confédération des Etats du Congo.Tout ralliment d'autres provinces du Congo au Katanga est donc à encourager,bien entendu avec discrétion. 4°)Votre position doit être strictement d'aide et de conseils,le Katanga doit être à même d'affirmer sa personnalité africaine.En conséquence,toutes les décisions doivent être prises par des Katangais et non des Belges.L'africanisation des cadres civils et militaires doit être poussée aussi rapidement que possible. 5°)Dans cet esprit, les postes-clés suivants doivent être organisés aussitôt que possible sous direction fonctionnaire katangaise,aidés éventuellement par des agents belges: -primo:information et radio. -secundo:surêté et police. 6°)il parait de grande importance que le Gouvernement katangais puisse faire connaître sa position auprès des principaux Gouvernements africains non communistes.
§2_La mise en oeuvre de l'agression
Pour très bien maîtriser cette nébuleuse affaire,il est nécessaire de consulter les archives de différents ministères, de celles du Palais royal, des procès-verbaux du Conseil des Ministres, des archives classifiées de la sûreté et des archives privées dont celles de l'Union minière (UMHK). "Les fonds secrets", le rôle de la Sûreté et celui de l'Union minière.Il existe des textes qui retracent d'une façon précise et objective les événements de l'époque.Le gouvernement belge a préparé et provoqué la Sécession du Katanga. Un rapport impute un rôle important aux militaires belges du Katanga et plus particulièrement au Commandant Guy Weber qui, d'après le texte, joue un rôle capital dans l'atterrissage manqué de Kasavubu et Lumumba à Elisabethville le 12 juillet 1960.Le rôle joué par les Belges dans cet incident a eu comme conséquence que le Premier ministre et le Président "perçoivent l'intervention belge comme une agression". Les termes "la politique agressive menée par le Ministre Gilson" et"la carte blanche donnée aux militaires" .Le Ministre Gilson voulait reconquérir le Congo et que les militaires faisaient ce qu'il voulait.Les ministres Auguste De Schryver et Raymond Scheyven étaient PSC et impuissants.Le Vice-Premier Ministre Albert Lilar était "rétrogradé" au rang de Ministre de la Justice car il porte "une part de responsabilité dans la débâcle congolaise".Et,"il Y a un lien entre la crise du 5 août (demande du Roi de la démission du gouvernement Eyskens), le remaniement ministériel et la politique menée au Congo".L'entrée de Harold d'Aspremont Lynden dans le gouvernement. En tant que chef de la Mission technique à E'ville, il était unanimement considéré par la presse comme l'homme du Katanga. L'opinion publique le considère comme l'homme du Roi et des grandes sociétés. IL a été nommé sous la pression du Roi. La politique menée par le Ministre d'Aspremont était l'expression de la politique non du gouvernement,mais celle du Roi, Commandant Suprêmes des Armées belges;en conpensation du maintien d'Eyskens au poste de Premier Ministre.L'administration coloniale était déjà intervenue à diverses reprises pour mettre fin au conflit notamment par ce qu'on a appelé "la Paix du Lac Mukemba". La meilleure preuve en est le massacre perpétré à Bakwanga et dans les environs par les soldats de Lumumba,qualifié de "génocide" dans les rapports des Nations-Unies de l'époque.
§3_La Confédération des Etats
"D'Aspremont est présent en coulisses afin d'appuyer ces projets, certes chimériques, de constitution d'un gouvernement confédéral."Harold d'Aspremont Lynden et Robert Rothschild ne font pas cavalier seul.Ils mènaient une politique qui n'échappait pas au contrôle du gouvernement." Le tandem belge d'Aspremont-Rothschild ont, au départ du Katanga, provoqué "l'éclatement du Congo".C'est ce qu'affirme un telex de Brazza à Belex du 2 septembre 1960,paraphrasé par le colonel Vandewalle dans ses contes du Zaïre et du Shaba5.lorsqu'il était Administrateur en chef de la Sûreté du Congo-belge(les rapports secrets de la Sûreté congolaise. F. Vandewalle et J. Brassinne . Editions Arts et voyages. Bruxelles1973 "Pas un secret congolais ne vaut le prix d'un bock...").
"On n'a pas l'impression, sauf en ce qui concerne le soutien accordé à la sécession katangaise par les autorités belges... Ils arrivent à la conclusion que "le gouvernement belge était impliqué plus spécialement Eyskens, d'Aspremont,Wigny et Scheyven dans la Sécession du Katanga."Le glissement vers une politique belge plus active au Congo que représente ce remaniement est plus qu'évident". Avant le 30 juin 1960, la Belgique avait trois ministres qui géraient les affaires congolaises; après le 2 septembre, il n'en reste qu'un. C'est cela un glissement vers une politique plus active au Congo! Marlière-Lahaye louaient ensemble un appartement à Brazzaville...7. La mission du Colonel Dedeken en est un autre (page 179). L'aide belge apportée à Mobutu va au delà de l'arrestation de Lumumba, il s'agit d'une politique à plus long terme: la reprise de l'influence belge au Congo. la reprise des relations diplomatiques avec le Congo mettant en exergue les entretiens de Paris du 10 et 11 janvier 1961 entre Bomboko et Rothschild, d'une analyse de la situation au Katanga notamment sur le plan économique, de la gendarmerie katangaise et du déclin de l'influence belge ainsi que de la lettre au Roi Baudouin du 12 janvier 1961 dans laquelle Tshombé demande une assistance militaire et menace de recourir à la France si cette dernière devait être refusée. Ce chapitre se termine par l'entrée en fonction le 20 janvier 1961 de John F. Kennedy et la Conférence de Casablanca, le 7 janvier, date où les troupes de Stanleyville occupent Manono dans le Nord Katanga.La tentative de reconquérir Bukavu le 1erjanvier 1961 se soolde par un "échec total". La première grande aventure menée par le plus célèbre " Chien de Guerre "1 français a lieu au Congo(République Démocratique du Congo).
§4_L'implication de l'UMHK Et le détournement de l'UMHK des 80% des recettes de l'Etat congolais (budgétaires et en devises)
Le Congo,RDC,cet immense Territoire qui s'étend de l'Atlantique à l'Oural,s'il s'agissait de le comparer au continent Européen, est une ancienne colonie belge au riche sous-sol minier. Dirigé par Patrice Lumumba, le régime de Kinshasa semblait pencher vers le camp socialiste(le prétexte). Cette menace inquièta les Occidentaux qui possèdent de nombreux investissements dans l'ex-colonie belge et spécifiquement dans la province du Katanga.Ainsi,le 11 juillet 1960, onze jours après l'Indépendance, Moïse Tshombé,proclame la Sécession du Katanga au nom du Roi Bauduoin 1er.L'armée belge intervint au prétexte de rapatrier ses ressortissants, sans aucun mandat de qui que ce soit,ni du Gouvernement congolais ou de l'Organisation des Nations-Unies (ONU).La Belgique en réalité décida de s'empare du Katanga. Bruxelles organisa et créa la gendarmerie katangaise. Celle-ci va recruter de nombreux étrangers pour composer ses effectifs. Le financement de cette force, qui sera dès 1961,confrontée aux forces de l'ONU, est assuré par l'Union Minière du Haut Katanga (UMHK), exploitant quasi exclusif des sous-sols de la province. Parmi les six cent-cinquante mercenaires qui composent la gendarmerie katangaise, dix sept Français dont Robert Denard, qui commande le bataillon " Bison ". Cette sécession katangaise va durer jusqu'en janvier 1963, date à laquelle les casques bleus finiront par y mettre un terme. Mais l'aventure aura créé des liens entre plusieurs " figures " du milieu parmi lesquels Bob Denard, Christian Tavernier et " Mad " Mike Hoare. Par ailleurs, le rôle de l'UMHK est la première illustration de la relation complexe, mais promise à un long et fructueux avenir, entre compagnies minières et mercenaires. Enfin, l'assistance des autorités belges aux mercenaires va constituer un précédent que la France développera quelques années plus tard.
222/-La complicité active de la France
a/_Le Virus de l'anti-communisme
La décolonisation réalisée par la France ne signifiait pas son retrait du continent. Si le pouvoir gaulliste des débuts de la Vème République avait tissé des liens très étroits en Afrique, datant souvent de la Seconde Guerre Mondiale pendant laquelle Brazzaville fut, un temps, capitale de la France Libre, ceux-ci étaient désormais de nature juridique et culturelle. Toutefois Paris n'entendait pas laisser ses ex-colonies basculer dans le communisme ou le tiers-mondisme hostile. Pour empêcher de tels phénomènes, comme pour lutter contre l'influence des ex-puissances coloniales de la zone, il fut rapidement admis que la force demeurait une solution ultime mais efficace. Cependant, consciente des grandes difficultés politiques que feraient naître les interventions de l'armée française pour conserver ses intérêts nationaux au Sud du Sahara, le pouvoir préféra recourir à des acteurs privés qui lui permettaient de nier toute implication si l'aventure tournait au fiasco. Ces acteurs non-étatiques dont le Colonel Bob était la figure de proue constituèrent les moyens clandestins de la politique africaine de l'Elysée. Dirigé par Jacques Foccart, le service des Affaires africaines et malgaches recourut à plusieurs reprises aux mercenaires.
b/_Les services secrets français
A l'exemple de Bob, ces hommes étaient d'anciens militaires de l'Indochine et de l'Algérie. Nombre d'entre eux, dont Denard lui-même, avaient d'ailleurs pris le parti de l'Algérie française. Liés aux services secrets français, SDECE puis DGSE (Direction Générale de la Sécurité Extérieure), ils exécutaient leurs " basses œuvres ". Rapidement mobilisables ces hommes se battaient certes pour l'argent, c'est le fondement du mercenariat, mais également pour certains d'entre eux, par idéalisme. Fer de lance de la politique africaine de Jacques Foccart et de ses successeurs, Denard et ses mercenaires intervinrent dans l'ex-Congo Belge, au Biafra, au Gabon, en Angola, au Bénin, aux Comores… Par petits groupes, ils réalisaient des coups d'Etat, entraînaient les Gardes Prétoriennes de certains chefs d'Etat, éliminaient les rebellions hostiles au pouvoir en place soutenu par la France, encadraient les mouvements sécessionnistes dans les ex-colonies belges ou britanniques. Leur action était d'autant plus efficace qu'ils agissaient en spécialistes de la guerre face à des jeunes armées africaines sans grande expérience des opérations spéciales. Et, si toutes leurs interventions ne furent pas des succès (le Biafra et le Bénin furent deux échecs retentissants), elles avaient le mérite de ne pas impliquer Paris.
c/_Les"Chiens de Guerre"
Ces mercenaires français se recrutaient par cooptation, ce qui créait un milieu assez homogène. Les exécutants clandestins des opérations décidées à Paris, partageaient tous un certain nombre de valeurs communes telles que l'anticommunisme et le racisme. S'ils ne professaient pas comme " Mad " Mike Hoare que " tuer des communistes, c'est comme tuer de la vermine. Tuer des nationalistes africains, c'est comme tuer des animaux. Je n'aime ni les uns ni les autres." Ils partageaient les mêmes haines. Ils étaient, en outre, tous issus de la carrière militaire et nombre d'entre eux avaient quitté l'armée après la Guerre d'Algérie, à la suite, souvent, d'un engagement dans l'Organisation Armée Secrète (OAS). Au cours des années soixante-dix le recrutement évolua et l'on vit apparaître, ce sera frappant lors des aventures comoriennes de Bob, des gens plus jeunes, à l'appartenance politique plus tranchée, mais à l'expérience militaire plus restreinte. Pour ces derniers, émules des groupuscules d'extrême-droite parisiens, la Rhodésie puis l'Afrique du Sud furent des causes à défendre, symboles déclinants de la croyance en la supériorité de la race blanche.
3/-La Résoluton du conflit,la"Sécession du Katanga"
31/-Les Négociations diplomatiques et politiques
311/_Les contraintes multi-dimentionelles (février 1961-juillet 1962)
a/_La doctrine de Kennedy
En raison de la doctrine géostratégique de Kennedy,les Etats-Unis,dès février 1961,recusèrent le Plan de Laeken,votèrent en faveur de la Résolution du Conseil de Sécurité du 21 février 1961(autorisant l'usage de la force) et se sont opposés à la Sécession du Katanga.Cette opposition n'était cependant pas suivie, dans les mois qui suivirent la résolution du 21 février, d'actions particulièrement vives. Au contraire, leur politique marqua certaines hésitations, qu'explique la volonté de ne pas trop se démarquer des alliés atlantiques, la France notamment, avec laquelle leurs relations se refroidirent davantage suite à leur divergence de vues à propos du Congo et particulièrement de l'action de l'0.N.U., la Belgique et la Grande-Bretagne. En ce sens, ils s'abstinrent lors du vote, par l'Assemblée générale, de la Résolution du 15 avril 1961, qui réitérait les exigences antérieures quant au retrait de tout le personnel étranger, non placé sous le commandement des Nations-unies et qui considérait ce facteur étranger, belge principalement, comme l'élément central du conflit.
b/_La politique interne
Au niveau du règlement politique interne, les Etats-Unis apportèrent leur approbation aux Résolutions de la Conférence de Tanararive (tenue à Tananarive,le 5 mars 1961,après l'échec à Léopoldville de la Conférence d'Entente Nationale du 25 janvier 1961,sauf à celle demandant la suspension de la Résolution du Conseil de Sécurité du 21 février).La note américaine s'accompagna du rappel du plan américain et du désir d'en revenir au gouvernement
parlementaire . En ce domaine également, leur position présentait une part de contradiction, reflet de l'opposition entre le groupe Bowles et les partisans de la ligne modérée, dont Timberlake restait un des porte-parole. Ces derniers, appuyés par l'équipe Kasa Vubu-Mobutu qui ne voulait pas de la neutralisation de l'A.N.C., avaient désapprouvé les principales dispositions du plan présenté par Washington qui, à leurs yeux, ouvrait la porte à un retour des lumumbistes.
Le rappel de Timberlake, en juin 1961, et son remplacement par Ed. Gullion , parallèlement au départ de R. Dayal, marqua la prédominance de la ligne dure à Washington, où un autre changement de personne se réalisait, avec la nomination de Wayne Fredericks, en tant que Deputy Assistant Secretary aux Affaires africaines. Les pressions des Afro-Asiatiques en faveur d'une application plus stricte de la résolution du 21 février 1961, la volonté du Secrétaire général d'y parvenir, manifestée par la nomination de Conor Croise O'Brién au Katanga et l'attitude plus souple, à l'égard de l'O.N.U., du nouveau gouvernement belge ne furent pas étrangers à cette clarification dans l'attitude des Etats-Unis. Ces changements extérieurs la rendaient en tout cas plus facile.
Envisageant la convocation du Parlement congolais comme la seule solution valable, Washington décida d'agir en ce sens, auprès de M. Tshombe notamment, et d'appuyer les efforts déployés par l'O.N.U.
en ce domaine. La présence des députés katangais à cette éventuelle réunion parlementaire s'avérait indispensable pour assurer le succès des thèses modérées et ainsi minoriser Gizenga et ses partisans. D. Rusk expliquait à Kennedy qu'il était utile d'inclure Gizenga dans le Gouvernement en position minoritaire ne contrôlant pas des ministères sensibles. La libération de M. Tshombe, retenu prisonnier à Léopoldville après son arrestation à Coquilhatville, où avait eu lieu une nouvelle discussion entre leaders congolais sur la question constitutionnelle interne, apparut dès lors nécessaire à la réussite de l'entreprise. Lorsque les rumeurs d'un coup d'Etat, mené par les ultras à Elisabethville, se répandirent, l'ambassade américaine de Léopoldville donna, son accord à la mise en liberté de M. Tshombe.
Les clauses politiques et militaires de l'accord que M. Tshombe avait conclu à Léopoldville, à l'issue de sa détention, et qui impliquaient une acceptation quasi-complète des thèses du gouvernement central, ayant été rejetées par le gouvernement katangais, et principalement celle relative à la participation de ses parlementaires à la session de Lovanium, les Etats-Unis, de même que les Nations-unies et d'autres Etats occidentaux, agirent sur le président katangais pour modifier sa position, en attirant son attention sur les risques qu'il courait en ne se rendant pas à Lovanium, de voir un gouvernement être formé dont son parti serait exclu. Les avertissements et les appels à la modération arrivèrent au Katanga, venant de l'ambassade américaine de Léopoldville et de Katinfor à New-York.
c/_La tension internationale
Une note de l'ambassade, parvenue à Elisabethville début juillet, faisait remarquer «que les Américains, en raison de la tension internationale, avaient besoin d'un soutien des Afro-Asiatiques et qu'ils préféreraient éventuellement sacrifier les intérêts du Katanga plutôt que perdre pied dans le camp de Stanleyville, reconnu par treize pays en majorité afro-asiatiques». Dans un message dont le contenu résultait de contacts importants avec les responsables américains, M. Struelens
soulignait au président Tshombe l'importance de l'envoi des parlementaires katangais à Léopoldville. Les Etats-Unis s'engageaient à approuver le geste de M. Tshombe et s'efforceraient d'obtenir la protection de l'O.N.U. pour cette délégation katangaise. Présentée comme une dernière chance de solution pacifique de la question, la suggestion des Etats-Unis prenait place dans le cadre de leur opposition aux gizengistes, qu'ils ne voulaient pas voir s'implanter à Léopoldville, malgré la menace agitée à l'égard de M. Tshombe de sacrifier le Katanga plutôt que de perdre pied à Stanleyville.
Pressé par le Département d'Etat (Struelens et une délégation katangaise comprenant: M. Pweto, M. Kambolo et Th. Tshombe furent reçus au Département d'Etat par M. Sheldon Vance, le 28 juillet 1961), à travers le message de M. Struelens, Tshombe se rendit à Brazzaville pour prendre contact avec les autorités de Léopoldville : sa visite échoua. Struelens pour sa part, accompagné par Eisenberg, chef du bureau de l'Afrique centrale au Département d'Etat, gagna Elisabethville, début août, où il rencontra M. Tshombe, le 3, qui accepta, mais après la formation du gouvernement Adoula, les propositions américaines et donc le départ de ses parlementaires pour Léopoldville. C'était l'échec, malgré la tentative menée par M. Struelens, à Léopoldville, pour obtenir d'Adoula qu'il accepte de rencontrer M. Tshombe, en dehors de Léopoldville.
L'absence de tout partisan de M. Tshombe, dans le nouveau gouvernement formé par C. Adoula, pièce essentielle dans les plans américains, apparut comme un facteur important dans l'évolution de la question katangaise. Les Etats-Unis allaient poursuivre leur politique, tout en assurant la garantie des intérêts occidentaux, par le soutien aux modérés,
en vue de la réduction de la sécession. M. Williams confirmait cet appui aux modérés,à Sir Roy Welensky, Premier ministre de la Fédération rhodésienne.
312/_La ligne dure
a/_L'opération Morthor
Le succès de la réunion de Lovanium, la volonté belge de coopérer davantage avec les Nations unies, les pressions de plus en plus nettes des Afro-Asiatiques et de l'U.R.S.S. en faveur d'une action coercitive de l'O.N.U., l'évolution même des idées du Secrétaire général, la lassitude devant les échecs répétés des tentatives pour amener le Katanga à la négociation incitèrent les Etats-Unis à adopter une attitude plus insistante à l'égard du Katanga. Leur accord tacite lors de l'opération Rumpunch, menée par les Nations unies, en août 1961, pour l'évacuation des cadres étrangers, en fut la première illustration. C.C. O'Brien, Représentant du Secrétaire général de l'O.N.U. à Elisabethville, se montra satisfait du fait que le Consul Canup avait refusé expressément de s'associer à la démarche des consuls d'Elisabethville, qui protestaient contre l'opération Rumpunch.
L'opération Morthor, de septembre, destinée à parachever la mission entreprise et dont la préparation paraît avoir relevé, pour le Secrétaire général, du fait accompli, ne fit pas l'objet d'une approbation explicite à Washington, qui n'était pas au courant de sa préparation semble-t-il,
mais n'en reçut pas moins un encouragement a posteriori: quelques jours après sa cessation, les Etats-Unis fournirent quatre avions de transport à la F.N.U., à usage interne au Congo.
Probablement surpris par l'opération, comme le Secrétaire général d'ailleurs, et ne voulant pas, malgré la fermeté manifestée, d'une attaque à outrance contre le Katanga, ils appuyèrent les initiatives de paix de D. HammarskjOld. Le Katanga était averti,s'il ne négociait pas avec le gouvernement central.L'attitude particulièrement négative de la Grande-Bretagne et de la Belgique à l'égard de cette opération des Nations unies, les engagements et les appels de M. Tshombe, ainsi que les protestations venant du
Sénat où le sénateur Dodd assurait la défense du président katangais, présenté comme un rempart contre le communisme, agissaient sur le gouvernement américain dans le sens de la modération. Tirant profit d'un contexte plus clair, duquel il ressortait que la sécession était condamnée à terme, la ligne dure l'emporta cependant: les Etats-Unis rejetaient l'idée de la sécession et prônaient la réintégration du Katanga, par une voie pacifique, avec l'aide des Nations unies. La solution de force prévalut finalement.
La faveur unitariste des Américains suscita des réactions au Katanga, où le président Tshombe se déclairait prêt à rencontrer C. Adoula, mais ne pouvait céder à n'importe quel prix. L'annulation du visa de M. Struelens et le refus de visa pour E. Kimba, ministre katangais des Affaires étrangères, ne purent que tendre les relations entre Washington et Elisabethville, où le nouveau consul, L. Hoffacker, arriva, en remplacement de Canup, au début octobre.
b/_Le soutien à l'action de l'ONU
A la veille de la seconde action militaire de l'O.N.U. au Katanga, les Etats-Unis tentèrent d'éviter le recours à la force en tâchant de favoriser une rencontre Adoula-Tshombe. Les entretiens entre A verell Harriman, l'ambassadeur itinérant de J. Kennedy, et le président Katangais, à Genève, au début novembre et la visite africaine du sénateur Dodd s'inscrivirent dans ce cadre. Cependant, les demandes exprimées à l'O.N.U. en faveur d'une action plus ferme à l'égard de la province sécessionniste et le débat qui s'y ouvrit à la mi-novembre donnèrent aux partisans de la fermeté un argument supplémentaire en faveur de leurs thèses.
Le soutien à l'action de l'O.N.U. apparaissait comme la voie la plus sûre et la plus payante; la non-réduction de la sécession katangaise aurait un effet de contagion et verrait l'idée sécessionniste se répandre et d'autres ethnies réclamer le statut d'Etat, à l'intérieur du Congo. Surtout, le désordre qu'elle causait ne manquerait pas d'ouvrir la voie au communisme. Selon G. BaIl, deux voies pouvaient être retenues, rendant possible le succès des pressions communistes. TI n'était nullement question d'un droit à l'autodétermination pour le Katanga . Les préoccupations internationales des Etats-Unis et leur perception de la réalité, à travers le prisme de la guerre froide, transparaissent nettement dans cette position.
Lors de sa visite au Katanga, en octobre 1962, George Mc Ghee fournira un exposé très clair de la position américaine.Un Congo stable, respectueux des intérêts occidentaux, n'offrant aucune prise aux communistes, l'emportait dans leur attitude sur toute autre considération. Dans ce contexte, la collaboration entre les modérés de Léopoldville et les modérés d'Elisabethville apparaissait comme la seule voie possible pour éviter le chaos. «Nous avons peur du chaos qui
suivrait une telle chute (du gouvernement central), ... le chaos est l'idéal pour les extrémistes et les communistes». Aucune préoccupation concernant une éventuelle autodétermination ne marquait cette attitude
dont la défense des intérêts occidentaux constituait le critère prédominant pour les Etats-Unis.
c/_La deuxième opération armée
La résolution du Conseil de Sécurité du 24 novembre 1961, importante en ce qu'elle mentionnait le principe du recours à la force pour le
retrait du personnel militaire et des conseillers politiques étrangers, reçut l'approbation de Washington qui n'avait pas obtenu d'étendre les mesures prévues à l'égard de tous les mouvements sécessionnistes, y compris le régime gizengiste.Vouloir évincer le régime Gizenga, reconnu par plusieurs Etats du Bloc Soviétique et du Tiers_Monde, impliquait évidemment que l'on réclame la cessation de la sécession ne pouvait mieux s'affirmer, encore que l'exercice de la négociation demeurât officiellement souhaité. L'hypothèse du recours à un médiateur, habilement avancée par P.-H. Spaak, lors de sa rencontre avec Dean Rusk, le 20 novembre 1961, ne reçut guère l'appui des Etats-Unis, décidés à faire pression, de manière énergique, sur M. Tshombe et qui acceptaient l'idée de l'emploi de la force par les Nations-Unies. La même réticence américaine s'exprima devant le plan du Ministre belge des Affaires étrangères, exposé à l'occasion d'une rencontre avec Lord Home, à Londres, le 30 novembre, qui tâchait lui-même d'obtenir l'aval américain pour imposer son point de vue, favorable à la réconciliation, sur base d'un Etat congolais fédéral. L'Administration américaine avait d'ailleurs mis au point un plan destiné à faire comprendre à M. Tshombe qu'il ne pouvait poursuivre son entreprise. Ce plan prévoyait essentiellement un renforcement du mandat des Nations-unies, le recours aux sanctions économiques à l'égard du Katanga et une aide américaine pour la réorganisation de l'A.N.C.6.
La détérioration des relations o.N.u.-Katanga déboucha sur la deuxième opération armée, de décembre 1961. Précédée de divers accrochages, cette action, justifiée pour l'O.N.U., par la nécessité d'assurer la liberté de mouvement de ses troupes et la «légitime défense », désapprouvée par la Belgique et la Grapde-Bretagne, trouva le soutien officiel des Etats-Unis. Cette opinion, émise par G. BalI le 19 décembre , est entièrement confirmée par l'analyse du soutien apporté à l'action des Nations_Unies. Outre leur participation financière, le concours des Américains se révéla très efficace en matière de transport .
Cette attitude cachait en fait des divergences sérieuses au sein même de l'Administration américaine. Si G. BaIl et les partisans de la «New Africa» soutenaient l'action de l'O.N.U., le bureau européen y était opposé et D. Rusk, pour sa part, estimait que la force ne pourrait être utilisée que pour permettre aux Nations-Unies de maintenir leur position au Katanga et y rétablir leur liberté de mouvement et non pour réduire la sécession. Mc Ghee, de son côté, s'était prononcé pour le nonrecours à la force. Une fois cependant la décision prise de soutenir les Nations unies, la collaboration avec le Secrétaire général s'établit tant au plan diplomatique que matériel.
Le refus américain d'un cessez-le-feu, proposé par les Britanniques et les Belges, - G. BaIl avait annoncé, une fois les opérations engagées, que les Etats-Unis étaient opposés à un cessez-le-feu jusqu'à ce que les Nations-Unies aient atteint leurs objectifs minima; et d'une action en faveur de la relance de la réconciliation, traduisent bien l'intention américaine qui, à notre avis, n'était pas à ce moment de liquider militairement la sécession, mais d'utiliser, au maximum, la pression militaire pour amener M. Tshombe à négocier la réintégration du Katanga dans l'ensemble congolais.
313/_La contribution américaine: Kitona
a/_Le Club attlantique
Certaines difficultés au sein du club atlantique et la vigueur de l'opposition interne, exprimée à ce moment par l'American Committee
for Aid to Katanga Freedom Fighters de M. Yergan, conduisirent le gouvernement américain à une certaine modération, sans renonciation à ses objectifs fondamentaux. Le comité de Yergan fit paraître, le 14 décembre, une page dans le New York Times, on y qualifiait Tshombe de grand leader anti-communiste et pro-occidental du Congo et on demandait aux Américains d'écrire à Kennedy et à A. Stevenson pour obtenir le retrait de l'appui des Etats-Unis à l'O.N.U. et pour qu'une enquête soit menée afin de connaître les raisons de l'hostilité américaine à l'égard du Katanga. Le groupement comptait parmi ses sympathisants, H. Hoover, R. Nixon, B. Goldwater, Th. Dodd, et reçut l'appui de William Buckley, de la National Review et du Committee of One Million.
b/_La pression américaine
La pression diplomatique de Washington, jointe à un rapport de forces entre la F.N.U. et le Katanga différent de ce qu'il était en septembre, se mit en action; par l'intermédiaire de Lord Home, les Etats-Unis obtinrent de Roy Welensky qu'il fasse pression sur Tshombe afin que celui-ci réaffirme sa confiance en la négociation et surtout, ils agirent par leur ambassadeur à Léopoldville. Attachés à une rencontre AdoulaTshombe, ils obtinrent du leader katangais la demande attendue dans ce sens. La pression exercée l'avait emporté. Le télégramme de M. Tshombe à Kennedy, le 14 décembre, était ainsi rédigé: «La force seme ne sera jamais capable de résoudre le problème congolais. Je vous confirme mon désir de négocier avec M. Adoula divers aspects du problème et je demande votre intervention d'homme libre et de chrétien pour désigner un négociateur valable et arrêter immédiatement une effusion de sang inutile". Quant au cessez-le-feu, il était, selon le point de vue américain, lié au départ de M. Tshombe d'Elisabethville pour l'endroit où la rencontre avec Adoula devait avoir lieu.
Lorsque Tshombe eut appris la désignation de Gullion, comme représentant personnel de Kennedy aux discussions, il fit néanmoins connaître, une nouvelle fois, son acceptation et réitéra sa demande de cessez-le-feu. En fait, celui-ci fut difficile à établir mais parvint cependant à s'imposer. Accompagné de Hoffacker, Dunnet et Lambroschini, consuls américain, brittannique et français à Elisabethville. Tshombe se rendit à Ndola et de là à Kitona, le 8 décembre: Au cours de la discussion, qui se déroula tout d'abord entre Congolais, la pression de Gullion se fit pesante au point de l'emporter finalement, amenant Tshombe à.
.reconnaître la Loi fondamentale et donc à accepter la fin de la sécession. Si les différents textes publiés divergent quant au contenu des pressions exercées (selon le compte-rendu katangais des entretiens, les Etats-Unis seraient allés jusqu'à menacer de mettre leurs forces au service des Nations unies pour agir contre le Katanga) tous sont d'accord pour admettre la réserve émise par M. Tshombe, demandant de s'en remettre aux autorités katangaises compétentes pour l'acceptation définitive de l'accord.
Conscients du risque d'atermoiement pour l'application des accords, dans le chef de M. Tshombe, - très vite en effet, les conseillers du président katangais dénoncèrent les «pressions intolérables» et les « confusions» du Département d'Etat, les Etats-Unis invitèrent la Belgique à encourager Tshombe pour qu'il acceptât l'accord, tout en brandissant la menace du recours à des mesures économiques en cas de non-application. Le retrait du camp américain favorable à l'action contre la sécession (M. Williams, G. BalI, N. Cleveland, Wayne Fredericks), dû à l'habileté de la campagne menée par les propagandistes katangais aux Etats-Unis, ne fut que très relatif. La négociation avait été
engagée: M. Tshombe bénéficiait d'un répit. Son attitude quant à l'application de l'accord conditionnait l'avenir. TI n'avait pas triomphé.
314/_Après Kitona. Une attitude nuancée
a/_Les tentatives de réconciliation
Les efforts en vue d'aboutir à la réconciliation entre Léopoldville et Elisabethville, dans la cadre d'un appui au regroupement attendu des modérés et en collaboration avec les alliés occidentaux, marquèrent l'après-Kitona, c'est-à-dire le premier semestre 1962, dans l'optique de Washington où l'on assista à un effacement du groupe africain. Immédiatement après Kitona, l'objectif des Etats-Unis demeurait de faire pression, par le gouvernement de Bruxelles, par l'U.M.H.K. également, sur le Katanga, pour l'amener à exécuter les accords qui, selon Washington, comprenaient des éléments positifs pour Elisabethville, comme la reconnaissance de la thèse fédérale et le maintien de Tshombe. La menace d'une action de l'O.N.U. demeurait cependant, pour le cas où Tshombe, que l'on souhaitait garder au pouvoir, n'accepterait pas la négociation.Cette politique de pression et de rapprochement en vue de forcer la négociation fut, en fait, partagée, tout au moins officiellement,par Bruxelles qui s'employa à agir dans ce sens. Selon Washington,le Congo ne semblait devoir échapper aux gizengistes et à l'influence communiste que si la réconciliation s'opérait entre tous les modérés.
Aux yeux des conseillers de M. Tshombe et de ceux qui, tels F. Vandewalle, gérant consulaire belge à Elisabethville, partisan du dialogue, jugé possible moyennant un soutien apporté aux Katangais, tout ne fut pas mis en œuvre par les Etats-Unis pour atteindre cet objectif. Ainsi, le refus de visa demandé par le président katangais pour se rendre aux Etats-Unis, début février, à un moment où Adoula s'y trouvait. Une occasion de dialogue avait ainsi été manquée selon eux. Washington avait subordonné l'octroi de ce visa à l'engagement, par le président katangais d'appliquer effectivement l'accord de Kitona. De plus, l'admi
nistration réclamait de Tshombe un visa congolais, car elle ne reconnaissait pas le visa katangais. Position juridiquement correcte mais politiquement critiquable.
b/_L'échec de réconciliation
Plusieurs signes indiquèrent, avant et pendant les discussions entre Tshombe et Adoula, durant le premier semestre 1962, que Washington agissait en faveur de la négociation. Le rapprochement des thèses en présence s'avérait difficile. A plusieurs reprises, les interventions de GuIlion et des responsables des Nations-unies parvinrent à empêcher la rupture. Ainsi, lorsque Tshombe voulut quitter Léopoldville, le 18 avril, les interventions de GulIion et de Gardiner (pour l'O.N.U.) firent tomber l'opposition du gouvernement central qui entendait empêcher l'avion de décoller. On évitait une répétition de l'incident de Coquilhatville.
Quand, à la fin des discussions, il apparut que la réconciliation n'aboutirait pas, le Département d'Etat se replia sur une attitude plus dure, influencée par les menaces de retrait de l'Inde et de l'Ethiopie de la F.N.U. ainsi que. par les accusations soviétiques selon lesquelles les EtatsUnis appuyaient en fait le Katanga. Le rejet, par le Département d'Etat, des propositions, issues d'un «working_group» americano-anglo-belge et qui portaient sur les principes d'un régime plus décentralisé, assurant une réelle autonomie provinciale avec mise en œuvre de mesures pratiques favorisant les aspirations du gouvernement central congolais , et le rôle de plus en plus grand joué par R.K. Gardiner, le fonctionnaire chargé de l'O.N.U.C., comme intermédiaire dans ces négociations, indi
quaient assez nettement que l'on s'orientait à nouveau vers un raidissement des Etats-Unis.
315/_Les lobbies américains du Katanga
a/_L'American Committee
La modération du premier semestre, manifestée par Washington, résultait en partie de l'influence exercée en ce sens par les partisans de la thèse katangaise aux Etats-Unis. L'American Committee poursuivait ses activités: si l'on en croit son président, plus de 3.000 sociétés avaient envoyé des dons en argent pour le soutenir. Avec l'appui d'autres associations, comme la John Birch Society ou les Young Americans for Freedom, toutes marquées par un anti-communisme virulent, le comité tenta de mieux encadrer ses partisans, en se rapprochant d'eux, par la création de comités locaux. TI multiplia les campagnes de presse et diffusa près de 50.000 exemplaires du rapport qu'il avait fait établir par le professeur Van den Haag sur le comportement des troupes des Nations-unies, en décembre 1961.
Profitant d'une influence populaire assez grande (un meeting rassembla, le 7 mars 1962, à New-York, près de 20.000 personnes, favorables à l'American Committee; Tshombe, qui n'avait pu y participer faute de visa, avait lancé un appel direct au peuple américain, le 6 janvier 1962, dans lequel, évoquant l'action du Comité, du sénateur Dodd et d'autres, il disait, non sans exagération:" Nous retrouvons là la véritable Amérique, celle qui au lendemain de la guerre, illuminait l'horizon des peuples colonisés. A ces Américains, le Katanga, par ma voix, dit qu'il ne les confond pas avec les quelques égarés du Département d'Etat, l'American Committee suggéra qu'un « Congressional Investigation> soit ouvert à propos de la politique menée en Afrique et demanda que les Etats-Unis ne signent pas l'emprunt des Nations-unies, émis pour financer l'opération au Congo en 1962. Les interventions en ce sens du Sénateur Dodd ne furent pas pour rien dans l'attitude plus modérée des Etats-Unis à ce moment. Farouche adversaire du communisme, il voyait le problème congolais uniquement en termes de guerre froide.
b/_La rupture des négociations Tshombe-Adoula
Dans cette politique de modération, l'influence de diverses sociétés, comme American Metal Climax et Lazard Frères, dont les intérêts se trouvaient directement engagés en Afrique centrale ou qui détenaient des participations dans des sociétés belges ou britanniques établies au Katanga, ne peut être négligée. Par relations personnelles, par participation à diverses institutions à caractère public, dont l'African-American lnstitute, les responsables de ces sociétés purent exprimer leurs souhaits et faire prendre en compte par l'Administration leurs craintes devant une politique de fermeté. De telles pressions demeurèrent néanmoins limitées, l'intérêt économique américain portant plutôt sur un Congo uni. Elles inquiétaient cependant l'Administration qui demanda à R. Murphy, passé au service de la Morgan Guaranty Trust, sa collaboration pour expliquer aux milieux d'affaires la ligne politique américaine au Congo.
La poursuite de la sécession, la rupture des négociations TshombeAdoula, le 26 juin, et les inquiétudes soulevées par la menace que l'opposition faisait peser sur le gouvernement central, tous ces éléments inclinèrent les Américains à renforcer leur attitude de fermeté et à partager pleinement les vues du groupe New Africa. Les craintes de sanctions économiques contre le Katanga et même d'un recours à la force paraissaient fondées: la correspondance diplomatique révèle clairement la détermination américaine d'en finir avec les atermoiements dans la négociation. P.-H. Spaak écrivait ainsi, dans un télégramme destiné au consulat belge d'Elisabethville, le 1er juillet 1962: Les Etats-Unis m'ont paru décidés à soutenir énergiquement le recours à la force si les tentatives de conciliation n'aboutissent pas. Des gestes de bonne
volonté de la part du Katanga semblaient seuls pouvoir permettre de l'emporter à ceux qui à Washington restaient partisans de la conciliation. Des pressions diverses, venant de la Belgique, de la Rhodésie, de la Grande-Bretagne s'exercèrent à nouveau sur M. Tshombe.
32/-L'intervention armée des troupes de l'ONU.L'écrasement de la Sécession(juillet 1962-janvier 1963)
Devant l'absence de progrès réel dans les négociations internes et bien déterminés à maintenir l'unité du Congo, qu'ils entendaient garder, sous la direction des modérés, dans leur camp, les Occidentaux directement concernés (Belgique, Etats-Unis et Grande-Bretagne) agirent de concert avec l'O.N.U. pour mettre sur pied la solution définitive. Les nombreux atermoiements katangais,autant qu'une certaine stabilité retrouvée du Gouvernement central, assuré d'un appui extérieur plus déterminant, allaient faire échouer toute tentative d'issue négociée. La force seule viendrait à bout du Katanga en sécession.
321/_Le Plan U THANT
a/_Le plan de réconciation nationale
Le troisième trimestre de 1962 vit essentiellement,le plan de réconciliation nationale être mis au point, à un moment où les relations Léopoldville-Elisabethville évoluaient de manière moins active que durant les mois antérieurs quand une négociation directe les avait mis aux prises. Devant l'échec des tentatives menées pour relancer le dialogue Adoula-Tshombe, le Secrétaire général de l'O.N.U., U Thant, en revint à la menace de sanctions économiques tandis que la Grande-Bretagne, la Belgique et les Etats-Unis travaillaient à la mise au point d'une solution diplomatique permettant la réintégration du Katanga.
Envisagée lors d'un passage de M. MacMillan à New- York, en avril 1962, la conjonction des politiques britannique, belge et américaine, avait pris la forme d'un groupe de travail trilatéral réuni à Londres, en mai, en vue d'étudier les principes de la constitution à élaborer pour le Congo. Renforcée par le peu de résultats de la négociation de LéopoldvilIe, entre MM. Adoula et Tshombe, la détermination des Occidentaux, dont la conviction quant à la nécessité d'agir s'accompagnait de divergences importantes à propos des moyens d'action, rencontra celle de l'O.N.U. Divisés quant à l'opportunité de sanctions économiques
que souhaitaient les Américains et la majorité des membres de l'O.N.U. afin de priver la sécession de tout soutien financier, et que rejetaient les Belges et les Britanniques, persuadés que la pression politique pouvait suffire à convaincre M. Tshombe, les négociateurs devaient se mettre d'accord sur un plan qui allait servir de base au plan Thant.
b/_Les discussions tripartites
Au cours des discussions tripartites de Londres, les Etats-Unis ne purent faire approuver par les Britanniques et les Belges que deux de leurs quatre propositions. Si l'accord fut assez vite réalisé sur le principe d'une constitution fédérale qui s'accompagnerait donc d'une reconnaissance par M. Tshombe de l'autorité du gouvernement central, notamment dans les secteurs de la politique étrangère, de la fiscalité et des forces armées d'une part, et sur le principe d'un versement d'au moins 50 % des revenus katangais à Léopoldville durant la période transitoire d'autre part, les divergences demeuraient néanmoins entre les trois Occidentaux quant aux pressions à exercer sur l'U.M.H.K. et quant à la nécessité pour la Belgique et la Grande-Bretagne de se joindre aux Etats-Unis afin d'appuyer les efforts de l'O.N.U.Suite aux appels et aux avertissements du Secrétaire général, qui évoquait les pressions économiques,le plan de persuasion,mis au point par les Occidentaux et devenu,le 1er août,le plan de réconciliation nationale, plus connu sous le nom de plan Thant, apparut comme l'ultime possibilité de solution pacifique du différend, avec menaces de sanctions à la clé en cas de non acceptation. Ce plan prévoyait essentiellement l'élaboration d'une constitution fédérale et d'une loi de répartition des revenus entre les Etats. Quant aux devises, le Katanga bénéficierait d'au moins 50 % de celles ayant leur origine dans cet Etat. Du côté militaire, l'intégration des forces serait réalisée dans les quatre-vingt-dix jours. Ces dispositions étaient accompagnées de délais contraignants: leur non-application entraînerait la mise en œuvre de sanctions.
Lorsque ce plan arriva au Katanga, les consignes données aux consuls des Etats-Unis (Jonathan Dean avait remplacé Lewis Hoffacker depuis le début août; il passait, aux yeux des responsables katangais, pour être parfaitement dans la ligne du Département d'Etat), de Grande-Bretagne et de Belgique leur demandaient d'encourager Tshombe à accepter la
solution proposée. Si la position adoptée par les Etats-Unis, la GrandeBretagne et la Belgique était présentée comme commune, elle n'en offrait pas moins une différence importante, du moins au niveau de son application locale. En effet, alors qu'au niveau officiel, à Washington, il semble que l'attitude était effectivement d'une certaine modération et de prudence, sur place, au Congo, Gullion et Dean auraient, si l'on en croit certains témoignages, voulu parler des sanctions envisagées à Tshombe, ce que n'acceptait pas Bruxelles.
Les intentions de chacun n'étant pas clairement connues, il est évident que l'acceptation du plan ne signifiait aucunement qu'une solution pacifique et admissible par tous triompherait. Pour Bruxelles, le « course of action» du plan devait rester secret; si pour la première phase (acceptation ou refus) on n'envisagerait pas de négociation, pour la seconde (élaboration de la constitution financière.. .), il Y aurait discussion et le Katanga pourrait défendre son point de vue. Aux yeux de Washington par contre, il importait d'en terminer au plus vite ou le Katanga acceptait de négocier rapidement et en faisant de substantielles concessions, ou l'on passait à l'exécution, sans modération, du plan.
c/_Le Katanga ne cède pas
En fait, les discussions menées au sein des diverses commissions constituées dans le cadre des propositions du plan ne permirent pas d'aboutir à un accord susceptible de satisfaire chacune des parties.
Vues du côté gouvernemental et de l'O.N.U., les discussions paraissaient décevantes: le Katanga ne cédait pas, n'acceptait pas une soumission inconditionnelle. Du point de vue katangais, par contre, le Plan devait être le point de départ de véritables négociations dont un compromis sanctionnerait les concessions mutuelles. Sous l'angle juridique, la position de Léopoldville reposait sur des bases solides: le Katanga était une province à laquelle s'imposait purement et simplement l'autorité de l'Etat. L'appui de l'O.N.U. et des Etats-Unis confortait cette attitude sur le terrain politique et militaire. Sous l'angle politique, le Katanga, qui ne bénéficiait d'aucune reconnaissance internationale et dont la position offrait de sérieuses faiblesses juridiques, subissait des pressions de plus en plus fortes, même de ceux qui l'avaient soutenu initialement.
Le choix était clair pour le Katanga: ou accepter ou se préparer à subir les sanctions. Les pressions internationales n'avaient pourtant pas manqué, de la part des Etats-Unis notamment. Toutes ces tentatives devaient échouer.
322/_Les livraisons américaines de matériel militaire et de dons financiers
a/_La Belgique et la Grande-Bratagne s'interposent
Alors que la volonté d'aboutir à la liquidation de la sécession s'était accompagnée chez certains, comme la Belgique et la Grande-Bretagne, d'une tendance à la modération dans les pressions exercées, les pressions américaines prirent, quant à elles, une allure beaucoup plus déterminée.
Derrière le plan Thant d'inspiration assez largement américaine, se cachaient en fait diverses positions contradictoires que l'Administration de Washington n'était jamais parvenue à masquer. Les partisans d'une action ferme espéraient le voir repoussé par Tshombe et se créer
ainsi une situation telle que la pression des Afro-asiatiques conduirait à une réduction militaire de la sécession. D'un autre côté, ceux qui montraient des dispositions favorables à l'égard du régime Tshombe, sans pour autant soutenir les positions extrémistes de certains de ses conseillers, croyaient en réalité qu'un échec du plan déboucherait sur un retrait de l'O.N.U. Dès lors, ce plan arrivait à point pour rétablir une certaine entente entre les Etats-Unis et leurs alliés occidentaux, ainsi qu'au sein des différents cercles de l'Administration américaine. Les premières mesures d'application levèrent l'ambiguïté ainsi entretenue: les divergences réapparurent encore plus nettement.
La préférence ancienne de Washington à l'égard d'Adoula se marqua encore plus nettement dès le début de la mise en application du plan, par des engagements de livraison de matériel militaire et de dons financiers. Accordant relativement peu d'intérêt à la question de l'élaboration d'une constitution fédérale, à laquelle le Katanga attribuait une grande importance, les Etats-Unis insistèrent sur le problème du partage des moyens, qui conditionnait la viabilité économique de l'ensemble congolais." Même s'ils acceptèrent de coordonner leur action avec les gouvernemements belge et anglais, ils ne manifestèrent guère d'empressement dans leurs encouragements à Moïse Tshombe: le plan devait conduire à un Congo unifié. Les instructions données par le Département d'Etat à ses représentants à Léopoldville, Elisabethville et New-York le confirmèrent. Dans une lettre remise par J: Dean, le nouveau consul des Etats-Unis à Elisabethville, à M. Tshombe.'En même temps, G. Ball, dont les changements d'attitude furent fréquents dans la crise congolaise, envisageait un désengagement américain. Opposé aux Africanistes tels S. Vance ou Gullion, qu'il considérait comme agissant « hystericaIly ", il s'appuyait principalement sur L. Hoffacker, le consul des Etats-Unis à Elisabethville, rappelé en août 1962,
parce qu'il divergeait nettement de la ligne Gullion. TI s'agissait pour
1ui de faire reculer les positions dures développées par M. Williams, / Gullion, etc.
La réaction américaine consentante, lors de l'arrivée à Kamina, le premier septembre, de troupes de l' A.N.C., incorporées dans les casques bleus,
mesure malhabile et ambiguë à l'égard du Katanga, illustre bien la politique unitaire poursuivie. Il semble en effet que, bien que le consul, Dean en ait été informé, rien ne fut fait par Washington pour empêcher la mesure de se réaliser.
b/_Trop minces concessions de Tshombe
La lenteur des travaux et l'absence de progrès réalisés amenèrent Washington à intensifier la coopération avec Bruxelles et à accomplir une série de gestes actifs dans la négociation. Le voyage de McGhee à Léopoldville où il ne parvint pas à obtenir d'Adoula qu'il remette le texte du projet de constitution élaboré avec le concours d'experts de l'O.N.U. à M. Tshombe, et à Elisabethville, le 4 octobre, en fournit un exemple. Devant les réserves exprimées par Tshombe quant à la volonté d'aboutir d'Adoula et devant la priorité accordée par le président katangais au problème constitutionnel, le représentant américain, après avoir insisté sur les mesures qui pourraient être prises en cas d'échec, y alla de quelques suggestions: exécution progressive du plan sans attendre la promulgation de la Constitution, acceptation d'un cessezle-feu, ouverture d'un pont sur la Lubilash avec expédition rapide de marchandises par Matadi,dépôt immédiat d'une somme importante en devises à Léopoldville,réouverture des communications avec cette ville. Les réponses de M. Tshombe, positives sur plusieurs points, n'emportèrent probablement pas la conviction de McGhee, qui exprima son inquiétude. Cette visite avait cependant permis au Département d'Etat, qui demeurait fermement attaché à Adoula, de montrer qu'il considérait encore Tshombe comme un interlocuteur valable dans la tentative de règlement et d'accorder ainsi une satisfaction à ses partisans aux EtatsUnis. Son échec renforça la position des partisans d'une action plus ferme.
Toujours confronté à la diversité des tendances au sein de son Administration, J. Kennedy n'avait donc pas totalement abandonné la carte de la modération et tâcha de faire prévaloir, vis-à-vis du Secrétaire général de l'O.N.U., que diverses pressions conduisaient, pour sa part, à se montrer ouvert à la politique des sanctions soutenue par le groupe afro-asiatique, les bienfaits de la politique de négociation.
Néanmoins, les concessions, trop minces pour Washington, faites par Tshombe, l'absence de règlement du différend constitutionnel, le rejet de l'accord de cessez-le-feu par le gouvernement Adoula, ne purent que déboucher sur une attitude plus ferme, dont l'application devait se conclure par les événements de décembre 1962 et janvier 1963. Cette attitude avait été habilement préparée par les Africanistes du Département d'Etat; l'appui de P.-H. Spaak et la mise en avant de la menace communiste rendirent plus facile, pour l'opinion publique, l'acceptation de ce durcissement.
c/_Les rencontres D.Rush-P.H.Spaak-J.Kennedy
Les rencontres D. Rusk-P.H.Spaak-J. Kennedy des 26 et 27 novembre 1962 illustrèrent parfaitement le détachement belge à l'égard du Katanga. Le gouvernement de Washington pouvait envisager la mise en œuvre de l'action coercitive: la coordination avec les alliés était acquise.
Convaincus que les Britanniques et les Belges ne feraient pas obstacle aux actions envisagées, les responsables politiques américains s'assurèrent également l'appui intérieur. Avec la reprise, le 3 décembre et des transports en hommes et en matériel pour l'O.N.U. au Katanga, l'injonction donnée à M. Struelens de quitter les Etats-Unis, Washington s'engagea dans la dernière phase d'une politique dont l'évolution vers plus de fermeté n'avait fait que croître depuis le début. Ni un nouvel appel de M. Tshombe au peuple américain, ni une dernière tentative du sénateur Dodd pour justifier l'attitude du leader katangais, ni les manifestations anti-américaines d'Elisabethville ne parvinrent à arrêter la préparation de l'opération décisive. Un opposant aux sanctions comme McGhee, dont les nouvelles propositions de règlement n'eurent qu'un effet temporisateur, ou encore la volonté manifestée par les responsables des affaires européennes ou de la défense n'influencèrent plus le processus.
La crainte de voir un nouveau gouvernement, auquel les Soviétiques auraient pu apporter leur soutien, se substituer à celui dirigé par Adoula justifia également, aux yeux de Washington, l'appui au premier ministre congolais qu'il fallait aider à réunifier le Congo. Ne pouvant retenir la solution d'un abandon complet du Congo, qui aurait rapidement conduit à une mainmise des partisans des Soviétiques, les Etats-Unis ne pouvaient plus opter que pour l'utilisation de la force. C'est donc, partiellement en tout cas, à travers le prisme de la guerre froide que la décision s'imposa. Replacée dans cette perspective, elle fit l'unanimité au sein du Conseil national de sécurité, qui décida de fournir aux Nations-unies tout le matériel nécessaire pour effectuer la réintégration du Katanga, et reçut l'approbation du Président qui sortait ainsi des hésitations antérieures. Jusque-là en effet, tant des facteurs externes qu'internes avaient empêché la politique américaine d'être claire, la faisant pencher tantôt du côté de la fermeté, tantôt du côté de la nuance.
Les ultimes contre-propositions de Tshombe en ce qui concerne le partage des devises et les encouragements qu'y donna P.-H. Spaak n'exercèrent aucune influence sur la détermination américaine. Alors que le communiqué de la rencontre Kennedy-MacMillan à Nassau avait fait allusion aux affaires congolaises en des termes non contraignants, l'envoi au Congo, le 20 décembre, par le Département d'Etat, d'une mission militaire conduite par le lieutenant-général Truman, fut reçu par les Katangais, - et tel était bien le but visé par les Etats-Unis -, comme un signal du caractère arrêté des intentions américaines. Motivée par les craintes d'une influence soviétique supposée (argument simple mais habile vis-à-vis de l'opinion publique) et les difficultés financières des Nations-unies, elle prépara en fait la troisième et décisive action de la Force des Nations-unies au Katanga.
323/_L'Unification du Pays
a/_L'utilisation de la force
Les incidents qui opposèrent la gendarmerie katangaise aux troupes de l'O.N.U.C. entre le 24 et le 28 décembre marquèrent la reprise des hostilités. Les discussions entre M. Tshombe et les représentants de l'O.N.U. au Katanga, une nouvelle fois caractérisées par les manœuvres dilatoires du président, ne débouchèrent sur aucun résultat positif. A la différence des opérations précédentes, le Secrétaire général manifesta la volonté, cette fois, d'en finir et de ne plus accepter que de nouvelles négociations s'engagent, sinon de caractère technique, pour l'application du Plan. Face aux menaces de M. Tshombe, l'O.N.U. passa à l'exécution des missions confiées par les résolutions de ses deux principaux organes, à propos de la protection de l'unité politique du Congo. Rappelant sa volonté de ne pas utiliser la force à des fins politiques, le Secrétaire général rejetait le principe même d'une nouvelle discussion avec les Katangais. TI faut dire qu'il s'appuyait sur une situation militaire favorable: l'O.N.U.C. contrôlait Elisabethville et ses alentours.
Les protestations belges et britanniques à propos de l'utilisation de la force par l'O.N.U. ne furent d'aucun effet. Bruxelles avait souhaité la fin de la sécession, mais « sans recourir à la violence et sans effusion de sang, suivant une méthode différente de celle utilisée par l'O.N.U.
Avec l'appui complet des Etats-Unis cependant, les Nations unies se trouvèrent confirmées dans l'option choisie.
b/_La capitulation
Le 15 avril 1961, l’Assemblée générale, « gravement préoccupée par le danger de guerre civile », confirme la politique de l’Organisation. Le 25 août, Sture Linner, l’un des hauts fonctionnaires chargés de l’opération des Nations unies au Congo, déclare publiquement que « l’ONU soutiendra toute politique qui tend à faire rentrer le Katanga au sein du Congo ». De fait, une action coercitive est bientôt mise en oeuvre par la Force des Nations unies, le plan « Rumpunch » qui permet d’expulser, par surprise et sans effusion de sang, les mercenaires étrangers. À partir du 13 septembre 1961, les unités de l’ONU passent à l’offensive afin, selon le représentant de l’ONU au Katanga O’Brien, de réduire manu militari la sécession katangaise.
L’opération aurait dû aboutir à l’arrestation des membres du gouvernement du Katanga ; elle connaît un échec sanglant. La résolution du Conseil de sécurité du 24 novembre 1961 lève alors les ultimes équivoques : elle prévoit expressément l’usage de la force « contre les mercenaires » et permet d’entreprendre une action de grande envergure contre le Katanga. Celle-ci, qui se déroule du 5 au 18 décembre 1961, est cette fois un succès complet. L’ultime épreuve de force se jouera du 28 décembre 1962 au 21 janvier 1963 : les Nations-unies, prenant pour prétexte des incidents suscités par la gendarmerie katangaise, parviendront à évincer Tshombé et à mettre fin à la sécession du Katanga.
Les tentatives belgo-britanniques en vue de favoriser le retour de M. Tshombe à Elisabethville et de le faire renoncer à la politique de
destruction (politique de la terre brûlée) qu'il envisageait, ne purent cependant déboucher sur autre chose que la capitulation katangaise du 14 janvier 1963.
Dans la ligne des souhaits américains, rappelés par un communiqué du Département d'Etat, la capitulation katangaise provoqua la satisfaction des promoteurs de l'action aux Etats-Unis. L'objectif des Etats-Unis, la réunification du Congo, était atteint. La Maison Blanche le confirmait le 21 janvier.
4/-Après quarante ans de conflits armés en RDC,quelles Leçons tirées de la Sécession du Katanga
41/-Le génie méphistophèlesien de Léopold II
1°/_L'Impérium de l'AIC
Poursuivant ses conquêtes territoriales après avoir arraché le Traité du 13 juin 1880,connaissant profondément la géographie,la géopolique et la géostratégie dominates,Léopold II fait reconnaître les pocessions de son Association Internationale du Congo(AIC) aux Puissances de la Nord-Barbarie(l'hémisphère du Nord),avant même l'impérium des Résolutions de la Conférence Internationale de Berlin: Etats-Unis d'Amérique(22 avril 1884),Allemagne(8 novembre 1884),Grande-Bretagne(16 décembre 1884),Italie(19 décembre 1884),Autruche-Hongrie(24 décembre 1884),Pays-Bas(27 décembre 1884),Espagne(7 janvier 1885),France(5 février 1885),Russie(5 février 1885),Suède(10 février 1885),Portugal(14 février 1885),Belgique(23 février 1885),Danemark(23 févrie 1885),Conférence Internationale de Berlin(Acte Général de Berlin du 26 février 1885).
2°/_L'absence d'un port en eau profonde,une économie enclavée
Prenant très tôt conscience que la défense, la sécurité et la prospérité d'un despote,d'une oligarchie,d'un Etat,d'une Nation ,repose sur l'usage éclairé de ces trois pilliers,Léopold II refuse la construction du chemin de fer Matadi-Banana ainsi que d'un Port en eau profonde à Banana aux risques de livrer son Bassin du Congo à la prédation chaotique de ses voisins-ennemis(la France et le Portugal).La zone divagante de Malela(3 à 4 m de profondeur) ne peut permettre le passage,après dragage(4 m) qu'à des bateaux d'un petit tonnage de 5000 tonnes.En sus,les navires qui empruntent le Bief Maritime ne peuvent être pilotés de Banana à Matadi que par des commandants du Service de la Marine congolaise(des belges bien entendu).
3°/-Le chénal maritime pour la route du caoutchouc
Cependant,afin d'éviter que les 14 Puissances de Berlin ne puissent l'accuser de violation intentionnelle des clauses de l'Acte Général de Berlin qui crée le Bassin Conventionnel du Congo,ouvert à la Libre circulation et exploitation de toutes les Nations,Puissances signataires de l'Acte,Léopold II instaure des travaux de dragage et de drainage à Malela sur neuf km.Ces travaux creusent un chénal de 30 pieds qui permettent à de petites embarcations de pouvoir monter le fleuve jusqu'à Matadi ou le descendre jusqu'à l'Océan.Ainsi,le Traité était respecté et la route du caoutchouc solidement protégé,par son accès tortueux et titanesque.L'mmense territoire du caoutchouc sera ainsi transformé en une factorerie personnelle de Léopold II où l'Etat Indépendant du Congo était devenu un camps de concentration,livré aux fonctionnaires du sang sur les lianes(razzias, mutilation d'organes,massacres collectifs,tueries rituelles et autres impôts de sang imposés aux indigènes).Cette stratégie,organisée autour de l'économie de cueillette et de ramassage,était cadrée dans un tonnage que ne pouvait accueillir que les possibilités de circuation des biens et des personnes du chenal de Malela.Ainsi,pour exporter 300000 tonnes de caoutchouc,il fallait au moins une rotation de 60 bateaux.Pour une économie ouverte,cette infrastructure aurait été suicidaire.Mais pour une économie personnelle et esclavagiste,comme celle du Congo,les coûts d'exploitation étaient quasi-nuls, et Léopold II pouvait ramasser des milliards de dollars américains pour lui et sa Dynastie.
4°/-Le réseau minier du Sud et de l'Est
Par contre, reconnaissant à l'aide et autres contributions sans compter que lui ont opporté l'Etashtablissment américain et la Courronne britanique,Léopold II offre à ces anglo-saxons non seulement l'entrée massive dans le capital et la direction de l'UMHK et de la FORMINIERE,mais aussi et surtout le libre accès aux minerais du Katanga et de l'Est du Congo.Toutes les voies ferrées de l’intérieur, appuyées par leurs extrémités aux postes de l’Atlantique ou de l’océan Indien, viennent converger vers le besoin cuprifère Katanga - Zambien. Celui-ci apparaît, dans l’Afrique intertropicale, comme un puissant pôle d’attraction, qui a son pendant en Afrique australe dans la région du Rand et des gîtes diamantifères. Un simple coup d’œil jeté sur une carte d’ensemble figurant le tracé des voies ferrées africaines fait ressortir la comparaison dont il est question ci-dessus. De Lubumbashi, la voie ferrée conduit à la frontière, puis à Bulawayo, d’où le chemin de fer mène soit à Capetown, soit à Beira.
(Lubumbashi - Capetown : 3.865 Kilomètres et de Lubumbashi à Beira : 2.605 kilomètres.). Une variante de Kafwe conduit de Lubumbashi à Beira et ramène cette ligne à une longueur de 1.805 Kilomètres. De Lubumbashi à Dar-es-Salam, sur l’Océan Indien, le chemin de fer mène tout d’abord à Bukama ; le fleuve Lualaba conduit de Bukama à Kabalo ; le rail joint ce dernier à Kalemie sur le Tanganyika ; après avoir traversé le lac et débarqué à Kigoma, on atteint Dar-es-Salam par voie ferrée. La voie mixte de Lubumbashi à Dar-es-Salam compte une longueur totale de 2.797 Kilomètres, dont 695 Kilomètres de voies d’eau. Il faut remarquer que le chemin de fer de Kalemie à Kabalo est actuellement prolongé de façon à se raccorder, à Kongolo, au chemin de fer Kongolo - Kindu. Ce raccord a été établi grâce à la construction d’un pont en béton armé, long de 498 mètres, qui traverse le Lualaba à Kongolo.Ainsi s'est achevée la stratégie de la combinaison et d'osmose de tous les intérêts anglo-saxons au Congo irremédiablement incrustés dans la Dynastie belge.Après la mort de Léopold II,en 1909,l'Etat belge successeur n'a jamais osé modofier quoique ce soit de cette inter-action fondée sur la géographie,la géopolitique et la géostratégie vitales pour la Belgique.Des Hommes d'Etat de toutes origines et formations politiques sont passés,mais le socle fondatzeur demeure intact jusqu'à ce jour.C'une immense force de foi et de manipulation s'opére devant nos jeux traitres ou zombies.
5°/-Le Conseil de la Courronne de crise
Le 4 janvier 1959 est ressenti comme un cataclysme dont il faut trouver,au plus vite,une solution radicale et irréverssible.Le Vice-Premier Ministre Lilar est chargé de conduire la réfléxion sur les solutions géopolitiques du désastre;le Ministre de la Défense Gilson,celles géopolitiques et le Baron d'Aspremont,celles géographiques et des Société coloniales,le tout sous la coordination du Roi lui-même,ignorant le Premier Ministre Gaston Eyskens,usurpant ainsi la fonction royable,telle qu'il l'avait exercée depuis son courronnement en 1952.Et,c'est donc au cours de ces mois tragiques que,soutenus par les services secrets américains et britaniques que des décisions génocidaires vont être prises, notamment: la Sécession du Kataknga, l'Autonomisation des Provinces,la spoliation du patrimoine colonial,la confiscation de toutes entreprises coloniales,la main-basse sur tous les trésors coloniaux,le détournement de toutes les fortunes coloniales,les hold-up d'Etat et privés,généralisés et amnistiés,...La valeur de tous les vols de la Belgique qu'elle doit rembourser à la RDC se chiffrent à ce jour à plus de 6.OOO(six mille) milliards de dollars américains.Au 30 juin 1960, tout était en place pour détruire le jeune Etat,y compris des lois scélerates,dont la loi du 17 juin 1960.Moise Tshombe et beaucoup d'autres que l'on a propulsé au devant de la scène ne sont que des marionnettes et d'autres encore que des grues qui auront été d'une certaine utilité,et puis,c'est tout.Ils n'auront pas existé, la trilogie déterminante(géographie,géopolitique et géostratégie) aurait inventé et créé d'autres zombies ou humanoïdes.C'est ainsi qu'il faut comprendre le discours injurieux et provocateur du Roi Baudouin(le 30 juin 1960,au Palais de la Nation devant tous les Corps constitués et des Délégations Etrangères),l'utilisation de Lumumba pour créer l'incident diplomatique( en plus devant Sa Majesté),l'incitation à la révolte des troupes du Général Janssens(le 5 juillet),la boufonnerie de la nomination d'un sergent au grade de Général(le 8 juillet 1960),la soudardisation de la Force publique par le Premier Ministre congolais lui-même.Il ne restait plus que le bouffon du Roi franchisse le rubicon et lire la proclamation de l'Indépendance du Katanga au nom du Roi Baudouin Ier de Belgique.
42/-La géocentricité impériale
1°/-Le Lobby anglo-saxon
Aux origines de l'Etat Indépendant du Congo(1876-1885),c'est un lobby anglo-saxon qui accompagne Léopold II: le Général Stanford(Ministre des Etats-Unis à Bruxelles),Morthon Stanley(journaliste,Premier Administreur Général de l'AIC),Sir Francis de Winton(Succeseur de Stanley en juin 1884,Premier Gouverneur Général de l'EIC).Léopold II leur a rendu la monnaie de manière très convenable.Le 11 juillet 1960,le même lobby conforte la Sécession du Katanga:le gouvernement britannique "Mc Millan"(colonisateur de l'Afrique Australe et de l'Est),le Cabinet-Eisenhower(soutenu par un groupement, parmi ses sympathisants, H. Hoover, R. Nixon, B. Goldwater, Th. Dodd, et reçut l'appui de William Buckley, de la National Review et du Committee of One Million).Trilogie déterminante oblige,le Portugal s'est invité dans cette conspiration génocidaire avec ses nombreux intérêts politiques,économiques et militaires en Angola et au Mozambique portugais.La Dynastie belge n'a eu aucun mal pour piloter cette entreprise macrabre.D'abord la tête,le leadership,l'UMHK avait le contrôle absolu de toutes les ressources minières du Katanga,dont les revenus intervenaient à 70% des recettes du budget de la Colonie belge du Congo et à 80% des recettes en devises du Congo.L'UMHK fonctionnait en autarcie:électricité, eau,produits vivriers, brasseries,écoles, hôpitaux,administration foncière,état civil,..Elle disposait de tous les instruments de pouvoirs régaliens,économiques et sociaux. Le Katanga avait son propre Vice-Gouverneur Général,doté des larges pouvoirs réglementaires.L'UMHK avait détourné toutes ces ressources au profit de l'Etat du Katanga.Les Etats-Unis avaient,dans ce mandat de Eisenhower,du mal à choisir entre les puissantes familles,telles que les Rockfeller,omnipotentes dans le conseil d'administration de l'UMHK et la nécessité de remporter la guerre froide qui durait déjà depuis 17 ans.Ils ne pouvaient jouer que de l'équilibrisme, surtout qu'il y avait des élections qui arrivaient en novembre 1960 et que le Vice-Président Nixon était candidat.Eisenhower venait de terminer son dernier mandat.Quandt à la Grande-Bretagne,son seulement que son establishment était dans l'UMHK,mais c'est elle qui avait réussi le coup de pocker de saboter la voie nationale pour obliger l'UMHK d'exporter la quasi totalité de sa production minière par les chemins de fer de l'Afrique Australe et de l'Est.C'est le maillon essentiel de son économie coloniale,soutenue par LONRHO.
2°/-La planification de l'agression
L'UMHK recrute 650 mercenaires,le gouvernement britanique met le SAS,les Troupes spéciales de Sa Majesté à la disposition de l'UMHK. Il autorise en outre l'ouverture au grand jour des bureaux de recrutement des mercenaires dans les casernes de l'Armée britanique. Des Officiers de haut rang sont dépêchés à Elisabethville,pour planifier les opérations de guerre.Le Roi Baudouin,lui, met son armée en état de guerre.Il fait occuper tout le pays.Il remet la Force Aérienne,basée à Kamina et la Force Navale qui protégeait tous les lacs de l'Est,au service de l'UMHK.Dans un premier temps,il envoie son propre conseiller, le baron d'ASpremont,comme conseiller technique de Tshombe;mais en réalité,comme chef de la Sécession.Au mois d'août 1960 ,il le nomme Ministre des Affaires Africaines pour diriger la Sécession de hautes mains et interlocuteur de toutes les puissances du Monde.Il est bon d'observer que pendant tout ce remu-menage,il n'y a pas trace d'un certain Moïse Tshombe, Président du Katanga.Tout est fait par le même centre.. Par ailleurs, le rôle de l'UMHK est la première illustration de la relation complexe, mais promise à un long et fructueux avenir, entre compagnies minières et mercenaires. Enfin, l'assistance des autorités belges aux mercenaires va constituer un précédent que la France développera quelques années plus tard.A l'exemple de Bob, ces hommes étaient d'anciens militaires de l'Indochine et de l'Algérie. Nombre d'entre eux, dont Denard lui-même, avaient d'ailleurs pris le parti de l'Algérie française. Liés aux services secrets français, SDECE puis DGSE (Direction Générale de la Sécurité Extérieure), ils exécutaient leurs " basses œuvres ". Rapidement mobilisables ces hommes se battaient certes pour l'argent, c'est le fondement du mercenariat, mais également pour certains d'entre eux, par idéalisme. Fer de lance de la politique africaine de Jacques Foccart et de ses successeurs, Denard et ses mercenaires intervinrent au Katanga d'abordet au Congo ensuite,au Biafra, au Gabon, en Angola, au Bénin, aux Comores… Par petits groupes, ils réalisaient des coups d'Etat, entraînaient les Gardes Prétoriennes de certains chefs d'Etat, éliminaient les rebellions hostiles au pouvoir en place soutenu par la France, encadraient les mouvements sécessionnistes dans les ex-colonies belges ou britanniques. Leur action était d'autant plus efficace qu'ils agissaient en spécialistes de la guerre face à des jeunes armées africaines sans grande expérience des opérations spéciales. Et, si toutes leurs interventions ne furent pas des succès (le Biafra et le Bénin furent deux échecs retentissants), elles avaient le mérite de ne pas impliquer Paris.
3°/-Les Résolutions des Nations-Unies
Les résolutions des Nations-Unies sur le Congo, trois citent formellement le Royaume de Belgique. Il s'agit des résolutions des 14 et 22 juillet 1960 et de celle du 21 février 1961. Grâce à ces résolutions , le Royaume de Belgique ne peut pas nier avoir provoqué l’effondrement de l’Etat congolais dès les premières heures de sa vie, puisque les Nations Unies ne se sont pas seulement fiées aux télégrammes et autres correspondances en provenance du Congo ; elles avaient dépêché des personnes physiques de New York à Léo-poldville.La Belgique,pendant toute cette période des six premiers mois de la Sécession,continuera à les rejetter,couverte par le véto britannique ou de fois son abstention.
4°/-La doctrine de Kennedy
Le 4 novembre 1960,les Démocrates gagnent les élections américaines.John Kennedy s'installe à la Maison Blanche,le 17 janvier 1961.Le Cabinet-Kennedy est opposé à la Sécession.Il veut l'Unité du Congo ainsi que son Intégrité territoriale.La doctrine de Kennedy prone la coexistence pacifique des Peuples du Monde et surtout la non-confrontation avec les Non-Alignés,le Groupe Tiers-Mondiste.La Belgique et la Grande-Bretagne sont obligés de revoir leurs stratégies,puisque dorénavant le Congo avait un parain et pas n'importe qui.Et comme par un poussoir, c'est le début d'interminables négociations entre les deux camps d'intérêts différentiels: d'une part,la Grande-Bretagne et la Belgique, et d'autres parts, les Etats-unis d'Amérique.Chaque camp avait aligné son négociateur visible:Tshombe,pour la Sécession et Cyrile Adoula,pour le Gouvernement Central.En réalité, les deux hommes négociaient "ad referendum".Chacun amenait le plan de son camp,préalablement négocié à Bruxelles,Londre ou Washington par les vrais négociateurs attitrés.Les maffiosi de chaque camp n'étaient pas en reste.Le camp de Londres-Bruxelles s'accrochait pour le contrôle de l'UMHK.Le camp de Washington exigeait la garantie de la sécurité d'accès aux matières premières de l'UMHK aux conditions les plus favorables.Les attermoiements et autres réticences perdurant ,aux fils des mois, Washington s'est impatienté et était en train de basculer dans la position de l'utilisation de la force des troupes des Nations-Unies pour contraindre la Belgique de retirer ses troupes et autres fonctionnaires dans le Katanga.
5°/-La diplomatie secrète de la Tripartite et la capitulation de Tshombe
Le télégramme n° 493 du 22 décembre 1961 de L. Scheyven, ambassadeur de Belgique à Washington et le télégramme n° 625 de P.-H. Spaak au consulat de Belgique à Elisabethville: «gouvernement Etats-Unis nous demande user toute notre influence pour faire comprendre à Tshombe que exécution des accords de Kitona est sa dernière chance de salut. S'il devait dénoncer ceux-ci, je vois mal comment on pourrait empêcher encore reprise action militaire Nations unies et en tout cas application sanctions économiques au Katanga qui risquent de paralyser son existence plus gravement encore que usage force ». Textes cités par F. VANDEWALLE, op. cir., VII, p. 220 et doc. 188. . St. Weissman note qu'à la demande du Département d'Etat Alan G. Kirk, lié aux milieux d'affaires, notamment à l'U.M.H.K., eut des entretiens, à Bruxelles, avec les responsables de l'U.M.H.K. relativement- aux accords de Kitona, op. cit., p. 178.
Le Texte du telex, adressé par M. Scheyven, le 2 janvier 1962, après sa rencontre avec Mc Ghee, F. VANDEWALLE, op. cit.,VII, p. 283.ainsi que le rapport d'un entretien entre M. Isralson, de la Banque du Congo et l'ambassadeur des Etats-Unis à Bruxellse, Douglas Mac Arthur II, le 3 janvier 1962; F. VANDEWALLE. op. cit., VII, p. 309.indiquaient bien que l'impatience américaine atteignait petit à petit son paroxisme.A ces réunions tripartites,l'Ambassadeur Bruce et W. Fredericks représentaient les Etats-Unis ; la Grande-Bretagne y était représentée par Lord Dundee et la Belgique par R. Rothschild.A côté des prises de positions belges, la Grande-Bretagne avait fait savoir à Tshombe qu'elle ne pouvait s'opposer aux sanctions, au cas où il rejetterait les propositions qui lui étaient faites ,(R. WELENSKY, op. cit., p. 264).Le Pentagone envisagea même, un moment, un soutien aérien américain aux forces de l'O.N.U., R.D. MAHONEY, op.. cit., p. 439. L'unanimité se rétablissait au sein de l'Administration américaine.Cependant, à quelques jours de sa capitulation,le boufon du Katanga gesticula pour la dernière fois: RD. MAHONEY, op. cit., p. 439.5 «Le peuple katangais se défendra jusqu'à la mort... Nous résisterons par tous les moyens, jusqu'à la destruction totale... de tout notre potentiel économique. J'appelle tous les Katangais à la résistance à outrance. Je leur demande de résister par tous les moyens; pièges, poisons, lances, flèches empoisonnées». Déclaration de M. Tshombe, en date du 29 décembre 1962, doc. O.N.U., S/5053, Add. 14, anneXe XXVIII, 30 janvier '1963. Pour le texte de la capitulation », voir J. GERARD-LmOlS, op. cit., p. 312. Ce texte, adressé par le gouvernement katangais, fut communiqué aux gouvernements belge, britannique, américain et français ainsi qu'à U Thant. En outre, un message de M. Tshombe parvint à C. Adoula,Premier Ministre du Gouvernement Central par la même voie, celle du Consulat belge à Salisbury. C'était un appel à la conciliation.F. VANDEWALLE,op. cit., XII, pp. 620-621.
L’intervention coercitive de l’ONU dans l’affaire du Congo revêt un caractère exceptionnel dans le monde divisé de la guerre froide. Elle résulte d’une conjoncture elle- même exceptionnelle : une fois passée la phase des anathèmes et des gesticulations sur la scène de la diplomatie publique, les deux « Supergrands » ont conclu une trêve sur le dossier du Congo, dont les « sécessionnistes » d’Élisabethville ont fait les frais. Un très éphémère consensus soviéto-américain a permis, pour un temps, de tenir hors de la guerre froide ce Congo devenu un enjeu international.
Cette saga se termina parce que les tenants du jeu se sont entendus.Et Moïse Tshombe est mort en prison à Alger,trahi par l'un de ses mercenaires.
43/-Les Elites congolaises,patriotes, traîtres ou zombies
1°/-Les Enjeux de la Guerre froide
Les enjeux de la guerre froide ratrapent le Congo.Dès le 11 juillet, Lumumba avait adressé à Ralph Bunche, secrétaire général adjoint de l’ONU – un Noir américain, chargé par Dag Hammarskjöld de suivre le dossier du Congo – une requête tendant à l’envoi d’experts militaires de l’ONU pour réorganiser les forces congolaises. Le 13, le Conseil de sécurité, sur une résolution présentée par le Tunisien Mongi Slim, invitait la Belgique à retirer ses troupes, et autorisait le Secrétaire Général à déployer des contingents de ce qui allait devenir les premiers « casques bleus ». Bientôt, l’URSS allait lancer son offensive fameuse contre Dag Hammarskjöld, dont elle réclamera la destitution immédiate pour « agissements criminels » et son remplacement par une « troïka » composée de trois co-secrétaires représentant respectivement les camps « socialiste », « occidental » et le tiers_monde.
La guerre froide a gagné le Congo : l’ancienne colonie belge est désormais le cadre de la première épreuve de force américano-soviétique sur le continent noir. Devant l’Assemblée générale des Nations-unies, le président Eisenhower salue le rôle humanitaire de l’ONU, mais il met tout en œuvre pour éviter d’avoir, avec Lumumba, un nouveau Castro au centre de l’Afrique. Khrouchtchev, dans chacune de ses interventions, fulmine contre l’impérialisme occidental : « Ce que l’URSS demande est simple : bas les pattes au Congo ! Nous donnerons toute l’assistance nécessaire à la République du Congo ». Et les différents leaders congolais de lier leurs stratégies locales à celles des grands acteurs internationaux : Tshombé, avec son anticommunisme virulent, et Kasavubu jouaient la carte de l’Occident et de l’Afrique « modérée » ; Lumumba, proche des non-alignés, finirait par « coller » au camp socialiste et par demander à Moscou les moyens de régler la Sécession du Katanga.
Le 2 septembre 1960 arrivent à Léopoldville les premiers avions et techniciens soviétiques.C'est l'émoi dans une ville où le credo est catholique à au moins 90%.Les critiques de la population de l'immense cité-dortoir à l'endroit du Premier ministre ne sont plus dissimulées. Et, après que Mobutu ait dénoncé leur « ingérence », l’URSS et la Tchécoslovaquie ont laissé expulser, sans réagir, leurs diplomates et leurs experts.Pendant ce temps,le « lieutenant » de Lumumba, Antoine Gizenga, a réussi à prendre le pouvoir à Stanleyville, capitale de la Province orientale : il a constitué un gouvernement qui jouit du soutien des pays socialistes et des régimes africains progressistes.
2°/-Le Rêve congolais
Le Pasteur Martin Luther-King,avant de mourrir,avait fait un rêve :Il a vu d'immenses foules des myriades d'hommes noirs et blancs, marchant côte-à-côte,la main dans la main, chantant ensemble l'hymne de la Joie (libération).Avant lui, ici, dans ce pays, Simon Kimbangu avait fait aussi un rêve par lequel il a vu "le Noir devenir Blanc et le Blanc devenir Noir". Alors question,quel rêve carressons-nous ,nous les élites de la génération post-indépendance?Normalement,Faire du Congo,un Pays prospère. Et c'est l'Hymne de l'Indépendance qui nous l'impose.Sommes-nous au rendez-vous de cette charge?Et pourtant,le Congo dispose de tous les atouts de l'hégémonie: puissance militaire, puissance économique, puissance politique, puissance culturelle.
3°/-Le rêve de Léopold II
En instituant les Chefferies indigènes et l'autorité des Chefs Médaillés par son Décret du 6 octobre 1891,tels que modifié par le Décret du 3 juin 1906,Léopold II, lui-même, ne croirait pas à ses yeux,ni à ses oreilles de voir,d'apprendre ou d'entendre que son Décret continue à régenter le Bassin Conventionnel du Congo.Tout au long de leurs services rendus à leur Roi et sa Dynastie, ces collaborateurs serviles ont démontré leur capacité d'adaptation à la géographie, la géopolitique et la géostratégie dominantes. Qu'il s'agissent de :Tippo Tip(Premier Wali,gouverneur du district de Stanley-Falls et Maniema,1887-1893),les Chefs Reconnus(1891-2003),les Evolués(détenteurs de la carte de Mérite civique-1945 à 1960 ou d'Immatriculé-1952 à 1960),le Groupe de Binza(1960-1997),La Prima Curia(1970-1997),la Kengo-Mafia(1971-2003),la Confrérie de Lemera(les Coltanoïdes,1996-2003).Tous obéissent à la circulaire du Gouverneur Général du Congo-Belge du 15 août 1917 :"Les chefs n'ont aucun pouvoir d'eux-même parce qu'il n'y a pas deux autorités dans les cercles: l'autorité européenne et l'autorité indigène. Il n'a qu'une seule.Le commandant du cercle est le seul commandant, il est le seul responsable.Le chef indigène n'est qu'un instrument, un auxiliaire.Les chefs ne sont pas d'anciens souverains, les anciens royaumes n'ont pas existé.Ou, on les a détruits.Ils ne seront plus rétablis.Les raisons pour lesquels noous avons recouru aux concours des chefs ne sont pas inspirés par les intérêts de ces populations sous notre autorité.Entre nous et ces peuples,il doit y avoir un intermédiaiore :c'est le chef qui est cet intermédiaire; non pas parce qu'il nous est imposé,mais parce que nous avons opté ainsi,et nous avons opté ainsi parce que,c'est le plus sûr". Nous tous, nous avons compris que c'est le parti le plus sûr pour la défense,la protection et la prospérité de leurs intérêts.Le rêve de Léopold II est devenu le rêve léopoldien.
4°/-Le rêve américain
En janvier 2002,l'Argentine en crise, son Ministre des Finances s'est rendu à Washington à la recherche d'une assistance. Participaient a cette discussion avec le ministre des finances argentin : les membres du cabinet présidentiel, le secrétaire d'état , le représentant pour le commerce, Zoellick .... Et la conseillère à la sécurité nationale C. Rice, qui joue un rôle essentiel dans la redéfinition des objectifs de sécurité nationale de l'Administration républicaine. Elle était en particulier un des rédacteurs d'un important rapport publié quelques mois avant les élections présidentielles dans le cadre d'une "Commission sur les intérêts de sécurité nationale des Etats-Unis". Ce rapport rappelait que parmi les objectifs de sécurité nationale, ceux qui engageaient les " intérêts vitaux du pays" et pour lesquels une intervention armée serait nécessaire, il fallait inclure la défense de la globalisation c'est-à-dire " le maintien de la stabilité et de la viabilité des systèmes globaux que sont les réseaux commerciaux, financiers, d'énergie et l'environnement" . A propos des systèmes globaux d'énergie, on pense évidemment au pétrole. Les Etats-unis ont une longue tradition d'intervention militaire directe et indirecte (soutien aux armées nationales) à chaque fois que leurs intérêts pétroliers étaient menacés. L'odeur du pétrole était forte dans la guerre contre l'Irak, contre la Serbie, et elle est encore forte dans la guerre en Afghanistan. D'ailleurs, selon le journal des milieux d'affaires français Les Echos [5] du 18 octobre 2001, "Les pétroliers guettent (sic) la fin du conflit afghan" . Trois mois après, le New York Times titre (9 janvier 2002) que "les Etats-Unis installent des bases militaires en Afghanistan et dans les pays voisins pour un engagement de long terme" .Toute indique que l'Asie centrale et le Caucase constituent bien une pièce maîtresse du "Grand échiquier" américain du XXe siècle, tel que l'avait analysé Z. Brzezinski.
Les systèmes globaux d'énergie - au premier chef le pétrole - ne sont pas les seuls concernés. La protection des "systèmes financiers globaux" - il faut traduire la sécurité du capital financier devient un objectif de sécurité nationale essentiel des EU. Il est donc indispensable de rappeler que le refus d'un gouvernement de continuer à verser des intérêts au titre d'une dette publique qui constitue une véritable rente perpétuelle à acquitter au capital financier serait considéré comme une menace vitale contre les fonds de placement américains. Dans le contexte d'hégémonie américaine et de l'utilisation des attentats du 11 septembre, il est probable que les représailles ne se situeraient pas que sur le plan économique. L'intervention directe des forces armées américaines au prétexte de l'existence d'un groupe terroriste, le soutien à des forces armées nationales de ces pays, ou à des groupes paramilitaires créés par les appareils d'Etats voilà quelques pistes qui sont déjà explorées au sein de l'Administration Bush.Et l'Irak en sait quelque chose.
5°/-Est-ce la capitulation congolaise?
Les Congolais refusent consentir le minimum d'efforts pour défendre leur propre pays.La route du caoutchouc créée par Léopold II, ainsi que son réseau minier qui asphixient complètement le pays sont toujours là,intacts.L'économie de cueillette et de ramassage n'a subi aucun changement notable.Le système léopoldien de génocide économique,la géopolitique esclavagigiste,...ont trouvé leurs relais,dans le pays, à travers tous les Grandes Lacs, en Afrique Australe...C'est l'étranglement global.Où sont-elles ces élites congolaises pour organiser la défense du Congo.
|
Résumé du Débat autour de la Communication faite au XVIII Séminaire Scientifique: Cas de la Sécession du Katanga et l'intervention de l'ONU |
Première Leçon Un espace territorial est une entreprise de
construction.On forge une hégémonie pour lui.On le protège;on le
défend.Cela requière du génie.Depuis plus d'un siècle, le génie de
Léopold II asphyxie le Congo.La preuve est faite de notre stupidité de
garder intacts, pendants plus de 40 ans, les deux piliers majeurs de la
stratégie léopoldinne: sa route du caoutchous et son réseau
minier. |
Deuxième Leçon La Sécession du Katanga a été écrasée par
les troupes de l'ONU,massivement appuyées,aidées,assistées et
planifiées par le gouvernement américain,avec l'accord tacite de l'URSS.Le
gouvernement belge n'a jamais appuyé l'engagement ferme et volontariste
des Etats-Unis,tandis que l'UMHK a trouvé des piliers d'ancrage dans
l'hégémonie américaine. C'était la contre-partie de son désengagement
dans le financement de la Sécession du Katanga. |
Troisième Leçon Les Elites congolaises du genre de "Cyril
Adoula", négociant avec abnégation, sont maintenant
introuvables.On ne livre pas son pays aux soudards,ni aux génocidaires,ni
aux terroristes,ni aux mécréants,ni aux séniles. |
|
BIBLIOGRAPHIE
Introduction
1 Yvon Bourdet, L’espace de l’auto-gestion : le capital, la capitale, Paris, Galilée, 1978.
2 Jean-Baptiste Racine et André Bailly, “Les géographes ont-ils jamais trouvé le Nord ?, questions à la géographie”, Espace géographique, 1978, n° 1, pp. 5-14.
3 François Dagognet, Une épistémologie de l’espace concret : néo-géographie, Paris, Vrin, 1977. “On ne peut plus confiner la géographie dans la glorification d’un moment ou d’une image du monde. Il est important d’arracher la science des paysages à son infirmité congénitale, par où elle s’enferme dans l’étendue concrète et coloriée, teintée de nostalgie, au lieu d’apercevoir l’espace et ses lois, ce qui nous a valu aussi bien le lyrisme de la poésie de campagne et des versants que la platitude pseudo-savante de l’interminable monographie”.
4 Yves Lacoste, La géographie ça sert d’abord à faire la guerre, Paris, Maspéro, 1978.
5 Pierre Gallois, Géopolitique : les voies de la puissance, Paris, Plon/FEDN, 1990, “La géopolitique : ses définitions”, chapitre 1, pp. 25-38.
6 Karl Haushofer, De la géopolitique, Paris, Fayard, Jean Klein et H.-A. Jacobsen, 1986. “La géopolitique prend la place de la passion politique, une évolution conforme aux lois de la nature donne une forme nouvelle aux créations de l'arbitraire d'une volonté humaine déchaînée. La nature, chassée par l'épée ou la fourche, reprend ses droits sur la surface et à la face de la Terre. C'est cela la géopolitique”.
8 Gérard Chaliand et Jean Rageau, Atlas stratégique. Géopolitique des rapports de forces dans le monde, Paris, Fayard, 1983, p. 5.
9 Lucien Poirier, Les voix de la stratégie, Paris, Fayard, 1985.
12 Pierre Gallois, La guerre des cent secondes : Les Etats-Unis, l'Europe et la guerre des étoiles, Paris, Fayard, 1985.
15 Pierre Bourdieu, Le métier de sociologue, Paris, Mouton-Bordas, 1978.
22 Jacques Soppelsa, “De la géographie à la géostratégie”, Les cahiers français, 1981, janvier-avril, n° 199-200, pp. 6-9.
La Trilogie déterminante du Conflit
1. Musée Royale de l'Afrique Centrale, Naissance du Congo - Belge,
Didier Hatier, 1989, p. 183
2. WAJENGAJI, Industrie minière et développement au Zaïre, Presses
Universitaires du Zaïre - Kinshasa, 1976, p. 16.
3. AKILIMALI K., BASHENGEZI K., KABONZA K., KARISA N...,
Contribution de la Chimie nucléaire au développement du Zaïre,
Presse du Commissariat Général à l'Energie Atomique, 1986,
p. 48
4. KABEYA KADIMA, MBOMA M., MAVUNGU ma MP., Détermination
de la composition minéralogique de la Bauxite Zaïroise, Revue
Zaïroise des sciences Nucléaires, juin - décembre 1983, p. 52
5. KABEYA KADIMA, MBOMA M., MAVUNGU ma MP., Etude de la
distribution des terres rares dans les roches carbonatées du
Bas - Zaïre, Revue Zaïroise des sciences nucléaires, juin -
décembre 1984, p. 8.
6. J.B. MURAIRI, Incidence économique de la jonction des chemins de fer BCK et CFMK sur les régions à traverser, Institut de recherches économiques et sociales, décembre 1970, p. 571
7. Magdalena Lempicka, Bilan hydrique du bassin du fleuve Zaïre,
ONRDR, octobre 1971, p. 124
8. Jacques DUBOIS, Le Legs de la Belgique au Congo, Eurafrica n° 6,
juin 1960
9. Patrick Vollat, Calculabilité effective et algorithmique théorique, Editions EYROLLES, Paris, 1989, p. 173
10. Jim Eisher THOMPSON, L'Afrique a de nombreuses richesses
naturelles inexploitées, USIS, 25 mars 1997.
11. Joseph TCHNDJANG POUEMI, Monnaie, servitude et liberté, les
Editions j. A./ Editions conseil, 1981, p. 145
12. E. DEVROEY, R. VANDERLINDE. Le Bas - Congo, artère vitale de
notre colonie GOEMAERE, Imprimeur du Roi, 1951, p. 27
Le Conflit armé de la Sécession du Katanga
1. Ed. Karthala, 22-24, bd Arago, 75013 Paris, 416 pages, 160 FF.
2. Lawrence Devlin a confirmé, avec force détails, les plans de la CIA au cours d’une longue interview dans le film documentaire du Belge Thierry Michel, Mobutu, roi du Zaïre.
3. Cité par De Witte.
4. Les Fantômes du roi Léopold II – Un holocauste oublié, par Adam Hochschild, éditions Belfond, Paris, 1998.
8. Lire Elikia M'Bokolo, « Aux sources de la crise zaïroise », Le Monde diplomatique, mai 1997.
10. Lire Jean- François Bayart, Stephen Ellis, Béatrice Hibou, La Criminalisation de l'Etat en Afrique, Editions Complexe, Paris, 1997.
11. Le député suisse et polémiste Jean Ziegler en fit un roman, L'Or du Maniéma, Seuil, 1996.
13.. Interview à Libre Belgique 15/12/1965, cité par CHAPLEAU, P.MISSIER, 1998, p.38.
14. BADIE B., 1999, pp.130-131.
16.JACQUES LE BAILLY, Une poignée de mercenaires, Presses de la Cité, Paris, 1967
17.GUY WEBER, Le Katanga de Moïse Tshombé ou le drame de la loyauté, Editions Louis Musin, Bruxelles 1983
18.HELENE TOURNAIRE ET ROBERT BOUTEAUD, Le Livre Noir du Congo, Librairie Académique Perrin, Paris 1963
19.JACQUES LANTIER, Le temps des mercenaires, Des Presses de Gérard, Verviers 1969
20.JACQUES BURLION, Moïse Tshombé abandonné, Editions Pierre de Meyère, 1969
21.COLONEL JEAN SCHRAMME, Le bataillon Léopard, souvenirs d'un Africain blanc, Editions Robert Laffont, Paris 1969.
22.Dirty Work, the CIA in Africa, Zed Press, Londres 1980
23.COLONEL JEAN SCHRAMME, Le bataillon Léopard, souvenirs d'un Africain blanc, Op. Cit.
La Résoluton du conflit
1.C. Hoskyns, rapporte que, le 4 décembre, un officiel américain remit un ultimatum à Tshombe, alors à Paris, le menaçant d'une action de la F.N.U. si les
barrages routiers n'étaient pas levés. C. HosKYNs, op. cit., p. 451.
2. Department of State Bulletin, n° 1175, 10. _nvier 1962 p. 12.
3.C.R.I.S.P., C.A., n° 22, 21 mars 1963 et St. WEISSMAN, op. cit., pp. 168-169.
4. R. WELENSKY, op. cir., p. 249. St. Weissman souligne que, dès le Il décembre, We1ensky demandait aux Etats-Unis de garantir la sécurité de Tshombe, lors de la négociation avec Adoula, op. cit., p. 167.
5. Voir l'opinion de P.-H. Spaak, dans le telex n° 593, adressé le 14 décembre au consulat belge d'Elisabethville. Texte dans Europe-Magazine, 17 janvier 1962, cité par J. GERARD-LIBOIS, Le rôle de la Belgique dans l'opération des NationsUnies au Congo, Bruxelles, C.R.I.S.P., 1965, pp. 64-65.
6. Communiqué officiel du Département d'Etat, 17 décembre 1961, Department of Stace Bulletin, n° 1175, pp. 10 et 11
7. Sur les pressions de Gullion, voir le compte-rendu katangais des entretiens de Kitona, dans F. VANDEWALLE, op. cir., VII, doc. 200 et pp. 213 et ss. Voir également Congo 1961, pp. 558-559 et Doc. O.N.V. S/5038, 21 décembre 1961. Lire le démenti de Gullion, dans Pourquoi Pas?, '29 décembre 1961. '1
8. Voir le message adressé par le consulat belge de Salisbury à celui d'Elisabethville, le 24 décembre 1961; il comprenait l'opinion de R. Clemens sur ce sujet, dans F. VANDEWALLE, op. cir., VII, doc. 199.
9. Voir le télégramme n° 493 du 22 décembre 1961 de L. Scheyven, ambassadeur de Belgique à Washington et le télégramme n° 625 de P.-H. Spaak au consulat de Belgique à Elisabethville: «gouvernement Etats-Unis nous demande user toute notre influence pour faire comprendre à Tshombe que exécution des accords de Kitona est sa dernière chance de salut. S'il devait dénoncer ceux-ci, je vois mal comment on pourrait empêcher encore reprise action militaire Nations unies et en tout cas application sanctions économiques au Katanga qui risquent de paralyser son existence plus gravement encore que usage force ». Textes cités par F. VANDEWALLE, op. cir., VII, p. 220 et doc. 188.
10.Voir le télégramme du M. Scheyven à P.-H. Spaak, le 30 mars 1962, cité par F. VANDEWALLE, op. cit., VII, p. 545. Voir également St. WEISSMAN, op. cit.,p. 178.
11. Télégrammes n° 194 du 19 mai 1962 et n° 202 du 28 mai 1962, de P.-H. Spaak au consulat belge d'Elisabethville, dans F. VANDEWALLE, op. cit., doc. 234 et doc. 237.
12. Sur l'évolution de cette question au Congrès, voir St. WEISSMAN, op. cit., pp. 177-178. Le vote suscita pas mal de réactions de la part des Républicains.
13. Pour les positions de Dodd, voir M. DODD, Freedom and Foreign Policy, Bookmailer, New York, 1962, pp. 214-228 et R. HILSMAN, The PoUties of Policy Making in Defense and Foreign Affairs, New York, Harper and Row, 1972, notamment pp. 74-76.
14. St. WEISSMAN, op. eit., pp. 172-175. Sur l'action du lobby katangais, voir Lawrence S. KAPLAN, The United States, Belgium and the Congo, The Review of PoUlies, avril 1967, n° 2, pp. 247-248.
15. Voir J. GERARD-LIBOIS, op. cit., p. 285. Suivant l'ambassadeur Gullion, cette menace accroissait le risque de guerre civile et réintroduisait l'influence soviétique. Jeune Afrique, 30 juillet 1962, pp. 18-19.
16. Voir le témoignage de R. HILSMAN, op. cit., p. 258 et le télégramme de de Bassompierre (ambassade de Belgique à Washington), en date du 21 juin, cité par F. VANDEWALLE, op. eit., IX, p. 733.
17.A. BoUSCAREN, op. cit., pp. 143-144. Elle allait à l'encontre des objectifs poursuivis par Gullion qui s'était engagé très ouvertement en faveur d'une réduction rapide de la sécession.
18. J. GERARD-LIBOIS, op. cit., p. 281; 81. WEISSMAN, op. cit., p. 181, R. HILSMAN, op.cit., p. 260 et pour le texte du P.V. de l'entretien du 4 octobre entre McGhee et Tshombe, F. VANDEWALLE, op. cit., doc. 295; pour les suggestions de McGhee, id., X, p. 156; lettre de celui-ci à Tshombe, id., doc. 298, 3 et pour les informations recueillies auprès du Département d'Etat par Scheyven, télégr. n° 459, id., doc. 300.
19. Sur la crainte d'une mainmise communiste sur le Congo, voir Mennen WILLIAMS, The Urgent Need for Congo Reconciliation dans 'Department of State Bulletin, n° 1222, 26 novembre 1966, pp. 803-806. Voir également les témoignages rapportés par St. WEISSMAN, op. cit., p. 186.
20. Selon G. BalI, cité par R HILSMAN, op. cit., p. 266: c The notion of getting out was tempting but when you thought it ail through the risk was just too creai ».
21. R. HILSMAN, op. cit., p. 267. Le Pentagone envisagea même, un moment, un soutien aérien américain aux forces de l'O.N.U., R.D. MAHONEY, op.. cit., p. 439. L'unanimité se rétablissait au sein de l'Administration américaine. Sur l'évolution de G. BalI par exemple, RD. MAHONEY, op. cit., p. 439.
22. Voir B'uCCHEIT, Secession ..., op. cit., pp. 107 et 55. et M. SEMIDEI, art. cit., p. 802 et 55.
23.Cfr Chronique de Politique Etrangère, vol. XIII, 1960, nr 4-6, pp. 411-581; vol. XIV, 1961, nr 5-6, pp. 565-1154; vol. XVII, 1964, nr 1, pp. 1-96 et nr 2, pp. 155-67; vol. XVIII, 1965, nr 3, pp. 355-63 et nr 5-6, pp. 465-720; vol. XIX, 1966, nr 2, pp. 99-117; vol. XX, 1967, nr 1, pp. 1-102; vol. XXI, 1968, nr 3-4, pp. 281-572; vol. XXIII, 1970, nr 6, pp. 647-56; et Studia Diplomatica, vol. XXVI, 1973, nr 3, pp. 267-93; vol. XXVIII, 1975, n 1, pp. 89-112 et nr 5, pp. 501-26; vol. XXIX, 1976, nr 1, pp. 3-39; vol. XXXII, 1979, nr 1, pp. 1-74.
TABLE DES MATIERES
Introduction
1°/_La Sécession du Katanga,revisitée
2°/_La hiérarchistion des faits
3°/_Le contexte planétaire
1/-La Trilogie déterminante du Conflit
11/-La Géographie
111/-L'Hydrographie,un Tapis roulant,la Route du caoutchouc et de l'ivoire
a/-L'immense fleuve Congo
b/-Le cours du fleuve Congo
112/-Le Réseau minier
a/-La voie nationale
b/_Une voie archaïque
c/La stratégie anglo-saxone
d/_Sans port en eau profonde à Banana
Un Suicide géostratégiques
113/-Les Ressources naturelles
a/_Les concessions de l'UNION MINIERE DU HAUT-KATANGA
Le cuivre
Le Groupe du Sud
Le groupe du Centre
Le Groupe de l'Ouest
Le Cobalt
Le Zinc
L'or et l'argent
Le cadmium
Le ciment
Le germanium
Le minerais de fer
L'Acide sulfurique
Le charbon
L'uranium
b/_Les concessions de la MIBA
Le diamant
c/_Les autres concessions
L'étain
L'Or et l'Argent
La bauxite et l'aluminium
Le colombium-tantalium(coltan)
Le lithium
Le manganèse
Le monazite
Le tungstène(wolframite)
Le pétrole et le gaz naturel
12/-La Géopolitique
121/-Les Traités léonins
a/_Le Traité de Vivi du 13 juin 1880
b/_La Résolution n°68 du Sénat américain du 22 avril 1884
c/-Les Accords de la Table Ronde de Bruxelles(janvier-février 1960)
d/-La convocation par le Roi des Belges des Chambres législatives belges et congolaises en Session extraordinaire
122/-La dénonciation des Traités léonins
1°Respect du principe de la Légalité
2° Respect des engagements internationaux et du Droit International en matière de succession.
PACTA SUNT SERVANDA
3° Exception « NON ADIMPLETI CONTRACTUS »
4° Les Conventions entre Etats se concluent et s'exécutent de bonne foi
5° La clause ‘’Rebus sic stantibus"
6° "Fraus Omnia Corrumpit" La fraude corrompt tout
7° « Nemo Auditur Turpitudinem suam allegans ».
Nul ne peut se prévaloir de sa propre turpitude pour se faire reconnaître un droit
8° L'équité et la Justice
9° Contradiction des Conventions
10° L'absence de prescription des dettes et obligations de la Belgique au titre de la succession d'Etats
13/-La Géostratégie
131/-Le Spectre de fin de règne
a/-Les macaques
b/-Le soulèvement populaire du 4 janvier 1959
c/_Le Plan de Laeken
d/_LE LEGS DE LA BELGIQUE AU CONGO
L'Indépendance et... 100 milliards !
CONCLUSION
132/-Hold-up d'Etat belge du Patrimoine congolais
a/_La Loi du 17 juin 1960
b/_Le Décret du 27 juin 1960
c/_Le Contentieux belgo-congolais
133/-La déstruction des arseneaux de la Défense
2/-Le Conflit armé de la Sécession du Katanga
21/-Le Discours du Roi du 30 juin 1960
211/_Le discours incendiaire du Général JANSSENS
212/-Les décisions du Premier Ministre
22/-L'agression du Congo par des Puissances étrangères
221/-L'agression de la Belgique
a/_La destruction de l'armement
b/_L'agression belge du 7 juillet 1960
c/_Les Résolutions des Nations Unies sur le Congo
d/_L'Instigation et l'organisation des Sécessions du Katanga et du Sud-Kasaï
Proclamation de l'Etat du Katanga,le 11 juillet 1960
e/_La diplomatie de la Belgique,confortée par la géostratégie de l'OTAN, mise au service de la Sécession du Katanga
f/_Une armée belge bis_au Congo
§1_L'agenda du Gouvernement belge
§2_La mise en oeuvre de l'agression
§3_La Confédération des Etats
§4_L'implication de l'UMHK
Et le détournement de l'UMHK des 80% des recettes de l'Etat congolais
(budgétaires et en devises)
222/-La complicité active de la France
a/_Le Virus de l'anti-communisme
b/_Les services secrets français
c/_Les"Chiens de Guerre"
3/-La Résoluton du conflit
31/-Les Négociations diplomatiques et politiques
311/_Les contraintes multi-dimentionelles
(février 1961-juillet 1962)
a/_La doctrine de Kennedy
b/_La politique interne
c/_La tension internationale
312/_La ligne dure
a/_L'opération Morthor
b/_Le soutien à l'action de l'ONU
c/_La deuxième opérationarmée
313/_La contribution américaine: Kitona
a/_Le Club attlantique
b/_La pression américaine
314/_Après Kitona. Une attitude nuancée
a/_Les tentatives de réconciliation
b/_L'échec de réconciliation
315/_Les lobbies américains du Katanga
a/_L'American Committee
b/_La rupture des négociations Tshombe-Adoula
32/-L'intervention armée des troupes de l'ONU.
L'écrasement de la Sécession (juillet 1962-janvier 1963)
321/_Le Plan U THANT
a/_Le plan de réconciation nationale
b/_Les discussions tripartites
c/_Le Katanga ne cède pas
322/_Les livraisons américaines de matériel militaire et de dons financiers
a/_La Belgique et la Grande-Bratagne s'interposent
b/_Trop minces concessions de Tshombe
c/_Les rencontres D.Rush-P.H.Spaak-J.Kennedy
323/_L'Unification du Pays
a/_L'utilisation de la force
b/_La capitulation
4/-Après quarante ans de conflits armés en RDC,quelles Léçons tirées de la Sécession du Katanga
41/-Le génie méphistophèlesien de Léopold II
1°/_L'Impérium de l'AIC
2°/_L'absence d'un port en eau profonde,une économie enclavée
3°/-Le chénal maritime pour la route du caoutchouc
4°/-Le réseau minier du Sud et de l'Est
5°/-Le Conseil de la Courronne de crise
42/-La géocentricité impériale
1°/-Le Lobby anglo-saxon
2°/-La planification de l'agression
3°/-Les Résolutions des Nations-Unies
4°/-La doctrine de Kennedy
5°/-La diplomatie secrète de la Tripartite et la capitulation de Tshombe
43/-Les Elites congolaises,patriotes, traîtres ou zombies
1°/-Les Enjeux de la Guerre froide
2°/-Le Rêve congolais
3°/-Le rêve de Léopold II
4°/-Le rêve américain
5°/-Est-ce la capitulation congolaise?
Résumé du Débat autour de la Communication faite au XVIII Séminaire Scientifique:
Cas de la Sécession du Katanga et l'intervention de l'ONU
Fait à Kinshasa,le 8 mai 2003
Pour
l'Asod
Ir.TSHOBO-I-NGANA, Président Président de
l'ASOD, (A.M. N°91-112. du 06/02/1991)
Communication faite,le 8 mai 2003, par
Ir.Tshobo-i-Ngana au XVIIIè Séminaire Scientifique sur la "Résolution des Conflits armés et développement en Afrique:Cas de la Sécession du Katanga et l'intervention de l'ONU",Organisé du 07 au 10 mai 2003 par Les Facultés
Catholiques de Kinshasa
Sous le Haut-Patronage de la
Conférence Episcopale Nationale du Congo et avec la Collaboration de
la Fondation Konrad Adenauer
Siège: Rue Bonga n°2,Quartier Matonge,Commune de Kalamu, Kinshasa,
RDC Tél. 0818101625 e-mail: tshobo_i_ ngana @hotmail.com
; Sites :www.mldc.8k.com et www.asod.8k.com
|